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OXYGENE.
comment, avec l'hydrogène, l'hydrogène silicié,le bioxyde d'azote et l'azote, par MM. R. Pictelet Cailletet.
C'est le plus important des corps au pointde vue de la physiologie et de la chimie. Ilexiste en abondance dans la nature et surtoutdans l'eau (protoxyde dfkyarogine}, dans l'airatmosphérique, les oxydes. C'est un gazélastique, incolore, inodore, insipide, in-combustible, mais qui entretient puissam-ment les corps en combustion et rallume lescorps en ignilion, même lorsqu'il est mêlé de60 °/ 0 d'azote (Robinet) ; faisant explosion avecl'hydrogène sous l'influence de la flamme oude l'étincelle électrique. Il est à peine solubledans l'eau, qui en dissout par litre, à la tem-pérature ordinaire, et à la pression de 0 m 760,28centim. cub. dont le poids est égal à 40 mil-ligr. ou 1/25000 environ de son poids.
On le prépare en chauffant clans une cor-nue de 1er ou de verre munie d'un tubeabducteur, portant un tube de sûreté ; un mé-lange de 100p. de chlorate de potasse puhé-risé et desséché et de50 gr. dehioxyde de per-manganese. On obtient ainsi environ 27 litresd'oxygène Codex).
Sur la propriété que possède la baryte defixer l'oxygène à une température élevée et dele perdre à une température plus élevée en-core, M. Boussingavilt a fondé, en 1852, pourl'obtention en grand de ce gaz simple, un pro-cédé modifié depuis par M. (ionilolo, qui ajouteà la baryte un mélange de chaux, de magnésieet d'un peu demanganale de potasse pour em-pêcher le frillage de la baryte qui peut servir,sans discontinuer, par des alternatives d'oxy-dation et de désoxydation. Parmi les autresprocédés pour obtenir industriellement l'oxy-gène, nous citerons celui de M. Malle! fondésur la décomposition au rouge sombre (versÙ00°) de l'oxychlorure de cuivre, et surtout leprocédé de MM. Tessie du Molay et Maréchal,qui extraient le gaz oxygène de l'air par ladésoxydation et la suroxulution sucessive despermanganates alcalins (V. Un* ph. 1868).
L'emploi médical de l'oxygène remonte àl'époque de la décou\cite de ce corps sim-ple. Vers 1791, Beddoes d'Oxford, fondait enAngleterre un établissement médical spécialsous le nom d'Institut pneumatique, avec desappareils compliqués, construits par le célèbreJames Watt, pour la production, et l'admi-nistration des airs factices. Un grand enthou-siasme se manifesta bientôt dans le mondesavant et le public qui espéraient avoir trouvédans l'oxygène la panacée universelle. D'sinsuccès répétés, des applications inoppor-tunes ne tardèrent pas à détruire les espé-
rances primitivement conçues, e! l'oxygène futmême condamné comme irritant et nuisible.Lavoisier et Séguin,et, après eux, Regnauldet Reiset prouvèrent aisément qu'il n'est pasnuisible, et que pour être irritant, il fautqu'il soit impur. Mais c'est surtout aux expé-riences sur l'homme sain et malade, deMM. Demarquay et Leconte (186't), Andral etClaude Bernard, qu'il doit d'avoir retrouvé* crédit dans la pratique médicale.
11 a été employé par inhalations dans lesasphyxies, la syncope, les vomissements, l'al-buminurie, le diabète, la pthisie et l'asthme.11 a été essayé dans la chlorose. Il ne doit pasrire employé dans les cas où il existe chez lesmalades des plaies intérieures ou des foyersinflammatoires, des dispositions à l'hémor-rhagie, des maladies organiques du creur oudes gros vaisseaux.
D'après les recherches de Demarquay et deLeconte, le, contact de l'oxygène est nuisibleaux plaies, sauf dans les cas de gangrène lo-calisée, où il donne d'excellents résultats.
Ordinairement on en fait respirer 10 à 13litres le matin et 10 à 15 litres le soir; danscer-tainscas, on peut le couper avec de l'air, audébut. La durée du traitement, qui varie beau-coup suivant la nature de la maladie, est ordi-nairement de deux à quatre semaines. Son ac-tion sur le globule sanguin est plus active àjeun et il possède la propriété réelle de surex-citer l'appétit (Claude-Bernard). Pans les casà?asphyxie carbonique, ou par des gaz délétères,l'efficacité des inhalations d'oxygène a été misehors de doute (Limousin, Const. Paul).
A la suite de ces inhalations, le maladeéprouve une sensation de bien-être général,quelquefois un peu d'ébriélé , toujours unerespiration plus facile et un grand développe-ment d'appétit.
Mais l'oxygène, qui nous fait vivre, nous tue-rail ii dose trop élevée, et, suivant le:, expérien-ces de M. Paul Bert, ce gaz ne doit êtrerespiré qu'à la pression ordinaire. A cinq at-mosphères, au plus, l'action de l'oxygène esttoxique, il tue en entravant, en arrêtant lesoxydations intra-organiques.
La solution aqueuse d'oxygène , préparéepour la première fois vers la lin du dix-huitièmesiècle, et improprement nommée tau gazeuseor y y ('née, n'est utilisée actuellement qu'à titrede léger stimulant de la digestion. M. Ozanama donné le nom d'eau oœygènatée à de l'eaudistillée, chargée d'oxygène, et qui, d'aprèslui, possède une action reconstituante. M. Li-mousin la prépare régulièrement en compri-mant, à 7 ou 8 atmosphères, de l'oxygènedans de l'eau. Ce médicament, simple dissolu-