Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
662
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

662

MOURON. MOUTARDES.

pium, et est employée comme calmant. Elleest moins active que ses sels qu'on lui préfère.Elle est presque inusitée. Dose : 1 à 10 cenlig. 1 p. de morphine équivaut à : sulfate, 1,25,chlorhydrate, 1,25, acétate 1,13.

MOURON.

1° Mouron rouge ; Ariaqallls phœnicea, D. C.(Primulacées). (Gauchheil, al.; lied pimpemel,asg.; Anagallide, it.). Petite plante © fortcommune dans les champs. Elle a passé pourantilyssique.

2° Mouron blanc, Màrgeline; Môrsus gal-lina, Ahine média, L. (Dianthées.) {Mvrgel-lina, it.). Petite plante ©, comme la précé-dente, fort commune. Elle a été employéecomme éniolliente. A Paris, on la donne à man-ger aux oiseaux.

MOUSSE DE CORSE*.

Mousse de mer, CoraUine de Corse, CoraUinenoire, Helminthocorton, Varech vermifuge ;Muscus marinus, Gigartina llehninthocorton.

Wurm-Rundkopf, Korsikanischcs wurmmoos, AL.; Cor-sican moss, a.ng.; Eskna baharia, au.; Mu«go de cor-cega, ESP.; Elmintocorton, ilusco di Corsiea, it.; De-niz satchi, tur.

Mélange d'une grande quantité d'impuretés,de sable, de débris de toute sorte et d'alguesappartenant à des genres très-divers, maisparmi lesquels domine le Fucus helmintho-corton (Sphœrococcus ou Qigarlitia helmintho-cortos). Son aspect est celle d'une substancebrunâtre, composée de nombreux filamentsplus ou moins ténus, enchevêtrés les uns dansles autres; son odeur est celle des plantesmarines et sa saveur est très-salée. Elle con-tient de l'iode.

On en fait la récolte en raclant les rochersmaritimes, notamment de la Corse, de la Sar-daigne, de la Sicile, etc. Pour la livrer au pu-blic, on la monde des coquillages et autrescorps étrangers.

C'est un vermifuge très-employé chez lesenfants. La dose est de 5 à 25,0 en décoction.On en fait une gelée, un sirop*, une poudre 1à 10,0. N'est-ce pas un tort d'employer la dé-coction, cette opération lui faisant perdre engrande partie son principe odorant?

On a employé aussi la mousse de Corse con-tre les squirrhes des glandes.

Quelques auteurs prétendent qu'on s'en ser-vait déjà au lemps deThéophraste et do Diosco-ride. Yaucher la vendait à Paris, en 1756.

MOUTARDES.

1° Moutarde noire ou grise : Sinapis ni-gra, L. (Crucifères) (S'hicarzer Senf, al. ;Mustaid, ang. ; Khirdcd, ar. ; Sennep, dan.;Moslaza esp. ; Mosterd, hol.; Ptai, ind.; Se-napa, it.; Sirskurff, per.; Gorozyc a czarna,pol.; Mostarda, por.; Cortshitza, rus.; Scnop,

su.; Kadaglwo, Tm.;Hardal, tuf..), Plante©commune dans toute l'Europe.

On emploie la semence ^ *, qui est très-petite, ronde, rougeàtre ou grisâtre, d'uneodeur faible, oléagineuse.

Il résulte des expériences de MM. Robiquetet Bussy, Boutronet Frémy, que dans la mou-tarde noire il existe deux principes dont laréaction, sous l'influence de l'eau, donne nais-sance à l'huile essentielle ou Essence de mou-tarde (Sulfocyanure d'Allyle), a laquelle lamoutarde doit sa saveur et son odeur brû-lantes ainsi que son action irritante sur lapeau et qui ne préexiste pas dans la graine ;l'un est une sub-tanec crislallisable, le myro-natc de potasse, d' l'on retire l'acide myro-nique; l'autre, un ferment soluble de natureazotée nommé myrosine et caractérisé par lapropriété de dédoubler le myronate de potasseen sulfocyanure d'allyle, sucre et bisulfate depotasse. La myrosine se trouve encore dansd'autres crucifères, tels que le RapftanUS sati-vus, le Brassica napus, etc.

Par pression, on retire de la moutarde 23 à28/100 d'une huile inodore non siccative.

Mettant à profit les travaux de MM. Robiquetet Bussy sur la moutarde noire, M. Lebaigueproduit des sinapismes portatifs en appliquantsur une feuille de papier une solut. concentréede myronate de potasse (obtenue en projetantdans l'eau bouillante de la farine de moutardenoire et filtrant) et sur une seconde feuille unesolution concentrée de myrosine (obtenue endélayant dans l'eau à Zi0 oc de la farine de mou-tarde blanche et filtrant) : les deux feuillesmouillées et appliquées l'une sur l'autre déve-loppent de l'essence de moutarde (V. Sina-pismes).

L'eau bouillante, l'alcool, les acides et lesalcalis mettent obstacle a laproduclion de l'huileessentielle. C'est pourquoi il faut éviter de fairedes sinapismes avec du vinaigre, comme on lefaisait autrefois, et il est convenable de dé-layer la moutarde d'un pédiluve avec de l'eaufroide quelque temps avant d'y ajouter l'eauchaude. On a proposé d'exprimer la moutardepour en retirer l'huile grasse afin de la rendreplus active.

La moutarde est excitante, antiscorbutique.Sa poudre* (farine de moutarde) est journelle-ment employée comme rubéfiant, en sinapis-mes et en pédiluves (pp. 125,0). Son huile vo-latile est un des irritants les plus puissants quel'on connaisse. Fauré a proposé un soluté de 1p. de cette huile dans 20 d'alcool pour rem-placer les sinapismes.

La poudre étant un agent duquel on attenddes effets prompts et décisifs, il est importantqu'elle soit pure et fraîchement moulue.

Lamoutardeentre dans le vin antiscorbutique.