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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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MORELLE. - MORPHINE.

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si

MORELLE.

Crève-chien, Raisin de loup, Morelle noire ;Solarium nigrum. (Solanées.)

Schwarzer nachtschatten, al.; Black nightshacle, ang.;Eneb-el-dyb, ar.; Erba mora, brés.; Sœber, Svinentt,dan.; Hierba mora, esp., por.; Zwarte nachschade,hol.; Solano nero, it.; l'sinki riele, pot.; Trollbœr,su.; Kiopek insumu, Tua.

Plante © herbacée indigène, commune dansles champs (Vin. 97.)

{pj- 97).

Ses feuilles

m. * sont

d'un vert

foncé, ova-les; leur

odeur est

stupéfianteet désagré-able. Lesfruits sontde petitesbaies noires

Elle con-tient de la

Solanine. "

La solanine, dont Desfosses a annoncé aussil'existence dans les feuilles et les tiges de douce-amèrc, et qui a éfé trouvée dans les fruitspar M. Legrip, a été isolée des germes depommes de terre par le docteur Otlo, aumoyen d'un procédé assez simple : il traite lesgermes par de l'eau acidulée sulfurique, et ilprécipite en même temps de la liqueur la ma-tière ex d'activé, l'acide sulfurique et l'acidephosphorique par l'acétate de plomb ; il sursa-ture ensuite la liqueur par un lait de chaux,et fait bouillir le précipité avec de l'alcool à80° centésimaux. Il puriiie la solanine par desdissolutions alcooliques à plusieurs reprises.La solanine cristallise en petits prismes inco-lores et inodores. Sa saveur est acre ; elle estpeu soluble dans les dissolvants ordinaires.

La morelle, qui est un narcotique assez éner-gique dans les pays chauds, a encore cette pro-priété chez nous; mais, en s'avançant vers lenord, elle la perd complètement et devient co-mestible ; on en mange les jeunes pousses.

Emollient sédatif à l'extérieur. Son décocté(pp. 50 : 1000) est fréquemment employé enlotions et en injections chez les femmes.

La Morelle inanimée, Pomme-poison, Pom-me-téton, Solarium mammosum, plante d'Haïti,est beaucoup plus active.

MORPHINE *.Morphium, morpldua.

La morphine a été découverte par Sertuerner,en 1815. C'est le premier alcaloïde connu et ce-lui qui a donné l'idée de rechercher les autres.

Plusieurs procédés ont été donnés pour l'ob-tention de la morphine ; mais on paraît s'ac-corder à dire que celui de Gregory ou de Ro-bertson est le plus avantageux. C'est aussi leprocédé du Codex : On épuise l'opium parl'eau froide, on évapore la liqueur en consis-tance d'extrait : on reprend cet extrait parl'eau, on filtre et on évapore en consistancede sirop clair; alors, tandis que la liqueur estchaude, on y ajoute, parkilog. d'opium, 120,0de chlorure calcique sec et pur dissous dans2 fois so« poids d'eau, on laisse déposer, onfait concentrer les liqueurs, on sépare le dépôtcalcaire qui se forme ; lorsque la liqueur estarrivée en consistance de sirop, on y ajouteune petite quantité d'acide chlorhydrique jus-qu'à réaction légèrement acide, elle se prenden une masse cristalline de muriate de mor-phine et de codéine par refroidissement.

On sépare l'eau-mère noire, qui imprègnele sel double en exprimant dans une toile,on le fait dissoudre à chaud dans de l'eau,on y ajoute du charbon animal en quantitéégale au poids de cristaux, on filtre le liquidequ'on laisse cristalliser si l'on veut obtenirle muriate double de morphine et de codéine,ou sel Je Grégory, mais que l'on porte à l'ébul-lition, et traite par l'ammoniaque si l'on veuten obtenir la morphine. Celte dernière se pré-cipite complètement par refroidissement. Onla recueille, on la hue à l'eau froide et on lafait sécher. Si on veut l'obtenir cristallisée, onla dissout dans l'alcool bouillant; elle cristal-lise par refroidissement. (Codeas.)

Ce procédé d'extraction de la morphine per-met d'obtenir en même temps la codéine. Pourcela, on concentre les eaux-mères la pré-cipitation de la morphine s'est effectuée ; il seproduit une cristallisation que l'on traite parla potasse; on reprend la matière insoluble parl'éther bouillant, et, par évaporalion sponta-née, de ce dernier, on obtient des cristaux decodéine. (V. Codéine.) «

Le bon opium fournit de 8 à 12/100 demorphine. (V. Opium.)

Dans les pharmacies, on peut obtenir plussimplement la morphine en la précipitant del'un de ses sels par l'ammoniaque.

La morphine est en prismes incolores, bril-lants, inodores, contenant 5,9/i/100 d'eau decristallisation,d'une saveur amère,insoluble dansl'eau froide, soluble dans 1000 p. d'eau froide,dans 500 p. d'eau bouillante, dans ZiO d'alcool;i 90°; très-peu soluble dans l'éther, les corpsgras, les huiles volatiles; très-soluble dans leslessives alcalines. Chauffée à 150° dans destubes scellés, avec 20 fois son poids d'acidechlorhydrique, la morphine se transforme enune nouvelle base, YApomorphiiu:

La morphine est le principal agent de l'o-