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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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MOUTARDES. MOXAS.

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La farine de moutarde délayée avec de l'eaudétruit l'odeur du musc, du camphre et desgommes-résines fétides, comme le font lesamandes amères.

Dans le commerce, la graine de moutardeest fréquemment mêlée avec celle de Sénevéou Ravison (Sinapis arvensis), qui est inerte.2° Moutarde blanche*, moutarde an-glaise ; Sinapis albaÇWeisserSenf, al.). La se-mence est plus grosse que dans l'espèce précé-dente ; ensuite sa couleur est jaune, elle contientune huile grasse, dans laquelle M. Stephen Darbya trouvé un acide particulier, Vacide érucique,identique avec l'acide brassinique que M. Web-sky trouva, en 1853, dans l'huile de colza(Staedler, Otto) et qui existe également dansla moutarde noire.

Elle est riche en Sinapine, principe soufréet cristallisable découvert par 0. Henry etGarot et qui se dédouble avec la plus grandefacilité en acide sinapique et en sincaline ; ellecontient de la myrosine mais pas de myronatede potasse. M. Will en a extrait à l'aide del'alcool un glucoside, la sinaUnne.

Prise entière à la dose d'une ou deux cuille-rées, elle produit un sentiment de chaleur àl'estomac qui excite cet organe à remplir sesfonctions.

Suivant M. Commaille, les propriétés de lamoutarde blanche seraient dues à la facilitéavec laquelle elle abandonne à l'eau un muci-lage abondant et à l'absorption par les liquidesdu canal digestif, de la sinapisme rapidementenlevée des graines de moutarde par un effetdialytique (V. Un. Ph. 1870).

La moutarde condimentaire fine se préparcavec la moutarde blanche, et la commune avecla grise. En général, pour sa confection, onmet à trempei la semence de moutarde dansle vinaigre; au bout de 2/i heures on la broie,puis on la délaye dans du moût de raisin, dela bière, du vinaigre, etc. On y ajoute des aro-mates, des herbes odoriférantes, telles que : es-tragon, citron, anchois, truffes, etc. On repassele tout au moulin et on conserve pendant quel-que temps le produit avant de le mettre enconsommation.

Les anciens ont employé la moutarde commeagent thérapeutique, c'est le-u d'Hippo-crate, et le 2iv»im de Dioscoride. Ils l'ont em-ployée aussi comme condiment. Le pape Clé-ment VII l'aimait beaucoup, et comme chacuns'efforçait de lui en faire à son goût, ce qu'ilrécompensait grandement, de est venu leterme : Il se croit le premier moutardier dupape , en parlant de quelqu'un qui veut s'enfaire accroire.

Aétius connaissait l'empêchement mis parles acides au développement de l'huile essen-tielle, car il dit : Sed, et hoc noscendum, ut

si in aceto maceretur sinapis ineffi.ca.tus red-ditur; acetum enim sinapis vim disculit.

MOXAS.

Nom d'origine portugaise, qui signifie mèche.L'invention est japonaise et chinoise.

Le moxa est un mode particulier de révul-sion, très-douloureux, employé dans un grandnombre de maladies, et surtout dans les scia-tiques invétérées, les paralysies, les tumeursblanches, le mal de Pott.

Ce sont des petits cônes de 2 centimètresde diamètre et de 2 centimètres de hauteurpréparés avec des mèches salpêtrées, du chan-vre, du coton, des mucors, du camphre, lamoelle de différents végétaux. Les moxas ja-ponais de Salle sont le résidu cotonneux de lapulvérisation des feuilles d'armoise. Les moxaschinois, de Larrey, sont un mélange de : lyco-pode 100, azotate de potasse 50, et alcool rec-tifié Q. S. pour faire une pâte que l'on disposeen cônes et que l'on fait sécher.

Pour faire l'application des moxas, lorsqu'ona formé de petits cônes de la substance quel'on veuf employer, on les applique par la basesur la peau préalablement humectée de salive,on les maintient avec une pince, on allumel'extrémité et l'on active la combustion à l'aided'un soufflet si le moxa n'est pas salpêtre.

Le moxa de velours, de Percy, est la tigedu grand soleil coupée par tronçons de 3 cen-trai, de long.

Les poupées de feu du même sont compo-sées de coton et autres matières convenable-ment préparées et mirées, puis disposées parcouches de manière à former un cône au cen-tre duquel (de la base au sommet) on ménageun vide.

Les moxas nankins de Raincelain , modifiésde ceux de Percy, se composent d'un petit cy-lindre de moelle de soleil que l'on entoure decoton non tissé (coloré en chamois et nitré)jusqu'à ce que le moxa ait acquis le volumeconvenable (diam. 0,02, haut. 0,02). Le toutest consolidé par une enveloppe de mousselinepréparée comme le coton. En les serrantbeaucoup on a des moxas qui brûlent lente-ment, en les serrant peu ils brûlent vite aucontraire. Ces moxas brûlent sans qu'on soitobligé d'exciter la ventilation. Si l'on veutobtenir un effet intense, on laisse un momentséjourner sur la partie le charbon incandes-cent qui se forme. Si l'on veut au contraireéviter l'eschare, on enduit la base du moxad'un peu de colle et on l'enlève quand la com-bustion est arrivée à la partie inférieure.

Les moxas de Marmoral consistent en unefeuille de papier non collé trempée dans dusous-acétate de plomb et sécliéc. Cette feuillepeut former 60 cylindres ou moxas qui brûlent