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MANNES.
priétés purgatives et qui, à l'inverse de la man-nite, est d'autant plus abondant que la manneest moins belle. D'après les recherches deM. Buignet, les diverses espèces de mannes ducommerce renferment toutes du sucre et de ladextrine, en proportion relative constante etinvariable : 2 équivalents de dextrine pour 1équivalent de sucre (V. J. ph. 1868). M. Hirsclia donné un procédé pour produire artificielle-ment la mannite (V. J. ph. 1872).
La manne paraît être r£Xauo'|MJu de Diosco-ride, et avoir été conrrue de toute antiquité.Les anciens la nommaient miel de l'air ou derosée. Au seizième siècle, Matthiole prétendaitencore, contre Ange Palea, qui mit hors dedoute sa véritable origine, que la manne étaitla salive, un excrément de quelque astre.
Suivant M. O'Rorke, la manne des Hébreuxne serait autre que le Lichen esculentus, dePallas, utilisé encore pour la nourriture deshommes et des chevaux, qui se rencontre enPerse, dans les déserts de la Tai'tarie, en Cri-mée, dans l'Asie Mineure, plus commune encoredans le Sahara égyptien et dans l'Arabie (?).
On fait venir le mot manne de manare, couler ;suivant Geoffroy, il serait d'origine hébraïque etviendrait de umhii, suc, nourriture divine.
La manne est un purgatif ou plutôt un laxa-tif doux. Celle en larmes est fréquemment em-ployée à la dose de 10,0 à 50,0 comme unléger dérivatif chez les enfants et les vieillardsdans l'embarras intestinal, les rhumes. On lafait prendre dans un peu d'eau chaude quel'on blanchit quelquefois avec du lait. Elle l'ailla base des pastilles de manne, dites de Cala-bve; elle entre dans des potions purgatives, lamarmelade de Tronchin, etc. La manne ensorte est plus spécialement employée en lave-ments, à la dose de 10 à 100,0.
La mannite est employée à la manière de lamanne en larmes, mais rarement.
Voici le procédé économique proposé parRuspini pour obtenir la mannite. On fait fondrepar la chaleur Q. V. de manne en sorte avecmoitié son poids d'eau de pluie, dans laquelleon a préalablement battu un blanc d'oeuf, onfait bouillir quelques minutes et on passe à lachausse. Le liquide qui passe se solidifie parrefroidissement. On l'exprime fortement dansun sac de to le; on ajoute à la masse restéedans le sac un poids d'eau froide égal, et onexprime de nouveau. On dissout la mannitequi reste dans le sac dans Q. S. d'eau bouil-lante additionnée de charbon animal ; on filtrele liquide bouillant ; on fait évaporer le solutéà pellicule, puis on laisse cristalliser ; on peutfaire cristalliser de nouveau dans l'eau bouil-lante ou dans l'alcool à 85 c. Ou plus simple-ment on fait dissoudre la masse de la 2 e ex-pression dans une quantité d'eau à peine suf-
fisante et sans addition de charbon ; on laissecristalliser; on fait égoutter et on exprime leproduit, qui constitue la mannite officinale del'auteur. Le résidu peut être rapproché et servircomme purgatif d'un prix inférieur.
La mannite est le principe chimique carac-téristique de la manne, mais non l'élément pur-gatif; elle a une saveur* douce, cristallise enbeaux prismes rhomboïdaux droits, solubles àfroid dans 6 p. 6 d'eau et dans 80 p. d'alcoolà 90°, presque insoluble dans 1 ether. Elle fondà 100°. Les sucres et les miels communs sontlégèrement purg. Est-ce au sucre cristallisablepur que ces produits doivent cette propriété?Nous conseillons donc aux praticiens de renon-cer à ce produit, d'ailleurs fort cher.
La présence de la mannite a été constatéedans les feuilles de l'olivier (V. ce mot).
On connaît une foule d'exsudations qui por-tent ou pourraient porter le litre de manne ence que la mannite les particularise; ce sont :1' la manne de Briançon, qui découle du mé-lèze, larix europœa (Conifères); elle est enpetits grains arrondis, jaunâtres, d'une saveurdouce et contient de la tnélézîtose ; 2° la manned'Alhagi, à'Agul, de Perse ou Tereniabin, quiexsude en Orient d'un sainfoin, VhedysarumAlhagi (Légumineuses), mais ne contient pasde mannite (V. J. ph. 1873) ; 3° la .V. du Libanou cédrine, mastkhi/ia, qui découle du larixcedrus; li" la manne du mont Sinw, ou mannedes Hébreux, qui exsude du tamarix gallicaou maimifera par suite de la piqûre du Coccusmanniparus et dont les Arabes de celte con-trée font leur principale nourriture pendant unepartie de l'année ; 5° la manne du Kurdistan,recueillie, suivant M. Barré- de Lancy, en se-couant les branches séchées du chêne à galle, etque les Kurdes mêlent à de la pâle et à de laviande : quoique produites par des végétauxd'espèces très-différentes', ces deux mannessont constituées par du sucre de canne, dusucre interverti et de la dextrine (Berthelot) ;suivant M. Flûckiger, cette manne renferme 90p. °/ 0 d'un sucre cristallisable, qui n'est pasle sucre de canne; 6° la manne de la Nouvelle-Hollande ou Lerp des Australiens, substance nu-tritive, exsudée des feuilles des eucalyptus man-niferus et dumosa. Elle contient du mélitos'e.Vasclepias procera, en Egypte, VapocymimSyriacum, en Syrie, donnent également unemanne farineuse. 11 en est ainsi des exsudations(rosée de miel, miellée ou mièlat) observées for-tuitement sur le tilleul (V. J. ph. 1872), Yoran-ger, le noyé»; le platane, la cératonie, les cistes,les saules, etc. La mannite a encore été trouvéedans une foule devégétaux, parmi lesquels nousciterons la racine de rneum, le fwus saeehari-nus, les oignons, les champignons (d'où le nomde sucre de champignons, donné parBraconnol),