606
JASMIN.
La résine extraite du jalap de Tampico,appelée tampirinn par M. Spirgatis, est fusibleà liSO", soluble dans l'éther, incolore, insi-pide, inodore et se distingue de la jalapine parsa composition. Sous l'influence des alcalis,elle donne Vue. tampiciquc; les acides miné-raux dilués la dédoublent en sucre et en «c.tanipicoliqae (V. Un. pk, 187-).
Selon l'aiva de Dodoens, Monardes et Clu-sius, le jalap a été importé en Europe seule-ment vers le milieu du xvm e siècle, tandisque Bauhin dit qu'il fut apporté de l'Inde sousle nom de chelapa, vers 1609.
C'e4 un purgatif drastique efficace, maisdont malheureusement l'effet est inconstant, larésine ne se trouvant pas toujours en même pro-portion dans une quantité donnée de poudre.
Forrn. pharm. et doses. Poudre*, 1 à 5,0;infusé (pp. 5 : 100) ; extrait, 0,25 à 1,0; tein-ture simple* ou composée*, 5 à 10,0.
L'extrait aqueux de jalap, qui est fort peuemployé, parait être simplement diurétique. Larésine*, qui est un bon, mais énergique purga-tif, s'administre à la dose de 10 à 50 centig.,soit triturée avec du sucre, soit en pilules, soiten émnlsions. M. Rigbini ayant fait la remar-que que cette résine se divise parfaitementdans le sirop de rhubarbe, propose de luiajouter ce sirop comme véhicule, et il recom-mande, dans ce cas, de n'en employer que 15à 20 centig., son action purgative étant aug-mentée par son extrême division.
On a fait la remarque que, dans les payschauds, l'association du jalap au calomel ame-nait la réduction du mercure.
On doit rejeter de l'usage pharmaceutiqueune sorte de jalap que l'on trouve quelquefoisdans le commerce, et que Guibourt a appe-lée jalap digitê; il résulte de ses essais, que lejalap officinal le plus faible en résine, en ren-ferme deux fois plus que le jalap digité leplus résineux ; ce dernier toutefois peut servirà l'extraction de la résine.
JASMIN.
Jasminum officinale (Jasminées).
Jasmine, ANC; Yasmyn, AR.; Gelsomino, ESP.
Arbrisseau, originaire de l'Asie, cultivé de-puis très-longtemps en Europe; à feuilles op-posées, à fleurs blanches d'un parfum très-agréable, ordin irement disposées en paniculespeu garnies: on retire de ces dernières uneessence, ou mieux un extrait, une pommadede toilette. On cultive également en Europe,le J. jonquille (J. odoratissimum), à fleursjaunes, très-odorantes ; le J. d'Espagne (J.grandiflorum), originaire de l'Inde, dont lesfleurs plus grandes, blanches, nuancées derouge à l'extérieur, et d'une odeur très-suave,
JOUBARBES.
sont employées en parfumerie. Le J. cVArabiiou sumbac (J. Sambac) est cultivé dans l'Indeet l'Arabie à cause de l'arôme de ses fleurstrès-blanches. Dans l'Inde, on emploie contreles dartres, la racine du .7. angvstifolium.
L'essence ou huile volatile de jasmin propre-ment dite n'est pas encore connue. Mais onen obtient à l'aide du sulfure, de carbone, leparfum, corps butyreux très-odorant.
JOUBARBES.
Quatre plantes de ce nom sont indiquées dansles pharmacopées :
1° Joubarbe des toits , Grande joubarbe,artichaut sauvage, Sempervivum tectorum, L.(Ciassulées), ^. (Rausluub, al.; Houselleek,ang.; Ihmslœk, dan., su.; Yerba puntera,Siemprevira, esp., it., por. ; Doitderbaard,Huislook, hol. ; Rozchadnik, Wielki , pol. ;Tchesnok dikoi, rus.). Plante qui vient sur lesvieux murs des fermes, les toits en chaume,et qui, jeune, a tout l'aspect d'une tête d'ar-tichaut. Le suc est styptique, et passe pourantibémorrhoïdal.
2° Joubarbe des vignes, Grassette, Herbeaux charpentiers (Voy. Mil le-feuille), Orpin ,Reprise, Crasside; Sedum telephium, L. (Fetthome, Wundkraut, al.; Orpine, ang. ; Krœ-furt, dan.; Letefolio, esp.; Hemels leutel,hol. ; Telefio, it. ; Wronie masla, pol.; Te-lephio batardo, por. ; Kœringkal, su.) Planteindigène dont les feuilles, conservées dansl'huile, et sous le nom A'orpin confit, sont unremède populaire, dans quelques contrées,contre les cou pures, leshémorrhoïdes et les cors.
3° Joubarbe acre , Sedan , Poivre des mu-railles , Petite joubarbe , Vermiculaire , Orpinbrûlant, pain d'oiseaux ; Illecebra, Sedum acre(Kleine Haustrurz, Mauerpfefferkraut, al. ;Sedoacre, it.). Est émétique, antiépileptique etantiscorbutique. En Allemagne , on l'appliquepilée sur les tumeurs arthritiques, le cancer.
à 0 Joubarbe rose, Orpin rose, Rhodiole;Rosaria, Sedum rhodiola, plante des hautesmontagnes, à odeur de rose ; céphalique, as-tringente.
Une plante de la même famille que les jou-barbes, et s'en rapprochant par ses feuillesgrasses, le Cotylet, Gobelet ou Nombril de Vé-nus, Cotylédon umbilicus, que l'on a confonduquelquefois avec la Réuilacque ou Hydrocotylevulgaire, a été employée à l'intérieur commediurétique et lit hontriptique. Les feuilles broyéesétaient appliquées sur les plaies et les tumeurscomme emollient et résolutif. Il y a quelquesannées, des médecins anglais l'ont prôné commeun puissant antiépileptique. On donne par jourdeux cuillerées de suc de cotylédon.
Cette plante croît dans le Midi sur les vieux