Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
602
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

:.!

602

IPÉCACUANHA.

de 2° Ipécacuanha anneU rougeàtre (Mérat),Ip. ami. gris rougeàtre (Guib.), et 3° Ipéca-cuanha gris blanc (Mérat) ; Ip. annelé majeur(Guib.). L'ipéca du Brésil devenant raie, unesorte recouverte d'une poussière blanchâtrese trouve dans le commerce sous le nomd'Ipéca de Garthagêne ou de la Nouvelle Gre-nade et arrive en France contenue dans descaisses, quelquefois dans des tonneaux. Ellecontient un peu plus de médilullium et est unpeu moins riche en émétine que l'ip. du Bré-sil (Lefort).

Les principaux faux ipécacuanhas sont:l°laracine de psyrhotria emetica (rubiacées), diteipécacuanha strié, à cause des stries longitudi-nales qui existent à sa surface ; la racine cas-sante renferme 6 °/, h et la racine élastique2 °/ 0 , 75 d'émétine pure, plus 5 °/ 0 , 39 desucre de raisin (Attfie/d) ; 2° celle du richanl-sonia brasiliensis (rubiacées), dite ipécacuanhaondulé, ou blanc amylacé, à cause de ses an-neaux incomplets et de sa teinte blanchâtre;3" l'ipéca Ste-Marthe, sorte très-développée,venant de l'Ile de ce nom. 11 existe 2 sortesd'ipée. strié : Yipéc. strie majeur, appelé aussiipéc. gris cendré glycyrrhizé, ipéc. glycyphlœa,ipéc. strié de la Nouvelle Grenade, ipée. violet,ipee. de Ste-Murth,e et de Carthagêne, qui necontient que très-peu d'émétine; et Yipéc, striemineur, ou ipéc. strié noir, ipéc. des Côtes-d'or,beaucoup plus riche en émétine (V. J. ph.1872, 1873). Les autres faux ipécas sont desracines de différents viola, ionidium (1), eu-pkorbia, etc. La culture de l'ipecacuanha aété sérieusement entreprise dans l'Inde an-glaise (V. Un. pli., 1873).

Pelletier a trouvé que l'ipéca est composé:d'une huile concrète, de cire, de gomme,d'extraclif, d'amidon, de ligneux 66/100,d'émétine 16/100, el d'un acide (acide ipéca-cuanhique, Willick). Mais ce chimiste et lesautres qui ont fait l'analyse de cette racinen'en oui pas donné la composition exacte;cela résulte, du moins de l'observa ion suivantedue a Huraut-Moutillard, pharmacien a Paris.« En préparant, dil ce dernier, l'extrait d'ipécaalcoolique, j'ai pu constater a plusieurs repri-ses la présence du pectate de chaux dans lerésidu de la distillation (les liquides alcooli-ques. Le pectate de chaux n'étant soluble nidans l'eau ni dans l'alcool, il tant nécessaire-ment qu'un sel soluble de chaux existe dansl'ipéca concurremment avec un peclate alca-lin, lesquels, sous l'influence de la chaleur, sedécomposent et donnent naissance au pectatecal aire. On reconnaît la présence de ce d r-nier dans le résidu, a sa consistance gélatineuse,

(1) La racine de I'Ionidium paryiflorum, qui croît àQuito et qui y est connue sous le nom de Cuichun-chulli, est employée contre l'èléphantiasis.

à son aspect trouble, et il est facile de l'en sé-parer en jetant le tout sur une étamine, etlavant la matière qui reste dessus, qui est lepectate lui-même, dont j'ai pu retirer 40,0 de1000,0 de racine d'ipécacuanlia. » Nous ajou-terons que c'est probablement parce qu'ilsavaient laissé ce peclate dans l'extrait que lesauteurs indiquent un rendement très-supérieurà celui qu'on obtient en.ne l'y laissant pas.

L'ipéca doit ses propriétés à Yémetine (deEpi», je vomis), isolée en 1817 par Pelletieret Magendie. C'est une substance blanche, cris-tallisée, fusible à 70"% d'une saveur amère, peusoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool con-centré et le chloroforme, très-peu soluble dansPéther et les corps gras. Le caractère le plusdislinctif de l'émétine est de former avec l'acideazotique un azotate insoluble, qui peut seproduire par double décomposition. MM. Lefortet Frédéric Wurtz préparent Yémetine pure parce procédé. (V. Un. ph. 1877).

On l'obtient en traitant l'extrait alcooliqued'ipéca par h p. d'eau lroide, filtrant, évapo-rant au bain-marie en consistance sirupeuse,et faisant sécher à l'étuve sur des assiettes.C'est Yémétinc dite brune, impure ou médi-cinale*. L'émétine pure n'est pas employéeL'émétine est plus abondante dans l'écorceque dans le méditullium; aussi doit-on cesser lapulv. de l'ipéca, quand on a obtenu à l'état depoudre les 3/4 du poids de la racine empl. (Cod).Au lieu de traiter l'ext. aie. d'ipéca par l'eau,MM. Leprat et Lefort le traitent par le chlo-roforme et la polasse -caustique en solutionaqueuse, on agite vivement et, apiès un reposde plusieurs jours, on sépare la solution cldo-roformique qui est filtrée et distillée; le résidud'un brun foncé, est traité par un acide faible, lasolution décomposée par l'ammoniaque donnel'émétine qui, au besoin est mise en digestionavec Péther pour la débarrasser de la petitequantité de mat. résineuse qu'elle a pu retenir.

L'ipécacuanba, dont les effets vomitifs étaientconnus des Brésiliens, de temps immémorial,ne lut introduit dans la médecine européennequ'en 1672, époque à laquelle un médecinnommé Legras en rapporta d'Amérique, qu'ilfit vendre par un pharmacien, sous les nomsde béconquille, de mine ou de racine d'or. Hel-\étius, célèbre médecin de l'époque, s'assurade ses propriétés par des expériences et LouisXIV lui en acheta le secret par 1 intermédiairedu père Lachaise.

Aujourd'hui, les médecins l'emploient commetonique dans les fièvres rémittentes, la diar-rhée; comme expectorant dans le catarrhe, lacoqueluche; mais surtout comme vomitif dansles embarras gastriques, le choléra, les-jnoplysies. Son emploi est moins dangereuxque celui de l'émétique. Des praticiens Pem-