EVONYMUS ATROPURPURECS. — EXTRAITS.
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nient Casse-lunette; nom donné à plus justelitre au bluet.
EVONYMUS ATROPURPUREOS.
Arbuste de la famille des Célastrinêes quicroit dans le nord-ouest de l'Amérique sep-tentrionale. Il fournit à la matière médicaleson écorce qui est employée par les Indienssous le nom de Walioo, comme remède sou-verain contre Thydropisie et les maladies det'oie. L'écorce du commerce se présente enmenus fragments, irréguliers, d'une épaisseurmoyenne, inférieure à 1 millimètre, à cassurenette, à saveur acre ; la surface extérieure estgrise et présente quelques sillons longitudi-naux; la surface interne est blanche, lisse.Celte écorce est purgative et cholalogue etparaît supérieure au podophyllin pour com-battre la constipation habituelle. D'après lesanalyses de MM. Clothier, Prescott et Wenzell,elle contient entre autres, un gîucoside parti-culier, cristallisable (Evonymine de Wenzell)et l'acide èvonique.
Les médecins américains ont constaté quela décoction d'écorce de racine était plus activeque l'écorce des tiges (Kiâg) et qu'il était plusavantageux de substituer à la décoction unepréparation qu'ils appelèrent Evonymine et quiparaît devoir prendre dans la thérapeutiqueune place définitive.
Sous le nom (VEvonymines les Américainslivrent des produits différents de propriétés etd'aspect, et qui peuvent être répartis en troisgroupes. Evonymne brune (Evonymin broini) ;Evonymme verte (Evonymin green) et Evony-mine liquide (fluid extract of Wahoo). D'aprèsles travaux de M. Thibaut, les diverses évony-mines américaines sont des extraits hydro-alcooliques, c'est VEvonymine brime qui est laplus active et qui doit être employée de pré-férence, et il indique le mode opératoire sui-\ant pour l'obtenir: écorce de racine d'évony-mus pulvérisée 1, Alcool à 60° 6. On humectela poudre avec la moitié de son poids d'alcool,on l'introduit en la tassant dans un appareil àdéplacement et au bout de 24 heures on lalessive avec le reste de l'alcool ; on déplacel'alcool par de l'eau. Les liqueurs alcooliquessont distillées, filtrées puis évaporées au bain-marie en consistance sirupeuse. On ajoute alorsun peu de sucre de lait pulvérisé pour empê-cher la séparation d'une faible quantité dematières grasses et résineuses; on mélangeintimement et on termine la dessiccation àFétuve. Le produit sec est pulvérisé et ren-fermé dans des llacons bien secs et bouchanthermétiquement. La dose varie entre 0,0o et0,15. On lui associe quelquefois une faiblequantité d'extrait de jusquiame.
Une autre Célastrinée est le fusain d'Europe
(Ewnymus Europœus), appelé vulgairementBonnet de prêtre, Bois à lardoire, arbrisseauassez commun en France et en Allemagne, où ilse multiplie spontanément dans les haies etforêts. Ses feuilles et ses fruits sont purgatifs.D'après Bulliard, les feuilles font mourir lesbestiaux. Les fruits, rouges et quadrangulaires,ont un goût acre et nauséeux ; ils contiennent10 0/0 d'une huile à brûler, très-éclairante,qui pourrait être employée à l'éclairage, et quiest encore liquide à —10°; on l'extrait dansquelques parties de l'Allemagne. Le fruit privéd'arille et séché renferme 41 0/0 d'huile(Lepage, de Gisors). Le bois donne un charbonsec et léger, servant de crayon aux dessina-teurs, sous le nom de fusain; et très-estimédans la fabrication des poudres de guerre etde chasse. Dans le cambium du fusain, M. Ku-bel a trouvé une matière sucrée, cristallisable,Vévonymite, qui est isomérique avec la man-nite. Suivant Gilmer l'évonymite est identiqueavec la dulcite. Le fusain eonlient égalementde l'évonymine.
EXTRAITS.
Extracte, al.; Extracts, ano.; Schiarro, Kalasset, ar.;Extraetos, ksp.; Estratti, it.; Iloulassâ, tur.
Les extraits sont des médicaments officinaux,nombreux et fort usités. Ils résultent de l'éva-poration, jusqu'à consistance molle, ferme ousèche, d'un suc ou d'une solution obtenue entraitant une substance végétale ou animale parun véhicule vaporisable tel que l'éther, l'alcoolou l'eau.
Leur composition est en général fort com-plexe. Non-seulement tous les matériaux so-lubles dans le véhicule employé peuvent s'ytrouver, mais encore beaucoup qui, insolublespar eux-mêmes, changent de condition a lafaveur des autres. La cantharidine pure, quin'est pas soluble dans l'eau, l'est a la faveurde la matière jaune de la cantharide, ce quiexplique pourquoi les hydrolés de cantharidessont vésicants. Il faut en outre admettre dansla composition des extraits les produits quipeuvent se former pendant l'évaporation. Ilsdiffèrent donc de Vextraitif des chimistes.
Leur condition d'efficacité ou l'annihilationde leurs propriétés repose presque entière-ment sur la manière de les préparer.
La généralité des auteurs conseille de pré-férer, aidant que faire se peut, l'emploi dusuc des plantes fraîches à celui des hydrolésdes mêmes plantes sèches pour la préparationdes extraits. C'est une erreur dans beaucoupde cas. En effet, si cette méthode est préfé-rable pour les extraits qui doivent leurs pro-priétés à des matières simplement extractives,elle est, selon nous, mauvaise, ou du moins ellen'est pas satisfaisante pour les extraits desplantes à alcaloïdes pour lesquels nous préfé-