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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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EAUX MINÉRALES.

médicamenteuses qu'il fait respirer, après lesavoir amenées à un grand état de division, simu-lant une sorte de poudre ou de poussière (pul-vérisation ou poudroiement des liquides^. Cetteméthode d'inhalation qu'il appliqua, dès 1856,dans l'établissement de Pierrefonds (Oiseletqui, depuis, a été employée dans quelquesautres stations thermales, consiste à faire sé-journer les malades, pendant un temps déter-miné (15 à/i5 minutes), dans une salle dite derespiration, à l'air de laquelle vient se mêlerl'eau minérale convertie en une espèce debrouillard artificiel. Cette pulvérisation de l'eaus'effectue à l'aide d'appareils particuliers, dontle principe repose sur la sortie de l'eau d'uncylindre, de l'air comprimé la fait passer àtravers des orifices capillaires qui donnent lieuà autant de jets venant frapper sur des disquesmétalliques placés à une certaine distance etse réduisant en une fine poussière qui pénètredans les voies respiratoires. Aussi les eaux pul-vérisées paraissent-elles devoir rendre des ser-vices dans le traitement des maladies des or-ganes respiratoires. Cependant il paraîtrait queles eaux sulfureuses, suivant leur mode de sul-furation, perdent, en général, par la pulvéri-sation, plus ou moins de leur principe sulfu-reux. Un appareil imaginé par M. Sales-Gironspermet de porter sur la muqueuse pulmonairetous les médicaments solubles avec facultéd'en graduer la dose. Il en est de même dunéphogène de MM. Tirman et Mathieu. (V. Un.ph., 1860, 1861 et 186'2. V. Art deformuler, bains, fumigations.)

On a cherché à concentrer les eaux miné-rales par voie de congélation, à l'aide des ap-pareils Carré et autres, et à former ainsi desextraits d'eaux minérales réduites à 1/10° deleur volume {Eug. Moulines) , de manière àéchapper aux reproches que l'on a fait à justetitre aux eaux minérales concentrées par éva-poration, qui perdent, après cette opérationmême, leur caractère d'eau naturelle ; le modede combinaison des bases avec les acides étantinterverti par l'évaporation du liquide et lavolatilisation des gaz.

Les eaux minérales naturelles sont divisées,d'après leur principe prédominant ou minéra-lisateur, en cinq classes principales : sulfu-reuses, alcalines, acidulés, ferrugineuses et sa-lines; et les eaux de chacune de ces classessont subdivisées, selon leur température, enthermales et en froides.

1° Eaux hydrosulfureuses, Eaux sulfurées ,Eaux hépatiques. Elles contiennent de l'acidesulfhydrique libre et combiné, et ont une odeuret une saveur d'oeufs pourris. En général, ellessont onctueuses au toucher, en raison de labarégine qu'elles contiennent, et perdent leurodeur par le contact prolongé de l'air ou de la

chaleur. Elles sont le plus souvent thermales,et sourdent principalement des terrains pri-mordiaux. Beaucoup contiennent de l'iode.Pour conserver toujours pleines les bouteillesd'eaux sulfureuses susceptibles de s'altérer aucontact de l'air, on recouvre l'eau d'une cou-che d'huile, ou mieux, comme l'a indiquéRobinet, on remplace l'eau, à mesure qu'ellevient d'être bue, par de petits cailloux ou pardes billes à jouer, préalablement bien lavés,de manière à maintenir toujours le niveau del'eau à sa hauteur primitive. C'est le procédéqu'on emploie en Italie pour la conservationdu vin en bouteilles.

On connaît que l'eau doit ses propriétés àl'acide sulfhydrique libre, en faisant passer legaz, qui s'échappe de l'eau par l'ebullition, àtravers un soluté d'acétate de plomb ; et à unsulfure, en ajoutant à l'eau, après une longueébullition pour chasser les gaz, encore de l'a-cétate de plomb. Dans l'un et l'autre cas, il seproduit un précipité noir. (V. Appendice.)

On recommande spécialement les eaux sulfu-reuses dans les maladies chroniques de la peau,aux individus lymphatiques, dans les maladieschroniques de la poitrine , le catarrhe pulmo-naire, l'asthme et la phthisie, dans le traite-ment des blessures, dans les rhumatismes, lasciatique, etc.; elles sont très-excitantes etcausent une légère ivresse lorsqu'on les boit.

Les eaux sulfureuses les plus usitées sontcelles de Barcges, Cauterets, Bonnes (Eaux-Bonnes), Aix-la-Chapelle, Baden, Enghien.M. Filhol admet l'existence de sulfures alca-lins dans toutes les eaux sulfureuses des Py-rénées (V. Un.ph. 1873; J.ph. 1873).

2° Eaux minérales alcalines. Riches en car-bonate de soude et contenant souvent beau-coup d'acide carbonique, d' leur vient en-core le nom d'alcalino-acidules. Leur saveurest alcaline et urineuse. Sous le rapport mé-dical, elles sont fondantes et apéritives, fortutiles dans les maladies chroniques qui ontpour siège les viscères abdominaux, et par-ticulièrement dans les engorgeznents du foieet de la rate, dans les gastrites chroniques,dans la goutte, pour dissoudre les calculs d'a-cide urique, etc. L'ac. rosolique se colore dansune eau contenant des bi-carbonates ; il se dé-colore lorsque l'ac. carbon. n'est pas combiné.

Les eaux alcalines les plus usitées sont cellesde Vais, Vichy, Saint-Alban, Saint-Nectaire,Ems, Evian, Saint-Galmier, Contrexémlle.

Les Eaux de Vais que nous venons de citeront pris, une importance considérable parmiles eaux alcalines. Les sources en sont très-nombreuses, mais les plus connues sont lessuivantes : Saint-Jean, Rigolette, Précieuse,Désirée, Magdeleine, appartenant à la Compa-gnie ou Société générale de Vais.