EAUX MINÉRALES.
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contraire, éprouvent des changements chi-miques et thermométriques, sensibles selonl'époque de l'année, l'état sec, humide ou élec-trique de l'atmosphère. De là les divergencesque l'on remarque dans leur emploi et dansles analyses.
Struve a établi qu'à Pyrmont les eaux sontalcalines el gypseuses pendant les mois dejuin, juillet et août, et qu'elles n'ont presqueplus ces qualités pendant l'hiver. Ceci ne sup-pose que des variations alternatives. Allantplus loin, nous dirons que, gôologiquementparlant, on ne peut admettre qu'une eau a pos-sédé et possédera toujours les mêmes principesminéralisateurs. M. Girardin a prouvé, parl'analyse des travertins déposés, à différentesépoques, par l'eau de Saint-Allyreen Auvergne,que celte eau n'a pas toujours eu la mêmecomposition. Berzélius a trouvé dans les eauxde Steinbad, à Tœplitz, à peine des traces dessels qui les avaient fait classer trente ans au-paravant parmi les eaux salines les mieux ca-ractérisées.
Leur conservation est un point important àconsidérer dans leur histoire. Une fois sortiesde la source, une réa tion lente s'opère entreleurs différents principes, des dépôts s'y for-ment. Les eaux gazeuses sont toujours moinschargées de gaz qu'à la source. Les ferrugi-neuses, en perdant ce dernier, donnent undépôt ocracé; c'est pour prévenir cet effetqu'en Allemagne, au lieu des sources, on asoin de mettre un clou ou un fil de fer à lapartie inférieure du bouchon. Les eaux hydro-sulfureuses perdent leur odeur en donnantnaissance à des hyposulfites ; d'autres, conte-nant des sulfates , prennent l'odeur d'teufspourris, par suite de la réaction que les subs-tances organiques exercent sur ces sels. Les eauxde Vichy présentent souvent ce phénomène.Les eaux salines sont celles qui se conserventle mieux.
La lumière est une cause d'altération mani-feste. On doit donc les conserver à l'abri decette influence, et de plus tenir les bouteillescouchées horizontalement dans un lieu tem-péré et sec.
L'analyse des eaux minérales est un pointtrès-délicat. On connaît deux méthodes. Laplus ancienne isole les divers principes deseaux tels qu'on suppose qu'ils s'y trouventcontenus ; mais souvent des changements s'o-pèrent par le fait même de l'évaporation.L'autre, due à Murray, plus directe, reconnaîtet évalue séparément les acides et les bases,que l'on réunit ensuite par le calcul. Mais ceslois, comme l'ont fait observer Mérat et Delens,ne sont pas toujours celles de la nature.
Les analystes modernes ont découvert dessubstances fort intéressantes sous le point de
vue médical et scientifique. Ce sont des sub-stances organiques, telles que la glairine oubarégine, des matières extracto-résineuses, dessubstances minérales, comme l'iode, le brome,l'arsenic, la lithine, l'acide borique, le ca:sium,le «ubidium, le cuivre, l'étain, le titane, lazircone,le cobalt, le nickel, le mercure. Disonscependant que ces six dernières substancesn'y ont pas encore été nettement constatées.(V.App.fAnak/se chimique).
En récapitulant le résultat des analyses, onvoit que les principales substances contenuesdans les eaux minérales sont :
L'oxygène,L'azote,
L'acide carbonique,—■ sulfhydrique,
— silicique,
— erénique,
Les carbonates,les sulfates
etarséniates
Les sulfuresLes chloruresLes ioduresLes bromures
de potasse.
de soude.
de litliioe.
de chaux
de magnésie.
de fer.
do manganèse.
de tuivre. (?)
d'étain. (?)de potassium,de sodium.de calcium,de magnésium.
Puis des matières organiques (plantes microscopiques,selon Duby) plus ou moins bien déterminées (barégine ouglairine, gl.uiudine, z01dine, zoogène, plûmbiéiune,sulfuraire).
Et enfin des sels sans importance médicale,à cause de leur quantité excessivement faible,comme le fluorure de calcium, le phosphated'alumine, la strontiane, la lithine, etc. (V.plus haut).
L'action des eaux minérales sur l'économieest extrêmement intéressante, mais elle estd'une étude longue et difficile. Leurs effetssont en rapport avec leurs principes prédo-minants ; cependant on observe souvent des ano-malies qui ne sont pas toujours intelligibles,ce qui tient à la manière d'être de leurs nom-breux composants entre eux. Un autre point àconsidérer, c'est que les eaux minérales natu-relles, à proportions égales de principes, ontune action plus marquée que les compositionsartificielles que l'on fait pour les imiter, ouque les composants pris isolément, et ont, enoutre, l'avantage de ne pas molester l'estomaccomme ces derniers. Aucun doute qu'il nefaille attribuer ces différences à la division plusintime des principes dans celles-là que danscelles-ci, ou plutôt à leur imitation incomplète.(V. Art de formuler). Suivant Scoutetten,les eaux minérales déterminent toutes: l°Uneaction dynamique ou des phénomènes d'exci-tation dus à l'électricité développée par leurcontact avec le corps; 2° une action médica-menteuse qui varie selon la nature des élé-ments minéralisateurs ; 3° elles occasionnentune action topique qui provoque des éruptionsdiverses à la peau (V. Un. ph. I86:'i).
M. Sales-Girons a imaginé une nouvelle mé-thode d'administration des eaux minérales ou