EAUX MINÉRALES.
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Leur succès tient à diverses causes. Ellesprésentent tous les degrés de force ou d'alca-linité ce qui permet de les opposer aux diversétats pathologiques qu'elles sont appelées hcombattre ; elles ne déterminent pas la diathèsealcaline ou fluidification du sang, que Trousseaureprochait à l'usage prolongé de leurs congé-nères, ce qu'elles doivent assurément à leurrichesse en fer et en manganèse; elles peuventse transporter au loin sans altération ancune.C'est pour cette dernière considération que leprofesseur Bouchardat, dont le nom fait auto-rité, dit que pour une saison aux sources il pré-fère les eaux de Vichy, mais, que pour êtreprises en boissons loin des sources, il prescritles eaux de Vais. Il est en effet reconnu queles eaux alcalines chaudes aux sources, c'estle cas des eaux de Vichy, sont de moins bonneconservation que celles qui sourdent froides,ce qui est le cas de celles de Vais.
Au point de vue du degré d'alcalinité, leseaux de Vais de la Société générale se classentd'après rémunération faite ci-dessus. La sourceMagdeleine est la plus chargée des eaux alca-lines que l'on connaisse (9 gr. de bi-carbo-nates); elle s'applique aux cas les plus caracté-risés de la médication alcaline ; la source Saint-Jean, la plus faible (2gr. de bi-carbon.), s'appli-que aux cas les plus nombreux. Ne décomposantpas le vin et la plus agréable à boire, elle seprend généralement aux repas coupée avecdu vin.
Les eaux de Vais contiennent de la lithine(V. Un. ph. 1872, 1873), ainsi que de l'iode{Chatin); la source Rigoletle est la plus riche.
La Source Dominique, qui appartient au bas-sin de Vais, ne doit pas être confondue avecles sources alcalines, car elle n'a aucune ana-logie avec elles. C'est en effet une eau stypti-que ferrugineuse alcaline, d'une nature ferro-arsenicaie, d'une efficacité remarquable contreles fièvres intermittentes, la chlorose, l'ané-mie, certaines dermatoses, etc. Elle ne con-tient que des traces d'iode (V. Un. ph.1872).
3° Eaux minérales acidulés. Ce sont cellesqui contiennent une grande quantité d'acidecarbonique libre, indépendamment des selsqui peuvent s'y trouver. Ces eaux ont la pro-priété de mousser et de pétiller par l'agitation,et ont une saveur aigrelette.
Prises en grande quantité, elles produisentsur l'économie une espèce d'ivresse passagèreet une sorte de narcotisme ; elles ont une ac-tion spéciale sur l'estomac. Elles sont em-ployées pour calmer la soif, dans les gastral-gies et surtout contre les vomissements spas-modiques. Exerçant une action particulière surle foie, elles sont dans quelques cas le spéci-fique des affections de cet organe.
Les eaux acidulés les plus communes sontcelles de Seltt , de Chàteldon, de Pougues.
!i° Eaux minérales salines. Ce sont celles oùles sulfates et les chlorures de calcium, de ma-gnésium et de sodium prédominent. Du reste,elles offrent dans leur composition une grandevariété; c'est plus particulièrement dans cetteclasse d'eaux, qu'on rencontre l'iode, le brome.Nous donnerons dans Y Appendice les moyensd'y reconnaître la présence de ces corps.
Quelques-unes tiennent en suspension desmatières organico-minérales, dont le dépôtconstitue les boues, comme à Saint-Amand, àBourbonne, etc. Dans les eaux de Néris, le fluorparaît jouer un rôle important, comme agentminéralisateur (De Gouvenin).
Plusieurs sont purgatives. Elles sont géné-ralement utiles dans les engorgements desviscères abdominaux, la jaunisse, les calculsbiliaires, le catarrhe vësical, les maladies scro-fuleuses. Elles ont été vantées dans la para-lysie. En bains, on les recommande dans quel-ques maladies de la peau, les contractions desmuscles, les maladies des articulations, lesrhumatismes chroniques.
Les eaux salines les plus connues sont cellesde Bularuc, de Bourbonne-les-Bains, de Plom-bières, de Néris, de Cheltenham, de Bath, deSedlitz, de Pullna. C'est à cette classe qu'ap-partient Veau de mer.
5° Eaux minérales ferrugineuses, Eaux mar-tiales, Eaux chalybées. On nomme ainsi leseaux qui contiennent assez de fer pour avoirune saveur atramentaire.
Elles proviennent le plus ordinairement desterrains secondaires ou de ceux de transition.Elles sont presque toutes froides. On a reconnuque toutes les eaux ferrugineuses carbonatéeset beaucoup de celles sulfatées contenaient desparties infinitésimales d'arsenic ; de telle sorteque les eaux ferrugineuses qui ne sont pasarsenicales sont les exceptions. Leurs dépôtssont incomparablement plus riches qu'ellesen principe arsenical. Ces dépôts ocracés aveclesquels on prépare des pastilles, des dragées,ne fournissent que des médicaments d'unecomposition très-variable, et dont les effetsne sont pas spécifiés.
Elles sont inodores, limpides; exposées àl'air elles se couvrent d'une pellicule irisée, etdéposent, dans les bassins ou dans les bou-teilles où on les conserve, des flocons jaunesrougeàtres de peroxyde de fer. Elles se colo-rent en noir par l'addition de l'infusé de noixde galle, surtout si elles sont restées exposéesà l'air pendant quelque temps, et si on y ajouteun peu de carbonate de soude. Avec le ferro-cyanurede potassium, elles donnent un préci-pité de bleu de Prusse, au bout de quelques