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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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CANTHAR1DES.

(Fig. 51

ils vivent sur les arbres à feuilles assez ten-dres pour être brisées par l'action de leursmandibules, et plus particulièrement sur lesfrênes, les lilas, les troènes. Leur présencedans une localité est décelée par une forteodeur de souris très-désagréable.

La récolte se fait le matin, avant le leverdu soleil ; on secoue l'arbre, et les cantharidestombent sur un drap qu'on a disposé à ceteffet. On les fait périr en les plongeant dansdu vinaigre, ou en les exposant à sa vapeur,puis on les fait sécher. On prétend que lescantharides asphyxiées par la vapeur de l'es-sence de térébenthine se conservent mieux.

Pour les conserver, on les enferme dans desflacons bien bouchés, et dans lesquels on a misdu camphre et du carbonate d'ammoniaque.La méthode d'Appert, le mercure et les autresmoyens de conservation indiqués jusqu'à pré-sent, ne réussissent pas mieux (V. J. ph. 1873).On récolte des cantharides en France ; lecommerce en tire, en outre, de l'Espagne, dela Sicile. Mais c'est surtout la Russie, et enparticulier l'Ukraine, quien fournit le plus au com-merce. C'est à la foire deLeipzig que se traitentsurtout les marchés decantharides. L'Amériqueen possède de nombreusesespèces.

La cantharide (fig. 51)a de 15 à 20 millimètresde long sur lx à 5 d'épais-seur. Antennes noires et^^^^^^^^^^^ filiformes ; le corselet estpetit, carré, et moins large que l'abdomen ; lesélytres sont longues, flexibles, d'un beau vertbrillant et doré, ainsi que le reste du corps ;elles recouvrent des ailes membraneuses, trans-parentes.

Elle contient, selon Robiquet : 1° une huilegrasse, verte, fluide, non vésicante ; 2° unematière jaune inerte ; 3° de l'acide Brique ;h° de l'acide acétique; 5° des phosphates dechaux et de magnésie; 6° enfin de la cantha-ridine, à laquelle elle doit ses propriétés, etqui se trouve indistinctement répandue danstoutes les parties du corps, mais en plus forteproportion dans la tête et les antennes {Ferrer);elle donne 5°/o,79 de cendres (V. Un.ph. 1867;J. ph. 1873).

La cantharidine, constituée par des prismesrhomboïdaux ou des lamelles incolores et bril-lantes, est une substance neutre, azotée (Lis-soude), blanche, inodore, solflble dans l'alcoolbouillant, l'élher, le chloroforme, l'acétone, lescorps gras, les huiles grasses et volatiles ; inso-luble dans le sulfure de carbone (Mortreux),

insoluble dans l'eau, mais seulement à l'étatpur (V. J. ph. 1873) ; car, en traitant la can-tharide elle-même par l'eau, la cantharidine s'ydissout à la faveur de la matière jaune ; elle estneutre aux papiers réactifs, fond à 218°, puisse sublime, sans décomposition, en cristauxaiguillés. Elle peut former avec les bases descombinaisons définies ou Cantharidates (V. rn.ph. 1868 ; J. ph. 1873) ; le cantharidate depotasse, insoluble dans l'élher et le chloro-forme, a été employé par MM. Delpech et Gui-chard pour préparer une nouvelle forme devésicatoire (V. ce mot).

On obtient la cantharidine en épuisant lapoudre de cantharides par du chloroforme quidissout la cantharidine et les matières grasses.On distille au B.-M. pour retirer le chloroformeet on traite l'extrait chloroformique par le sul-fure de carbone qui s'empare dos corps grassans toucher à la cantharidine qu'on dissoutà chaud dans le chloroforme : on laisse cris-talliser. (Codex.) Ce procédé d'extraction peutégalement s'appliquer au titrage des cantha-rides (FumoHïe). On obtient aussi la canthari-dine à l'aide de l'éther acétique (ûalippey, dela benzine. 100 p. de cantharides pulv. doiventfournir 0,i0 à 0,50 de cantharidine.

La cantharide n'est pas le seul insecte quijouisse de la propriété vésicante ; plusieursautres coléoptères qui la possèdent aussi, maisà un degré moindre, ont été employés, danscertaines circonstances, comme succédanés :

Le Mylabre de la chicorée; Mylabris cicorii,L. Coléoptèrc plus petit que la cantharide, noir,velu, avec trois bandes jaunes et dentées. Ilest surtout commun dans le midi de l'Europe.Il vit sur la chicorée et les chardons. Quelquesauteurs prétendent que c'est la cantharide desanciens. 11 paraît très-abondant dans quelquescontrées de l'Inde (le Dekan, le Mysore et leGuzerat), il remplace complètement la can-tharide ; il est fréquemment usité en Chine. Ilcontient 0°/ o ,l de cantharidine (Ferrer)? lemylabris cichorii de la Chine en contient 1 °/ 0(Maisch). Le Mylabris rubripermis a paru, il ya quelques années, sur le marché de Londressous le nom de Cantharide de Chine. On a égale-mont vendu sous ce dernier nom \eSucchys san-guinea, mais son action vésicante est très infé-ricureà celle Au Mylabre de la chicorée. LeJtfe-loe ou ver de mai; Meloe maialis, Otiv., et le.Proscarabée , Scarabée, Cantarelle; Meloe pro-scarabœus, L. insectes sans ailes, plus grandsque les cantharides. Le dernier est l'un desBuprestes mentionnés par les naturalistes del'antiquité. On les trouve l'un et l'autre auprintemps, notamment sur les rammeulus etles veratrum. En Allemagne, ils sont très-réputés contre la rage. On prépare avec cesdeux espèces de meloê, et d'autres encore