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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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CAMPHRE MONOBROME.

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se manifester avec une aiguille propre qui au-rait touché la chevelure, le nez ou le frontde l'observateur.

Le camphre que l'on fait passer en vapeursur de la chaux à la température rouge.se con-vertit en un liquide nommé camphrone.

Les anciens ne disent rien du camphre. Cesont les médecins arabes, Aétius, Avicenne,Sérapion, qui les premiers le mentionnent.Mais ils n'en connaissaient pas l'origine. Agri-cola fit connaître qu'il provenait d'une lauri-née. Camphre est le mot arabe càfour, qui a lamême signification.

C'est un médicament extrêmement précieux.A petites doses, il jouit de propriétés sédatives;à hautes doses, c'est un excitant énergique.On l'emploie journellement dans les névral-gies, les spasmes de la vessie, l'épilepsie, lachorée, l'odontalgie, l'hystérie, le typhus, dansles maladies atoniques, putrides, vermineuses,les affections rhumatismales.

On attribue au camphre la-faculté de calmerles douleurs des voies urinaires, surtout cellescausées par l'action des cantharides ; c'est pourcela que les praticiens font quelquefois saupou-drer de camphre les Yésicatoires. La poudrede camphre a été recommandée pour le pan-sement du chancre primitif. (Champollion.)

Le camphre se donne intérieurement et exté-rieurement en nature, ou suspendu ou dis-sous dans des liquides appropriés. On le pres-cril seul ou associé a d'autres substances : àl'opium, à la jusquiame, à la valériane, dansles névroses ; au gaïac, dans le rhumatisme,la goutte ; au mercure, dans les affections sy-philitiques; au quinquina, dans les fièvres pu-trides; au nitre, dans le priapismc; aux pur-gatifs, dans le météorisme avec atonie ducanal intestinal. Il a été administré dans lesfièvres à type typhoïde. Associé à l'opium, ilest diaphonique. Il tue les larves d'insectes.

Le camphre a longtemps passé pour ana-phrodisiaque ; son odeur a souvent, dit-on,produit cet effet, d' ce vers de l'école deSalerne :

Camphora per narcs castrat odore mores.

Formes pharmaceutiques. foudre*, eau,eau-de-vie*, alcool*, vinaigre*, éther, sirop, ci-garettes, pommades, huile* camphrés, puis unefoule d'autres prépar. camphrées composées.

Dose : en substance, de 5 centig. à 8 gr. etplus. Collin en a porté inconsidérément ladose jusqu'à 60,0 par jour dans les fièvres demauvaise nature. Mais on peut causer l'intoxi-cation à cette dose et même à beaucoup moins.

Raspail a érigé le camphre en une panacéeuniverselle. Ses recherches l'ayant amené, dit-il, à admettre que le plus grand nombre desmaladies émanent de l'invasion des parasites(animaux) internes et externes, et de l'infec-

tion par les produits de leur action désorga-nisatrice, et le camphre étant un poison pources créatures microscopiques, il en conclutque cette substance est le remède général denos maladies. Aussi l'administrait-il soustoutes les formes et outre mesure; mais ilfaut reconnaître qu'en insistant avec raisonsur les propriétés antiseptiques et parasiticidesde cet agent, il a rendu quelques seniees.

Il existe une sorte de camphre nommé cam-phre de Bornéo, qui est l'objet d'un grand com-merce dans les différents archipels de l'Indeet de la Chine, mais qui n'arriye pas en Europe,à cause de l'estime toute particulière qu'on luiaccorde dans ces pays, et de son prix plusélevé. C'est le véritable Capour barros desMalais. Cette sorte de camphre est fournie parle Dryedialanops camphora (guitifères), arbrequi croît spontanément à Bornéo et à Suma-tra. Ce camphre exsude naturellement de l'ar-bre, dans les cavités et sous l'écorce duquelon le trouve sous forme de masses cristalliséesplus ou moins grosses. Mais ce n'est que lors-qu'il est vieux que cet arbre fournit du cam-phre. Jeune, il donne, par incision, un liquidejaune pâle, d'une odeur forte de caisjihra, etnomme /««7e de camplire ou camphre Hqnidtpar les naturels, bien qu'on ne l'ait trouvéformé que d'une huile essentielle (Bornééne)(94 °/) et de résine (6 °/ 0 ). (Un. ph. 1868.)Les Chinois possèdent une autre espèce decamphre qu'ils nomment Nghai qui est retiré duBîumea balsamifera (Synanthérées).

Le camphre de Bornéo (Bornéol des chimistes)est blanc, translucide, plus lourd que l'eau(1009), friable, et peut se pulvériser sans ad-dition d'alcool ou d'éther. A l'état brut, il estsous forme de grains ou de lames très-propres.Il est moins volatil que le camphre ordinaireet peut être converti en camphre ordinaire paraction de l'acide nitrique.

On retire des baies du Laurus camphoraune huile grasse, analogue à celle que l'on re-tire des baies du Laurus nobilis, que les Japo-nais emploient à l'éclairage, et que Cullen ditutile contre le rhumatisme.

En faisant arriver du gaz chlorhydrique dansde l'essence de térébenthine, on obtient unesubstance chlorée qu'on a nommée camphreartificiel, mais qui n'a du camphre que l'aspect.

Camphre monobromé.

{Bromure de camphre) C-°H ,5 BrO-.On introduit du camphre pulvérisé Q. V.dans un ballon ayant une capacité environ dixfois plus grande que le volume de la substanceà préparer ; on fait tomber ensuite sur cettepoudre, en agitant sans cesse, un filet debrome liquide, et l'on cesse d'en ajouter dèsque le camphre est liquéfié.