328
CAMPHRE.
Pour obtenir le camphre du Laurûs cœmpho-ra, on réduit en copeaux, tronc, branches et ra-cines ; on les fait bouillir avec de l'eau dansdes pots de fer recouverts de chapiteaux, gar-nis intérieurement de paille de riz, sur la-quelle le camphre vient se condenser ; on le re-cueille, et on l'envoie le plus souvent en Eu-rope a cet état sous le nom de camphre brut;il est alors sous la forme de grains grisâtres,d'a c pect plus ou moins sale, agglomérés entreeux comme huileux et mêlés d'impuretés. Telest, selon Thunberg, le procédé suivi à Satsou-ma et à Gotho, au Japon. Dans l'île de Formose,en Chine, où l'on récolte beaucoup de cam-phre, le procédé est le même. — On exportede Formose beaucoup de planches de bois decamphrier servant à la fabrication de meublesà l'abri des insectes ; le commerce en estconsidérable.
Le camphre brut a besoin d'être purifié. LesHollandais ont eu pendant longtemps le mono-pole de ce raffinage; mais aujourd'hui on lefait en Fiance. A cet effet, on mêle le camphrebrut avec un peu de chaux, et l'on sublimedans des malras à fond plat, à la chaleur du]»ain de sable (fig. 50), ou bien encore on dis-tille dans un alambic particulier. Le camphredu Japon perd au raffinage de 1 à h °/ 0 ; celuide Chine, 5 à 6 "/„. (V. Un. ph. 1868.)
Le camphre raffiné est en pains de 1 à 2 kil.,ayant la forme d'un plateau de balance. Il estblanc, très-onctueux au toucher, fragile; sa(Fig. 50.)
cassure est brillante, sa texture cristalline, sasaveur chaude et piquante, son odeur vive etpénétrante; sa densité est de 0,989; point defusion 175°; point d'ébullition 20'i. Le cam-phre se volatilise même à la température ordi-naire, mais il se volatilise à-(-63° avant de
fondre. Il ne se pulvérise bien qu'à l'aide del'alcool, et mieux encore de l'éther.
Il est peu soluble dans l'eau (1/870) ; cepen-dant celle-ci acquiert fortement l'odeur etla saveur camphrées. L'eau chargée d'acidecarbonique dissout une proportion de camphrtbeaucoup plus forte. Il en est encore de même,chose assez remarquable, de l'eau que l'on fai-bouillir pendant longtemps avec lui. On supepose que la préparation, connue en Angleterresous le nom de Toicer's solution of camphor,est préparée par ce moyen. Le lait, selon Cas-sels, peut dissoudre, à l'aide de la trituration,jusqu'à 1/8 de son poids de camphre, et celui-cin'est pas précipité par une addition d'eau. Lecarbonate de magnésie (1 partie sur 8) faciliteaussi singulièrement la suspension du camphredans l'eau.
L'alcool dissout environ son poids de camphre;en ajoutant de l'eau à ce soluté le camphre enest précipité sous forme de poudre floconneuse{magistère de camphre). Fn soluté alcooliquesalure à chaud laisse déposer le camphre, parrefroidissement, en jolis cristaux. Le camphreest soluble en grande proportion dans l'éther,le chloroforme, dans les huiles fixes et volatiles,dans le sucre, les graisses et les résin es fondues,etc. La solut. éthérée de camphre semble pro-duire une anesthésie locale (Clause); il paraîten être de même d'un mélange, à parties éga-les, de camphre et de chloroforme (Martcnot).Les alcalis sont sans action, manifeste sur lecamphre. La chaux sodée, l'hydrate de potassetransforment le camphre en acide campholiquesous l'influence d'une température élevée etd'une forte pression ; les agents de déshydra-tation (acide phosphorique anhydre, chlorurede zinc), en Cyméue, hydrocarbure que l'oxy-dation convertit en thymol ou acide thymique(Putt). L'acide sulfurique concentré le dissouten se colorant en noir, et l'eau en précipiteune huile nommée camphréne; l'acide nitri-que, en acide camphorique et en huile ditede camphre. Il absorbe ilxk fois son volumede gaz acide chlorhydrique, qui le résout enun liquide incolore; l'acide acétique le dissoutsans lui faire éprouver de changement. Il secombine au brome, a l'acide phénique, auchloral, etc.
Prévost, de Genève, Carradoci et Dutrochet,ont observé que le camphre projeté à la sur-face de l'eau éprouve des mouvements gira-toires, qui cessent par l'addition de la pluspetite trace d'un corps gras. Si, tandis que larotation du camphre a lieu, on touche au centrela surface de l'eau avec la plus petite parcelled'un corps gras, le mouvement s'arrête et lecamphre est repoussé vers les parois du vase.Cette réactien est, paraît-il, assez délicate pour