Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
288
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

288

BAUME DU PÉROU.

H

chaque année et le même arbre offre parfoisdeux ou trois cavités. La production de baumede Gurgun est si considérable que les Indiensl'emploient aux usages les plus variés. SuivantRoxburgh, un arbre peut fournir 150 à 2000kilos de baume. Un arbre abattu en pleine vé-gétation laisse exsuder l'oléorésine concrétécen une substance qui a l'aspect du Camphrede Dryubalanops ; c'est le Guad.

Le baume de Gurgun, ou Wood-oil a étéintroduit dans la matière médicale indiennepar O'Sliaugnessy en 1868; il a été importéen Europe sous le nom de baume de Copahude l'Inde. — On l'a recommandé contre lalèpre et les maladies de peau, les affectionsgonorrhéiques, leucorrhéiques, les maladiesdes reins et de la vessie. C'est un succédanésérieux du Copahu.

Le baume de Gurgun est liquide, de con-sistance épaisse et très-visqeuse, doué d'unefluorescence très-apparente. Opaque, gris-verdàtre par réflexion, rouge-brun par ré-fraction. Amer, aromatique, sans l'àcreté duCopahu; son odeur rappelle celle de ce dernieravec moins d'intensité. Plus fluide que l'huiled'olives et plus lourd (pie le Copahu (D. 0,964).Soluble dans la benzine, le chloroforme, lesulfure de carbone et différentes huiles essen-tielles; en partie dans l'alcool ainylique, l'élber,l'acétone. Chauffé à 130° en vase clos, il de-vient gélatineux, ne reprend plus sa fluiditécomplète et se solidifie à 220° ; ce que ne faitpas le baume de Copahu.

Comme toutes les oléorésines, le baume deGurgun se compose d'une huile essentielle(37 p. 100), et d'une résine. La résine commecelle de Copahu, contient un acide cristallisa-ble (oc. gurjunique Werner).

Tels sont les caractères principaux de cettedrogue dont la production est tellement abon-dante aux Indes Orientales qu'il n'y a guèreà s'occuper des sophistications. Il y a toute-fois, le nom de Wood oil qui pourrait donnerlieu à des malentendus, l'huile de bois s'ap-pliquant à des produits oléagineux de naturedifférente. C'est ainsi qu'il y a le Wood oitchinois, de Chine et du Japon, d'un usagetrès-répandu pour les laques et vernis, quin'est pas une oléorésine, mais une huile grassesiccative retirée de VAleurites cordata (Eu-phorbiaeées). Celte huile est peu employée enmédecine, car, contrairement aux autres hui-les des Euphorbiacées, elle ne possède qu'unepropriété purgative faible analogue à celle deVAleurites triloba (O'Rorke).

On appelle encore Wood oil un baume qu'onretire d'une légumineuse, le Hardwickia pin-nain, Roxb., voisin des Copaîfera et qui res-semble beaucoup au Copahu. Il n'est pas fluo-rescent, ni gélatinisé, ni troublé à 130°.

Fluckiger et Hanbury indiquent un moyenfacile de distinguer les trois baumes ci-dessus :On met une goutte de baume et 19 gouttes desulfure de carbone dans une éprouvette; ajou-tez PE d'acide sulfurique et azotique concen-trés en agitant : Copahu, teinte beau brun rou-geâtre avec dépôt de résine sur les parois dutube. Baume de Gurgun, rouge-pourpre in-tense, violet au bout de quelques minutes.Oléorésine d'Hardwickia , aucune altérationvisible dans la coloration. Ces réactions sonttrès-sensibles dans les huiles volatiles de cesproduits.

Enfin, le nom de Wood oil a été encore ap-pliqué à diverses huiles essentielles, et notam-ment à l'essence de Santal que l'on a recom-mandée,comme succédané du baume de Copahu(Henderson et Pannes). Un autre baume, lebaume deMinjaklagam, a toutes les propriétésdu baume de Gurgun.

Baume du Pérou*.

Baume des Indes ; Balsamum penivianum.

Srh-warzerperuvianisclier balsam, Peruvianischer b.ilsam,al.; Périmai] balsam, Balsam of Peru, ang.; Peri.-wansk balsam, ban.; Balsamo negro, o Peruano, esp.;Permiansche balsem, iiol.; Balsamo del Peru, it.Balsam indyiski, pol.; Balsamo pemviano, POR.; Peru-•vianskoi balsam, nus.; Perubalsam, su.; Pérou pele-Bengbi, tur.

Hernandez, à la fin du dix-huitième siècle,reconnut que ce baume, dont on doit la con-naissance à Monard (1580), provenait du my-roxylum peruifemm (Légumineuses), grandarbre de l'Amérique méridionale, et qui croîtprincipalement à Guatemala, d'où le baume estenvoyé au Pérou ou au Mexique.

Ce baume est de deux sortes :

1° Baume

(Fig. /i6.)

DU PEROU

solide , en coque oublanc. Nouveau, il estdemi-fluide, transpa-rent , jaunâtre. Avecle temps, il brunit etse concrète. Son odeurest des plus agréables;sa saveur est parfu-mée, mais acre et pi-quante.

11 découle sponta-nément ou à l'aided'incisions. Il arrivaitjadis enfermé dans des calebasses ou coquesde cocos. Aujourd'hui il vient en potiches deterre (fig. /i6) entourées de tresses de jonc,du poids de 15 à 20 kil., ou en gallons detôle du poids de à0 à 50 kil. (fig. Ul).

2° Baume du pérou noir ou liquide ^ *.D'après Salle , voyageur français, le myroxy-lum peruifemm serait une liane, et le baumeserait contenu dans le noyau. D'après d'autres

i