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EXÉCUTION DES FORMULES MAGISTRALES.
stances, prise séparément, ne jouit de cettepropriété. D'un autre côté, il est prouvéaussi que les médicaments les plus héroïquesne produisent pas toujours les effets qu'on enattend,taudis qu'associés, ils remplissent par-faitement l'indication. L'augmentation des pro-priétés sudorifiques des antimoniaux par l'as-sociation de l'opium, l'augmentation encore del'action purgative de Paloès par le sulfate dequinine, ou de fer, bien qu'aucun de cesdeux sels ne possède cette propriété, sont deslaits acquis à la science; de plus, le sulfate defer en particulier, tout en augmentant Factionpurgative de l'aloès, la rend plus douce et plusassurée. Le sublimé corrosif, nous l'avons déjàdit, est plus facilement absorbé lorsqu'il estcombiné avec une matière animale azotée; lesulfate de quinine, pris seul, occasionne quel-quefois des diarrhées, tandis qu'associé àl'opium, il est absorbé et produit l'effet voulu.Les ferrugineux ne peuvent être suppor-tés j ar certains chlorotiques, qu'associés auxamers. Pour obtenir la tolérance de l'éméti-que, il faut l'associer à l'opium. L'opium lui-même, qui facilite la tolérance de beaucoupde médicaments énergiques, ne peut souventêtre supporté lorsqu'il est administré isolement,tandis qu'associé à d'autres substances, commedans les pilules de cynoglosse, il l'est parfaite-ment 11 est donc heureux que les médicaments,comme les aliments, puissent être varies, mo-difiés, pour satisfaire à tous les besoins géné-raux, comme aussi à toutes les idiosyncrasies.Nous pensons avoir résolu le problème quenous nous étions posé, c'est-à-dire que nouscroyons avoir prouvé par des arguments irré-futables la nécessité absolue des médicaments,et de plus l'avantage de leur multiplicité. Com-
ment se fait-il donc que le scepticisme (nousne parlons que du véritable) existe sur ce pointde la science ? Nul doute qu'il ne faille l'attri-buer à des diagnostics mal portés, et partantà des médicaments mal indiqués, en un mot àdes revers thérapeutiques. Acculé à ce dernierretranchement, le scepticisme thérapeutiqueest comme tous les autres scepticismes et n'apas de bases plus solides.
D'ailleurs, le praticien vraiment digne dece nom, sait, actuellement, assurer son dia-gnostic, son pronostic et son traitement detoutes les méthodes d'observation. L'analysechimique des fluides animaux, l'emploi duthermomètre, du microscope lui sont devenusfamiliers et dans les cas difficiles, le pharma-cien peut aussi lui venir en aide, en apportantson contingent de connaissances techniques.
En terminant, qu'on nous permette de faireun dernier rapprochement. On a comparé lecorps humain à un appareil de chimie, à unecornue : nous, nous le comparerons, et peut-être avec plus de justesse, à un appareil dephysique très-complexe qui exige pour son ma-niement, pour sou maintien dans des condi-tions normales d'équilibre, une étude profondede son mécanisme. C'est cette étude approfon-die, ce sont les connaissances sans nombre, etde plus le tact très-grand qu'elle exige, quidistinguent le médecin du manœuvre. Recher-chez, en effet, tout ce qui peut influencer lecorps, en bien et en mal, dans les diversesconditions où il peut se trouver, connaissez-en bien tous les rouages, et vous arriverezcertainement à lui imprimer la meilleure mar-che possible à l'aide des nombreux agentsque la nature et l'art ont mis, à cette fin, aupouvoir de l'homme.
DE L'EXÉCUTION
DES FORMULES MAGISTRALES ET DU LIVRE-COPIE
Une formule bien ordonnée, ainsi que nousPavons dit dans un autre chapitre, doit présen-ter les substances dans l'ordre de leur mé-lange, et si le médecin n'a pas tenu comptede ce principe, c'est au pharmacien à l'établirTordre en exécutant la prescription. C'est là,sans contredit, l'un des points les plus impor-tants de la pharmacie pratique, par l'exacti-tude, les soins minutieux de toutes sortes qu'ilexige, afin de donner aux médicaments une
apparence, une saveur et une odeur toujoursidentiques.
L'exécution d'une formule par elle-même,dans les cas ordinaires, est une chose fortsimple ; cependant ce n'est que par une longueexpérience que l'on devient apte, à résoudretous les cas qui peuvent se présenter.
Avant de procéder à l'exécution d'une for-mule magistrale, le pharmacien, ou son élève,doit la lire avec la plus grande attention. Si