Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
187
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

DOSES MAXIMA DES MEDICAMENTS ACTIFS.

L87

de cette lecture il résulte pour lui que le mé-decin a commis quelque inadvertance quipuisse compromettre la sanlé du malade, ildevra, dans l'intérêt du médecin (qui doit aupharmacien les mêmes égards) et du malade,il devra, disons-nous, soigneusement éviterque la personne qui lui remet la formule s'a-perçoive de son embarras ; il devra en outredemander un temps assez long pour l'exécuter,et profiter de cela pour consulter l'auteur dela formule. Autrement, à moins que Terreurne soit de la dernière évidence, et qu'il luisoit impossible de voir le médecin, il ne devrafaire subir aucune modification à la prescrip-tion (l).

Lorsqu'il en aura éclairci tous les points, ilexécutera la formule d'après les régies. Le mé-dicament prêt, avant de l'étiqueter et de lecoiffer, s'il est en bouteille, il en transcrira laformule.

Cette mesure, déjà adoptée par un grandnombre de pharmaciens, mérite de l'être partous ; une foule d'avantages d'ordre et de ga-ranties y sont attachés. Voici comment il con-vient de faire cette transcription. Sur un li\ red'un format convenable, on commence parécrire, sur trois lignes et dans l'ordre suivant,la date du jour, le nom du médecin et celuidu malade ; après cela on transcrit la formulemot pour mot en se servant des mômes noms,écrivant les poids exactement de la mômemanière, afin d'avoir la représentation exactede l'original, et de pouvoir la reproduire aubesoin (2). Quand le médecin a laissé quelquespoints à Vad libitum, du pharmacien, commeun excipient en nature et en quantités indé-terminées, le pharmacien mettra à la fin de lacopie et enb-e deux parenthèses, la substancequ'il aura choisie, la quantité qu'il en auramise. De cette manière, lorsqu'une prescrip-tion se représentera, il pourra l'exécuter exac-tement comme la première fois.

La formule étant copiée, on en fait le prix,que l'on inscrit en marge de la copie, ainsiqu'un numéro d'ordre placé à la hauteur dunom du médecin, et que l'on répète sur laformule et sur l'étiquette. Alors on colle celle-ci sur le médicament, on lui donne le der-nier apprêt ; on le délivre enfin.

Nous avons fait transcrire l'ordonnance

(1) M. Bouchardat n'admet, dans aucun cas, que lepharmacien puisse rectifier une formule. Nous avons pré-féré prendre l'opinion moins absolue de Vée père, donton peut consulter un article très-bien fait sur la matière,dans le Journal des Connaissances médicales pra-tiques et de Pharmacologie. Dans tous les cas, le mé-decin doit être prévenu delà modification apportée.

(2) Pour faciliter les recherches, on pourrait établir àla fin du livre-copie, deux tables alphabétiques donnant,l'une, les noms des médecins, l'autre, ceux des malades.

avant l'achèvement complet du médicament,afin que si l'on s'apercevait en copiant ( et cen'est pas un des moindres avantages de lacopie) qu'on a oublié quelque chose, on pûtréparer l'oubli sans que le client s'en aperçût:car ce qu'il faut éviter surtout, après les er-reurs graves, c'est d'inspirer de la défiance aumalade ou aux personnes qui l'entourent.

On doit transcrire non-seulement les for-mules composées, mais encore les prescriptionssimples, et surtout celles de substances ac-tives.

Une autre considération importante, et à la-quelle le pharmacien doit tenir, c'est : 1° detranscrire sur l'étiquette le mode d'administra-tion que le médecin indique, surtout si le mé-dicament est actif, et, autant que possible, lenom du malade. 2° Quand le médicament estpour l'usage externe, un Uniment, par exemple,malgré l'étiquette uniment, il faut en mettreune autre petite ( de couleur orange. Arr.ministériel, 1856) et à une certaine distance,qui indique d'une manière spéciale : médica-ment pour l'usage externe; et si le médicamentdoit être agité, une autre étiquette portant :aroir soin d'agiter la bouteille au moment des'en servir. On devra conserver aveuglémentau médicament le nom donné par le médecin;on a vu des changements de ce genre, quoi-que bien innocents, tourmenter les maladesau point de les empêcher de prendre le médi-cament, craignant qu'il n'y eût erreur.

Nous avons une dernière observation à fairetouchant l'exécution des formules. Le médecindoit pouvoir compter sur le médicament qu'ilprescrit. Sa prescription faite, son rôle est enquelque sorte fini, il se repose, ainsi que lemalade, sur le savoir et sur la bonne foi, leplus souvent sans contrôle possible, du phar-macien. Un pharmacien qui comprend toutel'importance, toute la gravité de son ministère,sait apprécier toutes les obligations que cetteconfiance aveugle lui impose, en s'en rendantdigne par une fidélité à toute épreuve dansl'exécution des prescriptions magistrales. 11 nesubstitue jamais de lui-même un médicamentà un autre par négligence ou dans un but d'in-térêt sordide ; s'il le fait, ce n'est que lorsqu'ily est en quelque sorte autorisé par les habi-tudes du médecin ou par une absolue néces-sité, c'est-à-dire lorsqu'il n'a pas le médica-ment demandé, qu'il ne peut se le procurer etqu'il sait consciencieusement que le médica-ment substitué produira une action aussi rap-prochée que possible de celui qui a été pres-crit; car c'est un fait prouvé qu'un médicamentn'en représente jamais un autre.

La substitution d'un médicament à un autrepeut avoir des résultats très-fâcheux en cequ'elle peut tromper le médecin sur la véri-