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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

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tains, et qu'il est plus facile de rejeter commeabsurde un problème difficile que de le ré-soudre.

Qui pourrait nier aujourd'hui l'action bien-faisante des médicaments sur l'organisme,quand beaucoup d'entre eux en ont une, pourainsi dire, mathématique? La chirurgie ocu-laire refusera-t-elle à la belladone la propriétéde dilater la pupille, alors même que cettesubstance, produisant son effet, distend consi-dérablement cet organe et facilite au chirur-gien une opération'/ Diia-t-on que la contrac-tion produite par son antagoniste, la fève deCalabar, est une fiction".' Refusera-t-on à l'o-pium sa vertu calmante, par la raison qu'unexcès de dose agite? La propriété antipério-dique du quinquina ou de son principe actifpeut-elle être rejetée, quand l'heure de lalièvre en ne sonnant pas vient dire que soneffet est produit? La spécificité des mercuiiauxest-elle à mettre en doule? Le tartre slihién'est-il pas un émétique; le fer un antichlo-rotique? Le jaborandi un sialagogue et unsudorifique? En vérité ce serait nier le mou-vement.

Quelques sceptiques à demi diront : nousacceptons l'action de ces médicaments, maisnous rejetons celle de tous les autres qui en-combrent inutilement les rayons de la matièremédicale. Loin de nous l'intention de chercherà affirmer l'action médicale de toutes lessubstances présentées comme en possédantune, comme l'utilité de toutes les formulesenregistrées dans notie Dispensaire; nous di-rons même, quitte à passer pour un espritfort, que nous croyons très-peu à l'utilité thé-rapeutique d'un nombre assez grand d'entreelles. Nous eussions pu ciler encore une cen-taine de substances dont les propriétés mé-dicinales sont tout aussi évidentes, tout aussicatégoriques que celles des médicaments quenous avons nommés; mais parce que les pro-priétés de ces substances, autres que cellesque nous avons mentionnées, ne sont pas aussinettement constatées, qu'elles n'ont pas, sinous pouvons nous exprimer ainsi, une consé-cration scientifique, faut-il donc les rejeter,alors même que l'expérience pratique en a ob-tenu de bons effets? Tel n'est pas notre avis.De ce que l'on guérissait le goitre et les scro-fules avec les éponges bridées, avec des algues,quelques siècles avant qu'on sût à quel prin-cipe particulier attribuer ce résultat, c'est-à-dire bien avant la découverle de l'iode, donton ne contestera pas, nous l'espérons, les pro-priétés; de ce que l'on guérissait le racliitismeet les scrofules encore avec l'huile de foie demorue, avant qu'on sût qu'elle contînt de l'io-dure de potassium, ce qui prêtait cependantbien au ridicule; de ce que, enfin, dans beau-

coup de cas analogues, on employait d'unemanière empirique des substances dont iesprincipes actifs sont aujourd'hui isolés et dontl'histoire thérapeutique est parfaitement con-nue, concluons qu'il faut accorder beaucoup àl'expérience, et conséquemment admettre l'ac-tion thérapeutique d'une foule de corps, la-quelle, bien que n'étant pas parfaitement ex-pliquée, pourra l'être un jour. Les eaux miné-rales naturelles nous fournissent des exemplesà l'appui de notre proposition. En effet, chaquejour et à chaque nouvelle analyse qu'on en fait,on découvre des principes qui avaient d'abordpassé inaperçus et qui permettent d'expliquerdes actions thérapeutiques auparavant inex-plicables; puis enfin, n'est-ce pas l'empirismequi a fait découvrir les propriétés de tous lesmédicaments, quels qu'ils soient?

Nous irons plus loin. On a vu des substancesmédicamenteuses employées dans les mêmescas chez des peuples entièrement difféients demœurs, et entre lesquels il n'existait aucunerelation. Les propriétés fébrifuges de l'acidearsénieux. parexemple, avaient été découvertespar les Chinois bien avant qu'on les connût enEurope, et ce n'est qu'après qu'on en eut faitl'application chez nous, qu'on sut que les Chi-nois s'en servaient aussi; ils en connaissaientles propriétés toxiques avant que nous connus-sions ce corps. On a déjà plusieurs exemplesd'affections, comme le goitre, les lièvres, lalèpre, endémiques dans quelques contrées, quiménagent cependant les habitants de certaineslocalités situées au sein même de ces contrées,et dans lesquelles l'analyse chimique, en décou-vrent dans les eaux des rivières ou fontainesdes lieux privilégiés, des proportions infinitési-males, soit d'iode, soit d'un composé arseni-cal, est venue donner l'explication de ces ap-parentes anomalies. Des animaux ont faitdécouvrir les propriétés de quelques médica-ments. Nous venons de parler des animaux :ils nous fourniront un argument de plus à l'ap-pui de l'action curative des médicaments. Quel-ques personnes refusent aux eaux minéralesles propriétés qui les font employer, et n'ac-cordent qu'à la seule distraction qu'amène le 'séjour aux sources les cures que les maladesy trouvent. Sans rejeter la puissante influencede la distraction, sans nier même qu'elle nesoit tout dans quelques cas, il suffit de réfléchirun instant pour reconnaître que, dans la gué-rison d'affections réelles, bien caractérisées,l'action bienfaisante des eaux est aussi mani-feste que le jour. Si dans cette circonstanceon refuse le témoignage de l'homme commesusceptible d'être entaché d'illusions, nousavons les animaux pour l'attester. Tous les ans,en effet, ne voit-on pas des chevaux atteintsde fourbure, d'engorgements aigus ou dire»