Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
180
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

180

ART DE FORMULE».

caments doivent être administres à doses crois-santes pour qu'ils continuent à produire l'effetdésirable. L'opium présente des exemplesremarquables d'accoutumance. Certains ma-lades ont pu arriver à prendre jusqu'à 10 gram-mes et plus de cette substance par jour, quandla vingtième partie de cette dose suturaitpour tuer tout individu qui la prendrait d'em-blée. Dans le tétanos, un gramme d'opiumet plus a pu être donné en une dose, et répétéplusieurs l'ois, toutes les deux ou trois beures,sans effets remarquables. Les theriakis et lesar-smicopftogessontdes exemples d'accoutumance.

Le mercure ne produit que difficilement lasalivation dans la fièvre. Des médicaments beau-coup moins nombreux, il est vrai, augmententd'effet par un usage prolongé ; tel est le cas decertains purgatifs, de l'émetique, des prépara-tions de plomb, dont l'activité augmente pro-portionnellement à la prolongat. de leuremploi.

Ce pouvoir de l'habitude, qui fait que l'actiond'un médicament diminue de jour en jour, nedoit pas être interprété par la diminution depropriété de celui-ci, mais bien parle change-ment d'état des parties sur lesquelles il exerceson action. On sait que la force de l'habitudepeut émousser la puissance des poisons les plusviolents ; mais on sait aussi que cela ne veutpas dire que le poison cesse de l'être pou:' unindividu qui ne serait pas comme mis en me-sure d'y résister. Le fait physiologique qui nousoccupe démontra qu'il est d'une lionne-thode, lorsque l'usage d'un médicament doitse prolonger longtemps, de prescrire des dosesascendantes au début, d'en suspendre l'admi-nistration de temps en temps, ou bien encorede changer le mode d'administration, t'n mé-dicament n'agit plus surl'estomae, administrez-le en lavement : il a conservé toute son actionsur la membrane intestinale.

La tolérance n'est pas la même ebose quel'habitude. Celle-ci persiste tant qu'on admi-nistre la substance ; la tolérance cesse quel-quefois tout a coup, et les symptômes d'em-poisonnement se révèlent : on s'habitue àl'opium, on tolère les antimoniaux.

La digitaline demande des soins extrêmes,si l'on ne veut pas voir surgir des accidentsd'intolérance grave. L'acide arsénieux donnelieu aux mêmes accidents, mais moins facile-ment, et on p^:it prévoir l'intolérance, à lacongestion de la peau, à un état fébrile, quien sont les précurseurs. Il est probable quetous les médicaments énergiques qui donnentlieu a l'accumulation ou localisation sont dansle même cas.

Dans l'administration des médicaments, plu-sieurs autres particularités relatives aux dosespeuvent encore, se présenter. Il pourra arriverqu'un médicament, bien qu'administré A doses

convenables, donnera lieu à des accidents qu'onpourrait attribuer à un excès de dose, tandisque ce n'est que le défaut d'accoutumance.Ainsi l'arnica, à quelque dose qu'on l'admi-nistre, trouble quelquefois le canal alimentaire;le camphre, l'asa-fœtida, causent de même acertaines personnes des malaises pénibles quel'on voit cesser en persistant dans leur admi-nistration. Par contre, il peut arriver qu'onattribue à une ('ose insuffisante une recrudes-cence du mal, et alors qu'on augmente la dose,quand il faudrait, au contraire, rapporter l'ag-gravation des symptômes à l'effet physiologiquetrop prononcé du médicament, dont on devraitréduire la dose ou même suspendre l'emploi.Voilà des circonstances dans lesquelles le pra-ticien doit s'attacher à reconnaître la réalitédes choses, et dans lesquelles sa propre expé-rience le guidera plus sûrement que tous lespréceptes qu'on pourrait établir sur ce sujet.

Du scepticisme en thérapeutique.

Nous sommes déjà loin de la doctrine phy-siologique, c'est-à-dire de l'époque la ma-tière médicale, réduite à sa plus simple expres-sion, se composait de trois agents : l'eau, lagomme et les sangsues. Ce système, qui a faittant de bruit, qui a compté un si grand nombred'adeptes, tellement il semblait être l'expres-sion môme, de la vérité, n'est plus aujourd'huiqu'une théorie médicale savamment dévelop-pée et energiquement soutenue, jusqu'à samort, par son tenace et remarquable auteur.Notre lâche sera donc d'autant plus facile, quenous n'avons à combattre qu'un petit nombred'athées qui niant franchement toute actionbienfaisante aux médicaments, et, il faut ledire, une masse, assez imposante d'esprits in-décis sur ce point.

Peut-être eût-il fallu, pour que cette ques-tion fût plus efficacement et plus convenable-ment traitée, que l'auteur se trouvât dans uneposition en apparence plus désintéressée : il sepourrait en effet qu'on nous accusât, qu'onnous permette une locution triviale, iepréeherpour notre suint. Soit. Mais n'est-il pas vrai(pie si nos arguments sont irrécusables, dé-duits de la saine logique, ils n'en auront pasmoins toute leur valeur? Celte considérationnous a fait passer par-dessus les scrupules quenous pouvions avoir à cet égard.

Quelques médecins, sous prétexte de scep-ticisme, ne formulent jamais ou presque jamais;ils ne croient pas aux médicaments, ou, ce quirevient au même, ils font, comme ils disent,de la médecine expectante. Nous venons d'ad-mettre tout à l'heure qu'il y avait des hommesvraiment sceptiques ; mais pour exprimer fran-chement toute notre pensée, nous dirons aussique nous croyons peu au scepticisme de cer-