ART DE FORMULER.
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pénètre dans le canal intestinal et détermine,en l'irritant, un effet purgatif. Ce que nousdisons là du sulfate de soude, nous pourrionsle dire des autres sels de soude, de reux depotasse, dertiagnésie, dont l'acide serait l'acidesulfurique, phosphorique, azotique, chlorhy-drique. L'action produite serait la même, àpart toutefois l'intensité.
Si le charbon, qui est complètement inso-luble, même dans les liquides de l'économie,si le soufre qui, à la vérité, est bien un peuattaqué, par ces mômes liquides, ont un effetpurgatif à liante dose, il faut uniquement lerapporter à l'action mécanique irritante de cescorps sur le tube intestinal.
In point sur lequel nous devons aussi ap-peler l'attention des praticiens, c'est que l'ef-fet dynamique des médicaments, surtout deceux qui sont insolubles, n'est pas toujours enraison directe de la dose employée. C'e^t envain que, pour détruire plus promptement unétat chlorotique, on forcerait des doses de li-maille de fer ou des oxydes de ce métal. Lesuc gastrique n'ayant qu'une certaine acidité àla fois, ne pourra salifier qu'une faible portiond'une grande masse de ces substances, tandis. que l'excédent traversera le tube digestif sansproduire d'effet, si ce n'est assez soinent uneirritation fâcheuse. Aussi est-ce une chose gé-néralement reconnue en pratique, que danstous les cas où le médicament doit être ab-sorbé pour produire l'effel qu'on en attend, desdoses faibles, mais souvent répétées, donnentdes résultats et plus prompts et plus satisfai-sants, Cependant, s'il faut considérer ce prin-cipe comme vrai dans un très-grand nombrede cas, il n'est pas général; ensuite, il faut segarder, mémo dans le cas où il a toute sa jus-tesse, de le pousser jusqu'à la posologie ho-mœopathique.
En général, un médicament par un excès dedose peut agir comme poison ; mais seule-ment en général, car il est des médicamentsmême actifs qui, administrés en quantités plu-sieurs fois au<si grandes que la dose à laquelleils produisent le r-ummmn de leur effet théra-peutique, n'agissent pas comme toxiques, et,chose à remarquer, ne produisent pas un effetplus grand par cet excès de dose : l'aloès etl'ipécacuanha sont dans ce cas. Quelques sub-stances ont même leur action diminuée parun excès de dose : 1 gramme de scammonéepurge généralement mieux que 2 grammes; etassez souvent 15 grammes d'huile de ricin,mieux que 30 grammes. Ces considérationsdoivent faire désirer bien vivement une étudesérieuse de ce que nous nommerons : la Balis-tique des médicaments.Les considérations auxquelles il importe en-
core d'avoir égard dans la fixation des quan-tités sont : l'âge, le sexe; l'habitude, la tolé-rance, et une foule d'autres que le praticienpeut seul apprécier convenablement.
Par rapport à l'âge, Gaubius a dressé un ta-bleau pour les doses à employer. Nous ne sau-rions mieux faire que de le reproduire.
Pour un adulte, on donne la dose entière eton la prend pour unité ; pour les autres âgeson suit la gradation suivante :
Au-dessous d'un an 1/16 A sept ans.......... 1/3
à 1/12. Aquatorzeans....... 1/2
A deux ans......... 1/8 A vingt ans......... 2/3
A trois ans.......... 1/6 De vingt a soixante
A quatre ans........ 1/4 ans............... 1
Au-dessus de soixante ans on suit la grada-tion inverse.
Pour les femmes, on prescrit ordinairementdes doses plus faibles que pour les hommes.Hufeland a établi le tableau suivant :
Années. 23, 20, 1S, 14, 13, 12, 11, 10.
Doses. 40, 33, 30, 29, 28, 27, 26, 25.
Années. 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1.
Doses. 24, 23, 22, 21, 20, 18, 16, 13, 10.
Mois. H, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 1/2.Doses. 9, 8, 7, 6, S, 4, 2, 1.
Il y a quelques remarques à faire relativementaux doses chez les enfants. En effet, tandis queles médicaments à doses faibles n'ont aucuneaction sur les adultes, ils font mal aux enfants;il en est d'autres, comme le calomel, parexemple , que ceux-ci peuvent supportermême à plus fortes doses que les adultes.Toute proportion gardée, ils supporteront éga-lement une dose de drastique plus grandeque l'adulte, mais ils seront plus affectés parl'opium.
La dose des médicaments doit varier un peuselon les pays. Les Anglais ne supportent pasles mêmesdosesde digitale,d'antimoniaux,etc.en Italie, que chez eux.
La dose doit encore varier selon les surfacessur lesquelles le médicament sera appli-qué. Il faut, en général, des doses moindrespour la surface gastrique que pour l'intesti-nale ou pour la peau. La dose en lavementdoit être le plus souvent double ou même triplede celle qu'il faut pour un médicament ingérépar la bouche.
Les doses indiquées dans les formules de ceDispensaire sont, à moins d'une spécificationparticulière, celles pour l'adulte. Nous pré-viendrons en même temps que les doses indi-quées à l'histoire de chaque substance médi-cinale sont, en général, celles qu'il convientd'administrer dans les vingt-quatre heures.
Sous le rapport de l'habitude ou accoutu-mance, il faut se rappeler que certains médi-