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ART DE FORMULER.
ceux indiqués précédemment comme solubles,les phosphates, les borates, les sulfures descinq dernières sections et les iodures des troisdernières seulement, sont insolubles dans l'eau.
Le soin que nous avons eu d'indiquer, dansle cours du Dispensaire, les incompatibles à lafin de l'histoire de chaque substance, suppléeraà ces règles, dans les cas où des données géné-rales ne sont pas possibles.
A l'incompatibilité chimique se rattache unequestion importante de laquelle nous croyonsdevoir dire un mot : nous voulons parler desréactions qui peuvent avoir lieu par suite del'ingestion d'un médicament après un autremédicament, même après quelques jours d'in-tervalle. Sans toucher au fond de la questionde la localisation ou stagnation du poison, àlaquelle les particularités dont nous avons ànous occuper ont cependant trait, nous dironsque le tube digestif, dans certains cas, resteimprégné quelquefois pendant plusieurs joursde l'agent thérapeutique ingéré. Ainsi, il estdémontré aujourd'hui que si l'on administreune préparation d'iode après du calomel, il yaura formation d'iodure de mercure au seinde l'économie, et le malade salivera. Que l'onfasse boire de la limonade tartrique aprèsl'emploi des antimoniaux, il y aura productiond'émétique, et par suite vomissements, outout au moins des nausées. Que l'on admi-nistre du chlorate de potasse, puis de l'iodurede potassium, il se produira dans l'économiede l'iodate de potasse, composé vénéneux,réaction qui tir se produit pas dmis les con-ditions ordinaires du laboratoire {Un. ph..,1866, p. 310). Ces faits, que nous pourrionsmultiplier, ne se produisent pas seulementà l'intérieur, mais aussi à l'extérieur. Eneffet, si un malade, après des frictionsd'onguent napolitain, vient quelque tempsaprès à se frictionner avec de la pommadeiodurée, il y aura formation d'iodure de mer-cure et de potasse caustique, et celle-ci déter-minera une vésication à la partie frictionnée.La mémo chose arriverait si, au lieu de fric-tions d'onguent napolitain, il y avait eu pré-cédemment application d'un emplâtre de Vigo.Un malade qui aurait été soumis à un traite-ment saturnin extérieur et même intérieurpourra, s'il est soumis quelques jours après àun traitement par le soufre, prendre passagè-rement une coloration bise ; ce sont là deseffets dont nous avons été témoin. 11 fautdonc admettre que les agents thérapeutiques,avant d'être éliminés, peuvent quelquefois sé-journer dans les espaces intercellulaires pen-dant un temps plus ou moins long. L'expé-rience chimique a, en effet, constaté qu'onpouvait encore trouver dans les urines de l'io-dure potassique, trois jours après son inges-
tion ; que les sels d'antimoine pouvaient yêtre reconnus huit ou dix jours après la ces-sation d'un traitement par ces composés.
Certaines substances sont antagonistes pardifférence d'action physiologique et ne peuventêtre associées entr'elles, a moins qu'on neveuille utiliser cet antagonisme comme con-tre-poison par exemple. (Test ainsi que dansles derniers temps, plusieurs médicamentsprécieux et actifs ont été étudiés à ce pointde vue, surtout en injections hypodermiques.VEsérine qui contracte la pupille est antago-niste de F Atropine et de la Duboisine qui ladilatent; l'A tropine et la Duboisine qui assèchentles glandes salivaires et cutanées sont antago-nistes de la Pilocarpine ou de. Jaborandi, quiprovoque la sueur et la salivation. L'opium estantagoniste de l'atropine ; et cette dernièreavec la Duboisine sont antagonistes de laMuscarine en détruisant l'action paralysantede celle-ci sur les battements de cœur ; etc.
Dose des médicaments ou posologie
La fixation des doses des agents thérapeu-tiques est l'un des points importants de l'artde formuler. En effet, le médicament étantbien choisi pour la forme pharmaceutique,l'agent principal, et péchant par le dosage,n'en serait pas moins très-défectueux.
C'est un fait avéré en thérapeutique, que lesmédicaments ont des effets physiologiques quivarient d'intensité, et sont quelquefois mêmeopposés, selon les doses, auxquelles ils sontadministrés. L'émétique est un contro-stimu-lant à la dose de i décigrammes à un gramme,c'est un vomitif à celle de 5 à 15 centigram-mes, et un purgatif à celle de 5 centigrammespris dans une grande quantité de liquide.Le sulfate de soude à haute dose est un pur-gatif; à faible dose, il est diurétique. L'azotatede potasse est dans le même cas. Le calomel,h doses très-réfractées, est un altérant ; à ladose de quelques décigrammes, c'est un pur-gatif ; à la dose de 2 à t\ grammes, il provoquela salivation et ne purge pas. La digitale estun éméto-calhartique, à haute dose, et un diu-rétique à doses fractionnées. La rhubarbe esttonique à faible dose, et purgative à dose élevée.
Introduits dans l'estomac, les solutés sa-lins sont absorbés, pourvu qu'ils aient uncertain degré de. faiblesse. S'ils sont con-centrés, ils produisent l'effet contraire : ilsdessèchent l'organe en causant une soif vio-lente. Il se fait un échange d'eau et de seldans l'estomac même, qui rejette la premièreet prend la partie la moins concentrée de lasolution saline. Le reste de ce liquide, et c'estla plus grande partie, demeure non absorbé,n'est point excrété par les voies urinaires, mais