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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

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La bile, la lymphe, le sang, sur lequel, ainsique nous l'avons dit, il n'y a qu'un instant, laplupart des substances introduites dans l'éco-nomie agissent chimiquement, éprouvent desperturbations peut-être encore plus nombreuseset moins faciles à reconnaître.

La connaissance des altérations produitesdans nos humeurs, dans chaque groupe demaladies, serait donc de la plus haute impor-tance pour le praticien. En outre, ce qu'il luifaudrait, ce serait un moyen pratique qui luiservit de pierre de touche pour apprécier,jauger en quelque sorte ce degré d'alté-ration dans chaque cas particulier ; car, bienque les pathologistes aient rassemblé, dans lemême groupe, des affections en apparence iden-tiques, les maladies n'en restent pas moinsdistinctes suivant les individus et suivant unefoule de circonstances qui, modifiant le travailmorbifique, changent aussi les indications thé-rapeutiques. Ce n'est donc que lorsqu'on aurarésolu ce problème que l'on pourra atteindreune précision aussi mathématique que possibledans l'emploi des médicaments. Mais nous nenous le cachons pas : Ars longa, vita brevis,experimentum periculosum.

Une grande, une importante question aussià élucider pour l'art de formuler, et sur la-quelle les travaux remarquables de M. Cl. Ber-nard ont déjà jeté un grand jour, est celle debien connaître le pouvoir électif de nos organespour les médicaments. Les substances médi-camenteuses ne sont pas, en effet, indifférem-ment absorbées par tous les organes. Mais, telmédicament, par une sorte à? affinité électivesera attiré, accaparé par tel organe et rejetépar un autre, et vice versa. Que l'iode soit in-troduit dans l'économie par l'injection dans lesang, par le tissu cellulaire ou par l'estomac,on Te retrouve dans les glandes salivaires. Lecyanure de potassium, le sucre, n'arrivent pointdans ces glandes. 11 en est de même pour lefer, le lactate et la plupart des sels de cettebase, etc. S'il en est ainsi pour le fer, quedoit-il arriver avec son iodure, d'après ce quivient d'être dit plus haut ? L'iode doit tendreà passer dans les glandes salivaires; et le fer, àrésister. L'expérience a démontré que l'iodeétait le plus fort et qu'il entraînait le fer. Il enest de même avec le mercure : l'iodure passeet non le chlorure. (V. Toxicologie.)

Nous avons dit précédemment que, parmiles agents médicamenteux introduits dansl'économie, un petit nombre seulement tra-versaient le cercle circulatoire sans décompo-sition sensible, tandis que le plus grandnombre, au contraire, étaient rejetés par lesemonctoires naturels dans un état différent duprimitif. Nous rappelons ce fait, afin d'entrer

dans quelques considérations sur l'action in-time des agents thérapeutiques (1).

Comment, en effet, comprendre dans cesdeux cas l'effet thérapeutique, ou plutôt à quoile rapporter ? Dans le premier cas, il paraîtrationnel de l'attribuer au composé administrélui-même ; dans le second, d'une solution plusdifficile, l'expérience clinique vient en aide àl'explication chimique. On sait, en effet, queles sels de même base, quel qu'en soit l'acide,produisent tous le même effet physiologique ;les antimoniaux sont toujours des émétiques;les mercuriaux, des anlisyphilitiques ; il estdonc juste de penser que c'est à la nouvellecombinaison que forme la base, ou à la baseelle-même, et non à l'acide, qu'il faut attribuerl'effet dynamique produit, à moins que cetacide ne soit lui-même doué de propriétésmédicinales manifestes, et que ces mêmespropriétés n'aient décidé le choix du sel. Leschlorures ne paraissent agir que par la sub-stance basique, tandis que les iodures jouissentdes propriétés combinées de l'iode et de labase. Les analogies chimiques sont donc quel-quefois en défaut, au point de vue thérapeu-tique.

L'action thérapeutique des corps simples,métalliques et métalloïdiques admet la mêmeexplication. Quant à celle des produits orga-niques, mal ou môme nullement définis, elleprésente des difficultés nombreuses qui nenous paraissent pouvoir être levées que lors-qu'on pourra apprécier leur affinité électrique.

On sait cependant qu'un grand nombre desubstances organiques odorantes peuvent tra-verser le cercle circulatoire sans être modifiées,du moins sensiblement. Ainsi, non-seulement

(1) SUBSTANCES QUI PASSENT DANS LES

URINES.

A. Sans altération ou a peu piiès.

Sels. Carbonate, azotate et chlorate de potasse,sulfocyanure et ferrocyanure de potassium (ce dernieren titi minutes), silicate de potasse, tartrate de potasseet de nickel, borax, chlorure de baryum.

Principes colorants. Indigo et garance (15 minutes),rhubarbe (20 minutes), gomme-gutte, bois d'Inde (2ii mi-nutes), curcuma, mures, cerises noires (45 minutes), baiesde sureau (75 minutes), cactus opuntia.

Principes odorants {quelquefois altérés). Huiles -vo-latiles de térébenthine et de genièvre, valériane, safran,aae fétide, ail, castoréu^n, opium, asperges.

B. A l'état de combinaison.Soufre ; acides sulfurique, sulfhydrique, iodhydrique,oxalique, tartrique, gallique (20 minutes), succinique.benzoïque; iode.

C. Décomposées.

Les tartrates, citrates, malates, acétates alcalins, sonttransformés en carbonates.

Le sulfure de potassium passe en grande partie à l'étatde sulfate (Woehler et Steinberger).

Selon M. Gélis, le lactate de fer ne passe pas dans lesurines, tandis que le sulfate de même base y passe peude temps après son administration.