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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

le sang d'un individu soumis à un traitementcopahique exhalera l'odeur du copaliu, maison constatera encore l'odeur de cette sub-stance dans la sécrétion rénale, dans l'exhala-tion pulmonaire. Il en sera encore de mêmeavec l'essence de térébenthine et la plupartdes huiles volatiles. L'odeur de l'ail se retrouvedans la perspiration cutanée des individus quien mangent. On reconnaît dans le lait l'amer-tume de l'absinthe, la saveur du cresson etdes autres crucifères. On peut donc présumerque toutes ces substances agissent par elles-mêmes et non par un de leurs principes con-stituants, ou des produits formés avant leurentrée dans la circulation.

Nous avons dit plus haut action intime desmédicaments ; peut-être eussions-nous été pluslogique en disant action dynamique tout sim-plement. Car, en effet, qu'est-ce que l'actionintime des médicaments ? est-ce une actionchimique, galvanique ou catalytique ? en est-ceune autre ? Cette question, qui, dans tous lestemps, a piqué la curiosité des médecins etdes philosophes, et qui se rapporte à un ordrede faits dont nous avons dit un mol précédem-ment, ne nous semble pas susceptible d'unedémonstration matérielle; en un mot, ellenous paraît d'une solution au-dessus de l'in-telligence humaine.

Après les considérations chimiques, le mé-decin, dans le choix des médicaments, devratenir compte des idiosyncrasies (de ï&, pro-pre, m», avec, et v.?$.a:-, tempérament), sorted'incitation nerveuse particulière qui imprimeà l'économie une manière d'être, par suite delaquelle chaque individu est affecté, par les dif-férents agents, d'une manière qui lui est pro-pre. C'est ainsi, pour ne parler que des médi-caments, que tel individu ne supportera pasl'application d'un vésicatoire, d'un topiquequelconque, sans qu'il lui survienne une érup-tion érysipélateuse, que chez telle personne descontractions spasmodiques céderont à une po-tion éthérée, tandis que chez une autre lessymptômes augmenteront d'intensité s .us l'in-fluence du même médicament; que tel individuenfin aura des vomissements a la vue de cer-taines préparations médicamenteuses.

La plupart des personnes n'accordent pasd'odeur à l'ipécacuanha ; cependant les éma-nations de cette substance suffisent pour rendremalades certaines organisations. On rendraitdonc plus malades encore de tels individusauxquels on administrerait ce médicament. Ona cité des exemples curieux de dyspnée causéepar cette substance ; mais aucun n'est aussiremarquable que le suivant : M. E. était élèveen pharmacie ; mais des dyspnées cruelles,auxquelles il était exposé chaque fois qu'il tou-chait l'ipécacuanha, le forcèrent à quitter cette

carrière pour celle de la médecine. Aujourd'huile docteur E., en entrant dans une officine,peut dire si on a touché ou non à l'ipéca-cuanha dans la journée; aussi, lorsque le pre-mier cas se présente, se retire-t-il aussitôt pouréviter d'être malade. A la Pharmacie centrale,nous avons des ouvriers et des ouvrières qu'ilfaut éloigner de rétablissement les joursl'on pulvérise en grand cette substance.

Ce que nous venons de dire se rapporte àl'idiosyncrasie nerveuse ou idiopathique ; maisil est une autre sorte d'idiosyncrasie qu'onpourrait nommer chimique; c'est celle qui faitque tel individu est influencé par un médica-ment, tandis qu'un autre, qui paraît être dansles mêmes conditions, n'en éprouvera aucuneffet. Ainsi tel sera facilement purgé par lesrésineux, qui ne le sera pas par les purgatifssalins, et sera inutilement rendu malade parl'emploi du calomel dans le même cas ; tel autren'éprouvera pas la salivation par l'usage très-prolongé de ce dernier se), tandis qu'un seconden sera atteint à la première dose. Ces fait>tiennent sans aucun doute à cette différenced'abondance ou de composition des humeursdont nous nous occupions tout à l'heure.

Association des médicaments.

L'association des médicaments est un vastesujet qui embrasse presque toute la thérapeu-tique. Prise dans son acception la plus large,l'association des médicaments peut être définiel'union de deux ou d'un plus grand nombrede substances médicamenteuses, simples oucomposées, minérales ou organiques, définieschimiquement ou non, quels que soient d'ail-leurs les moyens employés pour l'effectuer.

Les différents buts que l'on se propose dansl'association des médicaments se trouvent assezexactement exposés dans le tableau suivant:

1° Augmenter l'action d'un médicament.

A En associant diverses préparations dela même substance. Ex. : potion fébrifuge danslaquelle on ferait entrer du sirop de quinquinaet de l'extrait de cette écorce.

B En associant des médicaments qui, prisisolément, peuvent produire des effets immé-diats semblables, mais avec une moindre éner-gie que lorsqu'ils sont réunis. Ex. ; les anti-spasmodiques, les toniques amers, etc., com-binés entre eux, ont plus d'énergie.

C En ajoutant au médicament une sub-stance douée de proprié lés différentes, et n'exer-çant point sur lui d'action chimique, mais pos-sédant la faculté de rendre l'économie, en gé-néral, plus sensible à son influence. Ex. ; l'o-pium uni aux mercuriaux.

2° Diminuer ou même prévenir l'action tropirritante d'un médicament.