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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

qu'on peut espérer voir un jour ces chimisles,nouveaux Promcthées, faire sortir l'homme deleurs creusets. Admirons la sagesse infinie quia présidé à la création des êtres, ne dépassonspas la pénombre qu'il nous a été donné parelle de parcourir, et n'allons pas, comme desmoucherons attirés par une clarté trompeuse,nous brûler au foyer de sa lumière divine !

On a dit, à l'appui de la doctrine purementchimique, que les réactions qui s'opéraient ausein de l'économie d'après les lois ordinairesde la chimie auraient été infailliblement attri-buées à la force vitale, si on n'avait pas eud'exemple de pareilles réactions en dehors detoute influence de cette force. Nous concevonsque des personnes imbues, outre mesure, duvitalisme aient pu s'opposer à une explica-tion rationnelle ; mais conclure de que tousles phénomènes qui se passent au sein de noscavités splanchniques sont tous dans le mêmecas ; conclure de que les fonctions de la res-piration, de la digestion, de l'assimilation, dessécrétions, sont de simples phénomènes chimi-ques et osmotiques, est une aberration flagranteque nous ne pouvons nous décider à admettre. Ona pris évidemment les effets pour les causes ,les résultats pour l'action. Quoi! la respira-tion serait une simple combustion de carbone ;la digestion, l'action dissolvante d'un liquidesur certaines substances ; l'assimilation, une.simple cristallisai ion; enfin, les sécrétions, desproduits de l'électricité? Quoi! parce que vousavez reproduit de toutes pièces des principesimmédiats organiques, véritables capita mor-tua de l'organisation, et que vous en repro-duisez et reproduirez beaucoup plus encore,vous croiriez arriver à reproduire la fibremusculaire, un tissu quelconque, la moindrecellule ? Il suffit d'exposer de pareilles idéespour les réfuter.

Mais revenons à notre sujet.

Nous avons dit plus haut que la connais-sance approfondie de la composition et despropriétés des liquides animaux serait d'untrès-grand secours dans le choix et l'emploides médicaments. En effet, elle permettraitd'apprécier les différentes métamorphoses queceux qui sont absorbés éprouvent en passantdans les différents viscères et dans le torrentde la circulation jusqu'à leur expulsion parles émonctoires de l'économie.

Nos connaissances sur ce point ne sont en-core que rudimentaires. On suppose, en effet,sans en être certain, qu'à part un très-petitnombre de corps, comme quelques halos et oxy-sels alcalins et les alcalis organiques qui peuventtraverser le cercle circulatoire sans éprouverd'altération sensible, presque tous les autressont plus ou moins décomposés par les acides,les alcalis et les différents éléments organiques

et inorganiques qui composent nos humeurs.

L'osmose ou dialyse, nous l'avons déjà dit,est appelée à rendre de grands services dansl'explication de l'action des médicaments àmesure qu'elle sera elle-même plus approfon-die dans ses lois et moyens. (V. Appendice.)

Dans les notions que la chimie nous a faitconnaître touchant la composition de nosfluides à l'état normal, elle a démontré que,dans cette condition, le suc gastrique jouitd'une réaction acide, et le suc intestinal d'uneréaction alcaline ; il s'ensuit que l'on peut déjàprévoir jusqu'à un certain point les change-ments que les substances éprouvent avant d'êtreabsorbées par les canaux sanguins. D'une ma-nière générale, les bases subiront dans l'esto-mac l'action salifiante acide du suc gastrique,tandis que les acides traverseront cet organeet viendront dans la seconde partie du tubedigestif éprouver l'action salifiante alcaline dusuc intestinal. Pour les sels neutres, on peutprésumer qu'ils subissent leurs changementstantôt dans les premières, tantôt dans les se-condes voies, et quelquefois dans les différent--viscères à la fois.

Quant aux modifications primordiales queles matières organiques non définies éprouventau sein de l'économie, elles doivent être su-bordonnées aux propriétés acides, basiquesou neutres, qu'elles présentent. Mais c'est cequ'il est fort difficile d'indiquer d'avance. Onsait seulement que les résines, les baumes, quijouissent de propriétés acides, doivent arriverdans l'intestin pour, être salifiés par les alcalisqui existent dans cet organe, et qu'il en estde même des corps gras.

Partant de ces considérations, rien ne paraîtplus facile que de se prononcer, au point devue chimique, sur la nature du médicament àemployer et sur la dose ; mais une complica-tion se présente, c'est que la composition denos humeurs est modifiée, viciée d'un très-grand nombre de manières par suite de l'étatpathologique général ou partiel de l'économie ;à l'acidité habituelle du suc gastrique succèdeune acidité outrée, comme dans le diabète, lagoutte, la gastrite chronique, ou une réactiontout opposée, l'alcalinité, ou bien encore celiquide devient neutre. Le suc intestinaléprouvera les mêmes anomalies ; à son alcali-nité ordinaire en succédera une plus pronon-cée, ou même il deviendra acide. Dans cescirconstances, l'action chimique que ces liqui-des principaux de l'économie, à l'état de santé,exercent sur les matières médicamenteusespeut donc être, par suite d'une altération mor-bide, changée du tout au tout. L'expérience aen effet constaté que les médicaments n'agis-sent pas sur l'homme sain comme sur l'hommemalade.