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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

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proposer de nouveaux agents thérapeutiques,les médecins ne laisseraient plus aux pharma-ciens seuls cette initiative.

On a dit que l'étude des médicaments, c'est-à-dire leur expérimentation chimique, avait étémal faite, qu'on ne pouvait aucunement comp-ter sur elle, et que, par conséquent, elle devaitêtre reprise en snis-œuvre. Nous croyonsqu'on a exagéré la situation. Nous admettons,en effet, que les données qui existent sur l'ac-tion des médicaments sont aussi bonnes quepossible, et qu'elles n'ont besoin que d'êtrerégularisées. Le dynamisme qui vient de plusen plus prendre place dans la chimie et quiest appelé à y jouer un grand rôle est loind'être suffisamment étudié, même dans la na-ture morte, à fortiori, l'estîl moins encoreau point de vue de la physiologie et de lapathologie. La notion d'équivalence mécaniquedes forces naturelles a de la peine encoreà se dégager de la statique. Dans ce quireste à faire de l'étude des médicaments, lachimie est appelée à jouer un très-grand rôle,et c'est probablement parce que le concoursde cette science n'a pas été pris en assezgrande considération par les médecins d'autre-fois, et peut-être aussi parce que les idéesdes chimistes qui nous ont précédés s'écar-taient par trop de ce point de vue, que l'étudedes agents thérapeutiques n'est pas à son véri-table niveau.

Des recherches chimiques sur les propriétés,la composition des fluides humoraux dans lesdivers cas de santé et de maladie, sont, eneffet, de la plus haute importance pour arriverle plus près possible de cette précision, dontnous parlions tout à l'heure, dans l'emploi desmédicaments. La chimie moderne a fait en cesens d'importanles découvertes; mais elle aencore beaucoup à faire. Et si elle ne veutpas rester stationnaire au point elle estarrivée, si elle ne veut pas que ses travauxsur les phénomènes chimiques qui se passentau sein de l'économie tournent longtempsdans un cercle vicieux, elle devra se dégagerencore plus qu'elle ne l'a fait des langes del'ancienne chimie , pour entrer dans une voieplus franche et plus spéciale ; car, selon nous,de même qu'il y a une chimie minérale et unechimie organique, il doit y avoir (en cela nousne croyons pas commettre un non-sens) unechimie physiologique. En effet, tant que lachimie organique ne sera pas plus dégagéequ'elle ne l'est des idées de la chimie miné-rale, tant qu'elle n'appréciera que la compo-sition et les propriétés des produits immédiatsen dehors de l'économie, elle n'expliquerajamais d'une manière satisfaisante les phénomè-nes qui se manifestent au sein de l'organisme.

Croira-t-on, par exemple, expliquer conve-

nablement l'action des agents médicinaux surnos tissus par ce qui a lieu lorsqu'on lesmet en contact avec des membranes privéesde vie? Pensera-t-on connaître suffisammentles propriétés physiques et chimiques du sang,ce fluide par excellence, sur lequel les médi-caments agissent presque tous, soit directe-ment ou indirectement, si on le prend horsde la veine pour essayer l'action que les molé-cules médicamenteuses exercent sur lui,lorsque, sans qu'on puisse en apprécier lacause, ce fluide, aussitôt sa sortie du vaisseauqui le contient, qu'on le reçoive à une basseou à une haute température, au contact del'air ou dans le vide, perd, avec sa fluidité,son homogénéité naturelle, ses propriétés phy-siques et chimiques, en perdant probablementsa vie ? 11 est prouvé par l'expérience queFaction des corps n'est plus la même sur lestissus en fonctions que sur les (issus mortsou même simplement affectés pathologique-ment. Il est, en outre, prouvé que l'action vi-tale modifie singulièrement l'action chimique;que tantôt elle la précipite, l'augmente, ettantôt, au contraire, elle la diminue et l'em-pêche même d'avoir lieu. C'est justementque gisent les difficultés que la chimie physio-logique est appelée à lever.

Nous ne prétendons nullement dire qu'unjour viendra, grâce à une meilleure mé-thode d'investigation, on expliquera tous lesphénomènes vitaux : cela serait trop de témé-rité de notre part, car ce problème tient àl'essence des choses. Et quand on voit que lemode d'action des médicaments, même lesplus simples, est un mystère qu'on a voulu pé-nétrer depuis bien de siècles sans qu'on y soitjamais parvenu; quand on voit qu'aujourd'hui,malgré les nombreuses théories qui ont étédonnées, nous n'expliquons pas la spécificitédu mercure dans la syphilis, que nous n'expli-quons pas davantage celle de l'iode dans lesscrofules ; que, pour l'opium, nous en sommestoujours réduits à dire qu'il fait dormir, parcequ'il a une vertu dormitive; qu'en un motil nous faut accepter les résultats des phéno-mènes physiologiques produits; quand on con-sidère ces faits, disons-nous, à fortiori, faut-il désespérer d'avoir jamais l'explicationcomplète des actions chimiques vitales ?

Cependant, telle n'est pas l'opinion de quel-ques chimistes modernes qui, rejetant commeune vieillerie digne d'une autre éqoque, l'exis-tence d'une force vitale, rapportent tous lesphénomènes de la vie aux force* qui régissentla matière brute. Selon eux, toutes les fonctionsde l'économie vivante s'exécutent à l'aide d'opé-rations purement chimiques ; l'essence mêmede la vie n'est qu'une suite non interrompuede réactions de cette nature. De telle sorte