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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

l'avons dit plus haut, des résultais nets; carsi on admettait qu'il en fût autrement, onpourrait conclure que beaucoup de principesimmédiats qui, isolés, sont insolubles dans untel véhicule, ne peuvent se trouver dans cedernier qu'on aurait fait agir sur une matièrequi les contiendrait à l'état de combinaisonnaturelle, ce qui serait une grande erreur. Lesprincipes immédiats organiques exercent lesuns sur les autres une action encore peuconnue et qui déroute souvent les expérimen-tateurs. La cantharidine pure est insolubledans l'eau, et cependant celle-ci devient vési-cante si on y fait bouillir des cantharides.C'est que dans ces .insectes, en même tempsque la cantharidine, il existe une matière jaunequi la rend soluble. La matière purgative dela rhubarbe, la rhubarbarine, n'es! pas solubledans l'eau, mais elle l'y devient a la faveur durhubarbarin auquel elle est naturellement as-sociée. Cela explique comment, l'hydrolé derhubarbe possède les propriétés médicinales decette substance. Le décocté de riz contient duphosphale de chaux qui entre dans la compo-sition de cette substance. Deux autres caspeuvent encore se présenter relativement àl'action du dissolvant; dans le premier, telprincipe soluble dans un véhicule à l'état isoléne le sera pas à l'état de combinaison natu-relle; dans le second, des principes qui nepréexistent pas peuvent se former par Factionmême du dissolvant ; tel est le cas des huilesvolatiles d'amandes amôres, de moutarde, deraifort, qui se forment sous l'influence de l'eau;tel est encore probablement le cas de la co-déine, de l'asparagine et d'une foule d'autressubstances pour lesquelles on serait fort em-barrassé de dire si elles préexistaient ou sielles ne sont pas des produits de réaction.

Mode d'administration des médicaments.

Ce point de l'art de formuler se rattacheaux deux précédents : la forme pharmaceu-tique et le choix des médicaments.

En thèse générale, le mode d'administrationdes médicaments a une grande importance ;c'est souvent dans Cette question que se trouvela solution de celle de la tolérance ou de l'in-tolérance des remèdes, et l'on peut même direque lorsqu'un spécifique est trouvé, les casréfractaires le sont peut-être moins par l'in-tensité du mal que par le défaut d'un modeconvenable d'application. Le mercure métal-lique est un antisyphilitique ; mais est-il unantisyphilitique aussi puissant que son bi-chlorure ? La réponse n'est pas douteuse.Est-ce le chlore qui vient compléter, exalterla propriété antisyphilitique du mercure, ouencore est-ce parce que le sublimé corrosifcontient une fois plus de chlore que le calomel

qu'il jouit d'une bien autre efficacité contre lasyphilis que celui-ci? Il est encore évidentque non ; car chacun sait que le chlore n'aaucune vertu pareille. La supériorité du pre-mier tient donc uniquement à l'état souslequel le mercure, seul agent thérapeutique,est présenté au mal. Dans ce composé, eneffet, non-seulement à même dose, le mercurea une action beaucoup plus considérable, maisencore donne des résultats auxquels, ni àl'état métallique, ni à l'état de calomel, il nesaurait atteindre à quelque dose que ce soit,toutefois à la condition que le mode d'admi-nistration soit complet, c'est-à-dire que ce selsoit associé à un excipient convenable ennature et en quantité. L'huile de foie de moruedoit ses hautes vei tus médicinales avant tout àl'iode et peut-être au phosphore qu'elle con-tient. Mais cet iode , quoique en proportionspresque homœopaIniques, a une puissancethérapeutique très-grande. A quoi la doit-il ?A son heureux mode d'association naturel quile présente sous un état de division extrême,sous l'égide d'auxiliaires et d'adjuvants facile-ment assimilables, et qui rendent son séjour,au sein de l'organisme, plus permanent. C'estaussi l'histoire des hautes propriétés des eauxminérales naturelles, etc.

Ces fails démontrent surabondamment l'im-portance du mode d'administration des médi-caments et la nécessité pour le médecin etle pharmacologiste de rechercher toujourscelui qui peut le mieux assurer leur action.(V. notre lodognosie.)

Action intime des médicaments.

La médecine a fait, depuis quelques années,d'immenses progrès en diagnostic. L'étude cli-nique des médicaments a aussi progressé,mais d'une manière bien moins tranchée.Voilà pourquoi la thérapeutique, chez nous,est au-dessous du point elle devrait êtrearrivée, et elle arrivera certainementlorsque les médecins , moins exclusivementoccupés du diagnostic, feront marcher defront son étude avec celle des médicaments :car ce sont, qu'on nous permette la comparai-son, deux soeurs jumelles étroitement liéesl'une à l'autre et qui doivent marcher ensemble.

Disons également que si les médicaments nesont pas, en général, aussi habilement maniésqu'ils devraient l'être, cela tient au défaut denotions pharmacologiques suffisantes chez ungrand nombre de praticiens ; espérons d'icià peu un changement dans cet état de choses,que ces derniers reconnaissent et déplorenttous. Cette nouvelle voie aurait un immenserésultat sur les destinées futures de la matièremédicale ; car, bien plus aptes, par la direc-tion générale de leurs études, à découvrir et