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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

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S'il importe, avant tout, de faire un choixjudicieux de l'agent principal, le choix du-hicule, lorsqu'il y en a un, quoique d'une im-portance secondaire, ne doit pas être fait sansdiscernement. Le véhicule a une influence thé-rapeutique positive, soit que par sa nature ilpuisse être mieux supporté, mieux absorbé parles tissus avec lesquels on veut mettre l'agentprincipal en contact; soit qu'il se charge mieuxde cet agent, qu'il ait pour lui plus d'affinité;soit, en un mot, qu'il t-oit plus propre à remplirsa mission. Arrêtons un instant notre attentionsur le véhicule comme agent de dissolution.Cet examen pharmacologique ne sera pas inu-tile dans la pratique médicale.

L'eau, l'alcool, l'éther, le vin, la bière, le vi-naigre, les huiles fixes et volatiles, la glycérine,le chloroforme, la benzine, sont à peu près lesseuls véhicules employés en médecine. Veau,que les anciens avaient surnommée le grand dis-solvant de la nature, est de tous celui dontl'action dissolvante est la plus générale. Elledissout un nombre considérable de corps,quoique dans des proportions très-différentes,soit en raison de la nature même des corps,soit en raison de la température à laquelle elleexerce son action. L'alcool possède un pouvoirdissolvant infiniment plus restreint, mais en-core considérable. En général, les corps très-solubles dans l'eau le sont aussi dans l'alcool. Lepouvoir dissolvant de Véther est bien plus res-treint encore que celui de l'alcool. Une re-marque générale, analogue à la première, c'estque les substances très-solubles dans l'éther,sont aussi solubles dans l'alcool ; on peut endire autant du chloroforme et de la benzine.Les huiles fixes et volatiles, comme dissolvants,viennent se placer encore après l'éther. Et,chose digne d'attention, nous avons à faireencore ici la même remarque que nous avonsdéjà faite deux fois, d'abord en passant del'eau à l'alcool, puis de l'alcool à l'éther, sa-voir : que les corps très-solubles dans les huilesfixes et volatiles, dans les corps gras, sont assezsouvent solubles dans l'éther.

Quant au vin, à la bière, au vinaigre, leurpouvoir dissolvant tient à la fois de celui del'eau et de celui de l'alcool, ou de l'acide acé-tique pour le vinaigre, et varie nécessairementavec les proportions des composants. La gly-cérine se rapproche de l'eau et de l'alcool.

Nous appellerons ici l'attention sur un pointde l'étude de la solubilité des corps, qu'on n'apas jusqu'à présent assez pris en considération.Quand on compare la composition du corpsdissous à celle du dissolvant, on trouve qu'ilexiste souvent un rapport entre elles : le mer-cure , qui est un métal, dissout presque tousles métaux; l'eau, qui est une substance mi-nérale, dissout un grand nombre de composés

inorganiques ; l'alcool dissout bien les résines,les huiles volatiles , parce que dans ces der-niers cas, les corps dissous et les dissolvantssont des carbures d'hydrogène. Ces considéra-tions peuvent donc être réduites au théorèmesuivant : Un corps étant donné et sa compositionétant connue, on peut savoir le plus souventdans quel liquide il sera soluble.

S'il est facile de savoir à quoi s'en tenir surle pouvoir dissolvant ou l'absence de ce pou-voir dans le contact des véhicules avec dessubstances définies, pures, isolées (1), il l'estinfiniment moins de savoir nettement ce quise passe dans ce même contact avec les sub-stances végétales et animales complexes. Ce-pendant il existe sur ce point des donnéesgénérales qui peuvent être formulées ainsi :

Soumises à l'action des dissolvants ordi-nairement employés en pharmacie ('2), lesmatières végétales et animales cèdent les prin-cipes suivants :

1° A Peau froide ou chaude, les matièresgommeuses et mucilagineuses que l'alcool, l"é-ther et les huiles refusent de dissoudre.

2° A l'eau froide, l'albumine animale, et vé-gétale que l'eau bouillante coagule et que lesautres véhicules ne dissolvent pas.

3° A l'eau bouillante, l'amidon sui' lequell'eau froide serait sans action.

!l° A Veau à l'aide d'une ébullition prolon-gée, la gélatine animale, qui se forme du tissucellulaire des animaux sous l'influenre de celteaction, et qui, comme les matières gommeuseset albumineuses, ne se dissout pas dans lesautres véhicules.

5° A Peau; à l'alcool aqueux, à la glycérine(corpsmiscibles entre eux en toutes proportions)les acides végétaux, les sels à bases organiquesquel qu'en soitl'acide, le sucre, lamannite, l'ex-tl'actif, le tannin, les gommes-résines. La gly-cérine a la singulière proprié de dissoudre lessubstances fortement oxygénées ainsi que lesmatières riches en carbone et en hydrogène,certains sels, etc.

6° A l'alcool fort, ci l'éther t aux huiles fixes etvolatiles, aux graisses, le^ résines, les huiles es-sentiellesquisontpeuoupointsolub.dansl'eau.

7° A l'éther, aux huiles fixes et volatiles,aux graisses (corps miscibles entre eux entoutes proportions), les substances grasses,fluides ou solides, les matières ciroïdes, quisont tout à fait insolubles dans l'eau et peu ounullement dans l'alcool, même anhydre.

Mais ce ne sont point, ainsi que nous

(1) Dans cet article, page 176, nous indiquons les sels etles différentes substances définies qui sont solubles dansl'eau. Tour l'indication des corps solubles dans l'alcool,l'éther et les autres dissolvants, nous renvoyons aux ar-ticles spéciaux de ces derniers dans le Dispensaire.

(2) ïl faut aujourd'hui ajouter aux dissolvants ordi-naires le sulfure de carbone, la glycérine.