ART DE FORMULER.
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substances actives qui se prêtent le mieux àce genre de médication. Des recherches dansle même sens sur les véhicules auraient le mêmeintérêt; car l'eau,l'alcool, laglycérine, les corpsgras, ne sont pas absorbés de la même manièreni avec la même intensité. Mais, il faut le dire,cette étude serait d'autant plus facile, d'autantplus fructueuse, que l'on connaît mieux aujour-d'hui la structure intime de la peau, ses affec-tions, son mode d'absorption et ses nombreusescommunicat. sympath. avec le tube intestinal.On peut rapporter à l'iatralepsie l'emploi enfrictions, sur la face inférieure de la langue ousur les gencives, des sels d'or et de l'ioduremercureux dans les affections syphilitiques ; etde la morphine dans la migraine.
La méthode endémique, qui n'en est qu'unevariante, offre un moyen d'absorption beau-coup plus prompt que l'iatralepsie proprementdite, qui, à cause de la lenteur de ses effets,ne nous parait pas comme celle-là susceptibled'applications d'urgence. Mais elle est elle-même pour ainsi dire abandonnée. On lui re-proche de nécessiter la dénudation du derme,de causer des douleurs violentes avec quelquessubstances administrées par sa voie, et enfind'être infidèle. Le premier reproche n'est passérieux. Quant aux deux autres, ils nous pa-raissent tenir à une étude insuffisante de cemode thérapeutique; à cette méthode se rat-tache la méthode hypodermique, par injectionsous-cutanée, de substances neutres et pures,comme la quinine et les divers sels d'alca-loïdes; méthode dont l'expérience a confirmé la.supériorité. (V. Supplément).
La méthode des inoculations, que l'on pour-rait rapporter aussi, quoique à un degré pluséloigné, à l'iatralepsie, est d'un usage bienplus restreint encore que la méthode ender-mique; on peu! même dire qu'il est nul pourles médicaments.
Cependant, quand on voit du sang corrompu,du pus, du fiel en putréfaction ; de la sub-stance cérébrale appliquée sur des plaiesvivesou sur la peau simplement dénudée, causerdes vomissements, la prostration et même lamort; quand on considère ensuite que le vac-cin préserve de la variole, que tous les virus,tous les venins qui peuvent être avalés impu-nément, produisent, par des effets iatralepti-quessur l'économie, des phénomènes morbidesaussi considérables qu'ils le font, ( n peut as-surer que la voie cutanée ou sous-cutanée peutdonner des résultats également considérablesen thérapeutique. Et il ne nous paraît pasinvraisemblable d'espérer que la rage, lamorve, ces deux maladies qui, devenant seu-lement plus fréquentes, ont pu faire croirequ'elles étaient nouvelles pour l'homme, lespestes diverses, et en un mot toutes ce- mala-
dies si terribles qui s'inoculent bien plus parvoie extérieure que par voie intérieure, et quiont résisté à toutes les médications qu'on leura opposées jusqu'à présent, seront un j»arr vic-torieusement combattues par l'une des mé-thodes iatraleptiques.
Les agents externes sont donc appelés, se-lon nous, à jouer en thérapeutique un beau-coup plus grand rôle que maintenant. Cheznos ancêtres, l'emploi de ces moyens a pu dé-générer en applications de poudres sympathi-ques, d'emplàtivs magnétiques qui attiraient àla surface les principes morbifiques répandusdans l'intérieur du corps ; de têtes de vipèressur l'estomac contre les convulsions des en-fants ; de cucuphes et d'amulettes sans nom-bre; mais, à l'époque où nous vivons, de pareilsrésultats ne sont pas à craindre.
Bien que l'on soit, ainsi que nous l'avonsdit plus haut, bien moins difficile dans l'em-ploi des moyens externes, il faut néanmoinsrechercher encore, dans ces cas, les médica-ments les moins désagréables à l'odorat, à lavue, et par la sensation que leur contact ou lemode d'application peut faire éprouver. L'o-deur graisseuse des pommades sera masquéeautant que possible par des huiles essentielles;aux onguents durs ou tenaces pour frictions,on préférera des pommades ou des linimentsonctueux, des embrocations alcooliques ; auxemplâtres vésicatoires irritants des anciensformulaires, on substituera le vésicatoire an-glais, ou mieux les taffetas vésicants, d'unemploi si facile, d'un effet assuré, et d'uneaction aussi peu douloureuse que possible.
Cependant dans quelques circonstances lesprécautions que nous venons de recommanderpeuvent nuire à l'effet thérapeutique des mé-dicaments. C'est ainsi qu'un vésicatoire em-ployé pour produire une irritation dérivativemomentanée, atteindra d'autant mieux le but,qu'il sera plus irritant.
Le mode d'administration d'un médicamentest souvent plus qu'un changement de forme,il influe plus ou moins profondément sur sonaction. Comment n'admettrait-on pas cetteopinion quand on voit le fer, selon sa ténuité,être ou n'être pas pyrophorique, être cassantou ductile par un simple effet de la trempe;l'acide arsénieux opaque n'avoir pas les mêmespropriétés chimiques que le même acide vi-treux ; la crème de tartre soluble, la gomme,perdre une partie de leur solubilité par lapulvérisation? Mais la pâle panaire ne pré-senle-t-e!le pas des différences de saveur etde digestibilité selon qu'elle a été divisée etcuite en gros ou petits pains, sous forme rondeou allongée, épaisse ou plate? Quand des pra-•ticiens disent que chez certains fiévreux ilsréussissent mieux avec le sulfate de quinine