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ART DE FORMULER.
sulfate de quinine échoue ; la digitaline remplitmoins bien certaines indications que la digi-tale. D'un autre côté, il est des cas où les pro-duits immédiats, contrairement aux exemplesprécédents, sont moins actifs que le composénaturel. • C'est ainsi que l'huile de ricin estmoins purgative que les semences de ricinelles-mêmes ; que tandis qu'il faut 30 à 60 gr.de sirop de nerprun pour produire un effet pur-gatif, 5 ou 6 de ces baies, pesant ensemble àpeine 2 grammes, déterminent souvent dessupcrpurgations. C'est que dans ces deux casun principe résineux propre à chacune de cessubstances n'est passé qu'en partie dans l'huiledes unes et dans le suc acide des autres, tan-dis que l'autre partie est restée dans le paren-chyme. Le copalm et le cubèbe ont un effetthérapeutique bien plus certain dans leur étatcomplexe que leurs principes isolés.
Les poudres administrées à l'intérieur, soitdélayées dans un véhicule, soit avalées de touteautre manière, sont un genre de médicamentsfort désagréable. On évitera donc un écueil enles faisant mettre en pilules. Il en est de mêmepour les substances médicamenteuses molles.
La forme pilulaire, que nous semblons re-commander plus particulièrement, ne convientpas cependant à tous les malades ; pour quel-ques-uns ce sera une simple affaire de répu-gnance à avaler cette sorte de médicament,tandis que pour quelques autres cette difficultésera causée par une conformation particulièredu gosier. Dans ce dernier cas, il y a ce quenous nommerons incompatibilité physique.
Dans tous les cas, elle ne convient nulle-ment pour l'enfance.
Il ne faut pas perdre de vue que la maladiechange quelquefois le goût des personnes, etque telle chose qui déplairait à un individu ensanté plaira au même individu malade. Les su-creries dégoûteront, des odeurs suaves affec-teront désagréablement, tandis que des sub-stances amères, comme le quinquina, des odeursempyreumatiques, comme l'huile animale, plai-ront, ainsi que cela arrive chez les femmesenceintes ou hystériques ; mais ce ne sont làque des exceptions.
Si dans l'état de santé on se fatigue vite desmêmes mets; malade, on se lasse bien plusvite encore des mêmes médicaments. Dans lescas de maladies longues, le médecin varieradonc, autant que possible, sinon la médication,du moins la forme pharmaceutique, ou tout aumoins les correctifs ; en un mot, il mettra touten pratique pour la réalisation de cet axiomebien connu de Celse : qu'il faut guérir tutô,cita etjucundê.
Médicaments externes. — Les malades, engénéral, sont bien moins difficiles sur le choixdes moyens externes que sur celui des moyens
internes. Ils se soumettent volontiers à l'em-ploi de liniments, de pommades, de cataplas-mes, de bains, et c'est à peine si les vésica-toires, certains emplâtres, font exception à larègle que nous posons. Aussi, toutes les foisqu'on pourra remplacer sans inconvénient unmédicament interne par un topique, aura-t-onraison de le faire.
Aujourd'hui l'emploi des agents externes apresque toujours pour but le traitement d'af-fections locales et superficielles. Jadis, on pur-geait surtout les enfants au moyen d'embroca-tions, d'épithèmes appliqués sur l'hypogastre,tandis qu'on les faisait vomir par les mêmesagents appliqués sur l'épigastre. L'expulsiondes ascarides et autres vers intestinaux s'ob-tenait de la même manière. Sans recherchersi le mode d'application des anciens était ra-tionnel ou non, sans poser des règles plus enharmonie avec les progrès de la science surle mode d'absorption, nous dirons qu'on mé-nageait ainsi les susceptibilités du goût, et onn'irritait pas l'estomac, ce qui est un pointassez important à considérer. En effet, souventl'estomac ne supporte pas un médicament,qui, introduit par l'absorption cutanée, ou parinjection hypodermique, produirait les meil-leurs effets.
La méthode iatraliptique oii'iatraleptique (deïa-rpuni, médecine, et âXeupeiv, oindre, frotter),comme nous le disions tout à l'heure, est tel-lement oubliée de nos jours, qu'il faudrait denouvelles études pour la régénérer. Il y auraità examiner la manière d'être de la peau, dansles différents états de santé et de maladie, pourobtenir des résultats certains par cette mé-thode; car, selon son état de sécheresse oud'onctuosité, de fonction ou d'inertie, la peauexerce des différences énormes sur l'absorp-tion. On sait, en outre, que l'absorption despoisons appliqués à l'extérieur ne se fait pasavec la même intensité sur toutes les partiesdu corps; que, presque nulle dans les endroitsoù il n'existe que du tissu cellulaire, elle esttrès-active, au contraire, dans les parties oùabondent les vaisseaux absorbants lymphatiqueset veineux. C'est ainsi, pour ne citer que desexemples qui touchent à notre sujet, que dessels de quinine, ceux solubles surtout, commele citrate, employés par la méthode iatralep-tique, agissent beaucoup plus efficacement enfrictions sous les aisselles ou sur la partie in-terne des cuisses, que sur le dos ou l'abdo-men, chez les enfants principalement. 11 yaurait donc à rechercher quelles sont lesparties du corps les plus favorables à l'absor-ption des agents thérapeutiques. Il y auraitaussi à étudier les lois de l'endosmose, pouren faire l'application à l'absorption cutanée. Ily aurait ensuite à rechercher quelles sont les