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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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ART DE FORMULER.

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parce que chacun des deux malades y trouverason compte, le premier dans l'apprêt qu'il peutpayer, le dernier dans l'absence du gaz qui rendl'ingestion du purgatif moins désagréable, maisdont volontiers il fera grâce pourvu qu'il payemoins cher. H doit donc y avoir une médecinedes riches et une médecine des pauvres, et pournous il y a autant d'indignité à épuiser la bour-se d'un malade pauvre en somptuosités phar-maceutiques, que de mesquinerie à calculer leprix des médicaments destinés aux riches.

Il est des médicaments d'un prix tellementélevé, que dans la pratique médicale ils nepeuvent être prescrits aux malheureux : telssont particulièrement le musc, la codéine;mais le médecin (jamais le pharmacien) peutremplacer ces substances par d'autres. Le ta-bleau de la classification des médicaments, quipeut être en même temps considéré commeun tableau des succédanés (V. p. 150-159), etle tarif des médicaments, pourront guider quel-quefois le praticien dans cette question.

Souscription. La souscription s'entend desdétails concernant le moclus faciendi. Le plussouvent le médecin n'a pas b soin d'indiquerau pharmacien la manière d'opérer. Il peut secontenter de mettre au bas de l'inscription lesinitiales d'usageF. S.'A., qui veulentdire fax, oufiât secundum artem, en français fiâtes, onqu'il soit fiait selon l'art. Mais dans les casles propriétés des agents thérapeutiques dé-pendent du mode opératoire auquel on lessoumet, comme le pharmacien ne peut devinerles intentions du médecin, il est alors indis-pensable que celui-ci indique le modus faciendi.Les préparations des alliacées obtenues parinfusion sont acres et excitantes, tandis quepar décoction elles sont simplement émollien-tes. La racine de guimauve cède à l'infusionet même à la simple macération un mucilagelimpide, très-propre à servir de boisson, tan-dis que la décoction dissolvant l'amidon donneun liquide trouble et épais qui ne convientqu'à des usages extérieurs. L'infusion de l'ab-sinthe donne un médicament excitant ; la dé-coction, en dissipant l'huile volatile, ne produitplus qu'un liquide amer et tonique. Le lichen,accompagné de son principe amer, a un goûtet des propriétés autres que lorsqu'il en estdépourvu. C'est donc au médecin de détermi-ner entre les différents modes opératoires celuiqui donnera le médicament le plus en rapportavec l'indication thérapeutique. D'après cemême principe, en cas de production d'unprécipité par suite du mélange, il devra diresi le médicament doit être filtré ou non. Horsces circonstances particulières, il vaut mieuxlaisser agir le pharmacien.

Instruction. L'inscription et la souscrip-tion concernent le pharmacien, l'instruction

concerne le malade ; c'est l'indication de lamanière dont le médicament doit être employé.Elle doit être toujours écrite en langue vul-gaire, afin d'être bien comprise. Les maladesne connaissant presque jamais les termes tech-niques, il sera très-utile de dire dans l'instruc-tion si le médicament est pour l'usage interneou pour l'usage externe. Le médecin dira en-suite quand et comment on devra s'en servir :une tisane, dire si c'est par verre, demi ouquart de verre; une potion, si c'est par cuil-lerées à bouche ou à café ; une mixture, parcombien de cuillerées ou de gouttes; un opiat,par quel volume, en prenant pour points decomparaison une noix, une noisette, un pois,parce que ce sont des choses bien connues ;indiquer l'heure et les intervalles à mettreentre les doses. Pour les médicaments externes(pommades, liniments, cataplasmes) indiquerégalement les doses, les intervalles, et en outrele lieu et la durée de l'application. Le régimeet les différentes précautions auxquels le ma-lade devra être soumis, par suite de l'adminis-tration des médicaments employés, devrontêtre aussi déterminés avec soin.

Quelquefois ie médecin fait précéder l'in-struction de la lettre T, qui veut dire Trans-crivez, afin que le pharmacien indique surl'étiquette le mode d'administration que devrasuivre le malade. (Pour les autres abréviationsemployées dans les formules, V. page 188.)

Dans la fixation de la dose, le médecin de-vra toujours se rendre compte de la proportionde la base par rapport au mélange, ce qui luisera toujours facile. Supposons, en effet, quedans une potion de 100 grammes il ait fait en-trer 5 centigrammes d'un sel de morphine; s'ilfait prendre une pareille potion par cuilleréesà bouche, chacune de celles-ci contiendra uncinquième de la base, ou 1 centigramme. (V.la valeur des contenants, page 190.)

A l'occasion de l'administration des médi-caments, nous ferons remarquer qu'un soinimportant pour le médecin, est de bien se re-présenter à l'esprit la forme et la quantité enpoids ou en volume des médicaments qu'ilprescrit ; autrement il s'expose à des inconsé-quences fâcheuses à tous égards. Qu'il n'or-donne donc pas de prendre par cuillerées unemixture de quelques gouttes, par cuilleréesd'heure en heure une potion qui n'en con-tiendra qu'une ou deux ; qu'il n'indique pasde prendre par verrées un médicament mouou solide ; qu'il évite de recommander auxmalades de prendre, presque aussitôt son dé-part, des médicaments qui exigent une longuepréparation, et surtout quand lui-même enaura précisé le temps au pharmacien. Ou bienencore il ne formulera pas de potion de 15grammes, des tisanes de 125 grammes, parce