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ART DE FORMULER.
mière substance, la lettre P qui signifie prenez,ou la lettre R, quelquefois remplacée par cesigne %, qui veut dire recipe, en françaisprenez, comme dans le premier cas.
11 ne doit y avoir à la ligne qu'une seulesubstance, après le nom de laquelle la dosedoit être indiquée en poids décimaux. L'espèced'unité employée devra être écrite en touteslettres ; le médecin pourra cependant faireusage de signes abréviatifs lorsqu'il le jugeraconvenable.
Toutefois, comme l'emploi de ces signespourrait être la cause d'erreurs funestes, iln'en usera qu'avec circonspection.
Quand on fait entrer dans une formule plu-sieurs substances appartenant à la même ca-tégorie, comme des racines, des hydrolats, onne met le nom générique qu'une seule foisavant la première substance, et on a soin pourles autres de faire un trait au-dessous de cemot, en alignant au bout le nom de la secondesubstance, et ainsi de suite.
Quand plusieurs substances sont employéesaux mêmes doses et qu'elles se suivent, onpeut, pour abréger, les réunir par une acco-lade, et alors on n'écrit le poids qu'une seulefois vers le centre de l'accolade en le faisantprécéder de l'abréviatif âà ou ana qui signifiede chaque. On peut encore négliger l'accoladeet alors mettre l'ââ à la suite de la dernièresubstance que l'on veut employer à la mêmedose que les précédentes.
Les excipients et les intermèdes dont la quan-tité ne peut être fixée d'avance doivent êtreinscrits en dernier lieu, et dans ce cas on em-ploie l'abréviatif Q. S., qui signifie quantitésuffisante.
L'inscription des composants doit, autantque possible, suivre l'ordre dans lequel doitse faire le mélange. Le plus souvent on ob-serve l'ordre suivant : base, adjuvant, inter-mède, excipient, correctif ; mais il y a de très-nombreuses exceptions : c'est ainsi que lessirops entrant dans une potion à titre de base,d'adjuvant ou de correctif, sont les substancespar lesquelles le pharmacien commence, etqu'au contraire les liquides volatils (essences,éthers, ammoniaque), dans les mêmes cas,sont toujours ajoutés à la fin.
Avant de quitter l'inscription des médica-ments, nous indiquerons au praticien quelquesprécautions qui s'y rattachent.
Il donnera aux formes pharmaceutiques lesnoms qui leur conviennent. Il ne dénommerapas un collutoire gargarisme, ni une mixturepotion. H pourra, à cette fin, consulter les dé-finitions que nous donnons des différentsgroupes de médicaments dans le cours duDispensaire, et nos remarques sur la nomen-clature pharmaceutique (p. 138).
Il ne prescrira pas une trop grande quantitéà la fois de médicaments facilement altérables.Les potions, les émulsions, les tisanes, doiventêtre renouvelées au moins toutes les 2/i heures.Il évitera de faire entrer des sels déliques-cents, ou facilement altérables par les agentsextérieurs, dans la composition des pilules ; oubien il prescrira dans ce cas quelques précau-tions pharmacologiques, comme de recouvrirles pilules de gélatine ou de sucre, ou encorede les faire enfermer dans des flacons.
Il comptera sur un ramollissement de lamasse dans le mélange du camphre avec lesmatières résineuses.
Il évitera, autant que possible, d'associerdes médicaments non miscibles entre eux, àmoins d'indiquer un intermède approprié.
Dans l'adoption d'un médicament plutôt qued'un autre, le médecin devra se préoccuperdu temps nécessaire pour la préparation. Unmédicament d'une longue préparation ne sau-rait convenir dans un cas pressant, s'il pouvaitêtre, comme cela arrive presque toujours, rem-placé par un autre d'une préparation prompte,ou même tout préparé.
Il évitera de prescrire des médicaments nou-veaux ou des médicaments qui ne sont pasemployés habituellement dans la localité, avantde s'être informé auprès du pharmacien s'ilpossède le médicament, ou s'il est à même dele préparer. Comme aussi il ne conseilleral'emploi des plantes fraîches que dans la sai-son où l'on peut se les procurer.
L'attention que nous avons eue, dans le coursdu Dispensaire, d'indiquer les médicamentscomposés qui se trouvent habituellement toutpréparés dans les officines, ainsi que les sub-stances simples employées dans tel ou tel pays,et, dans le Calendrier pharmaceutique (p. 142),l'époque de la récolte des plantes, sera, nousl'espérons, d'un utile secours dans la pratiquemédicale.
La fortune du client, quoi qu'en aient ditquelques auteurs, doit aussi guider le médecindans l'adoption d'une médication à suivre.Nous n'avons point l'intention de dire que lepauvre doive être moins bien traité que leriche, mais seulement que le premier pourrase passer de ces choses qui touchent plutôt àla forme qu'au fond. Pourquoi vouloir en mé-decine, et seulement en médecine, faire pas-ser le riche sous le même niveau que le pauvreet le pauvre sous le même niveau que le riche?Celui-ci n'a-l-il pas envers le médecin et lepharmacien des exigences que celui-là, enraison de ses habitudes modestes, ne sauraitavoir ? Un médecin qui prescrira comme pur-gatif à un homme dans l'aisance une bouteilled'eau de Sedlitz, et à un malheureux 30 gr.de sulfate de magnésie, agira sensément,