DES SUCCEDANES OU MEDICAMENTS ANALOGUES.
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thérapeutiques est beaucoup plus importantequ'on ne l'a faite jusqu'à présent ; car, appro-fondie théoriquement et expérimentalement,comme nous l'entendons, elle aurait pour ré-sultat final d'être d'un immense secours pourla médecine pratique. Mais on conçoit quece n'est point dans des dimensions aussi largesque nous allons la traiter ici; non, nous nedevons que l'effleurer. (V. Bull. Un. PL, 1879.)
Partant de ce principe rigoureux qu'il n'y apas deux substances exactement semblables,le pharmacien ne doit se permettre aucunesubstitution, quelque rationnelle, quelque loyalequ'elle lui paraisse, aux substances prescritespar Je Codex ou dans une prescription magis-trale, si ce n'est dans le cas d'absolue néces-sité. Mais le médecin, lui, peut prescrire tel mé-dicament qui lui convient, substituer, si bon luisemble, dans une préparation officinale, tellesubstance à telle autre, parce qu'il connaîtl'état de son malade et l'effet qu'il veut obtenir.
L'expérience est assurément le meilleur guideà suivre pour le choix des succédanés. Cepen-dant l'analogie peut conduire sous ce rapport àd'utiles résultats ; et le moyen le plus certaind'arriver à reconnaître les analogies est, sanscontredit, d'avoir recours aux classificationsnaturelles des corps. — En minéralogie, dessubstances dissemblables qui peuvent se rem-placer muluellement dans les combinaisons,sans affecter sensiblement la forme cristalline,et sans troubler l'équilibre du composé sontdites isomorphes; et la même, substance qui estsusceptible de prendre deux ou plusieurs formescristallines distinctes est dite dimorphe ou poly-morphe. M. Blacke avance que le plus intimepoint de ressemblance existe généralemententre les composés isomorphes dans leur actionsur l'économie, lorsqu'ils sont introduits dansle sang, bien que leur action lorsqu'ils sont in-gérés dans l'estomac soit quelquefois très-dis-semblable. Ainsi personne ne voudra soutenirque le phosphate de soude tribasique, isomorp.avec l'arséniate de soude tribasique, ait lamême action sur l'économie. L'ac. arsénieuxest isomorphe avec le peroxyde d'antimoine, etcependant leurs effets sont également très-dis-semblables. 11 résulte aussi d'expériences nom-breuses faites par M. Roussi n, que les substan-ces isomorphes, au point de vue chimique etcristallographique, s'assimilent et s'éliminentd'une même manière dans l'économie animaleet peuvent être regardées comme isomorphes(équipollentes) au point de vue physiologique.On s'est occupe aussi, dans ces derniers temps,de rechercher les rapports existant entre lespropriétés chimiques et physiologiques descorps (V. Un. ph. 1863, 1871).
Le recours aux classifications zoologiques
ne peut être d'aucun profit pour la questionqui nous occupe.
Csesalpinus, selon Dierbach, est le premierqui ait établi que les plantes qui se ressem-blent par leurs caractères extérieurs sont douéesdes mêmes propriétés médicinales, tandis que,selon de Candolle, le fondateur de cette doc-trine serait Cameriarius (1699). Linnée a dit :« Plantée quœ génère conveniunt, etiam vir-tute conveniunt; quœ ordine naturali conti-nentur, etiam virtufe propius accedunt ; quœqueclasse naturali congruunt, etiam xiribus quo-dammodo congmunt » Frédéric Hoffmann(1748), Isenflamm (1764) , Wilcke (1764),Gmelin (1755), Murray, de Jussieu, Cassel, Bar-ton, professaient la même opinion; il semblemême que la phrase de Linnée, que nous ve-nons de citer, ait été calquée sur celle-ci, qu'onlit dans les œuvres d'Hoffmann (1) : uPrimumitaque asserimus plantas, quœ similes gerunt cha-racteres,viribus inter semultum acsœpius con-venue. » Mais les travaux les plus importantsqui aient été faits pour démontrer l'analogiedes propriétés médicinales des plantes de lamême famille naturelle sont ceux de de Can-dolle (1816) et de Dierbach (1831).
Si l'on parcourt la série des familles bota-niques, on reconnaît, en effet, bien vite quecette analogie dans les propriétés médicinalesdes plantes d'une même famille est réelle, etn'est que la conséquence de l'analogie desprincipes chimiques qu'elles renferment. Lesrésultats obtenus par M. Walz, dans l'analysecomparative de la bryone et de la coloquinte,de la famille des cucurbitacées, viennent encoreà l'appui de cette opinion. Citons quelquesexemples :
1 Contiennent des principes huileux) volatils. Elles sont toutes excitantes,i Par exception, le maranta est unf amylacé.
!Une huile volatile, dans les feuilles,les fleurs et le zeste des fruit . qui enfait des antispasmodiques; un sucacide, dans le fruit, qui en fait des ré-frigérants.
Boiuuginées....! , On principe mnoilagii.eni. Ce sont
( des emollients.
î Des huiles volatiles et des résines.
Conifères.. ___ \ Ce sont des excitants. Par exception,
( la sabine et l'if sont vénéneux.
Convolvulacées [ Un principe résineux purgatif.
/ Deux principes distincts se trans-r , 1 forment en huile essentielle sous l'in-
i.rlcifehes .....) fluence de l'eau. Stimulants, antiscor-
\ butiques.- Des principes amers. Elles sonttoutes toniques et fébrifuges.
[ Des huiles volatiles unies dans quel-Labiées .........] ques-unes à des matières ameres. Sti-
f mulants.
(1) Œuvres complètes de Frédéric Hoffmann (1748),tome V, chapitre intitulé : De methodo compendioso
PLANTARUM VIRES ET VIRTUTES IN MEDEND0 INDAGANDI.
Les Amomées. ..
Gentianées.