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ELECTION DES DROGUES SIMPLES.
ou d'origine, et même l'essai clinique préa-lable, fourniraient des indications précieusessur leur qualité.
Pour les substances indigènes, nous suppo-serons que le pharmacien les récolte ou lesfait récolter toutes lui-même, et en consé-quence nous lui rappellerons les notions sui-vantes :
En général, il est essentiel de ne récolter lesvégétaux ou leurs parties que lorsqu'ils sontarrivés à eur maturité et dans leur plus grandétat de vigueur. C'est cet état que Vanbelmontnommait temps balsamique. Mais il y a de nom-breuses exceptions, de sorte qu'il est plusexact de dire qu'il faut avoir égard dans cecas au médicament que l'on veut obtenir, et,sous ce rapport, considérer différentes influen-ces, telles que celles de l'âge, du terrain, del'état sauvage ou cultivé, du climat.
L'âge a une influence marquée sur les pro-priétés des substances végétales. Il est en effetde ces substances qui jouissent "de propriétésopposées selon l'âge auquel on les récolte. Lalaitue, d'abord très-aqueuse et comestible,fournit plus tard un suc laiteux doué de pro-priétés actives. Les nègres se nourrissent sansinconvénient des jeunes pousses de l'apocyn;les paysans toscans, de celles de la viorne clé-matite; et les Suédois, de l'aconit dans sa jeu-nesse : or, on sait que ce sont là des végétauxtoxiques. Des principes apparaissent ou dispa-raissent selon l'âge d'un végétal. La mauve etla guimauve deviennent acides et un peu as-tringentes vers la fin de leur végétation. Mal-gré de nombreuses exceptions, on peut direcependant que c'est à l'époque de l'entrée enfloraison que les plantes ont, en général, ac-quis toute leur plénitude d'action.
L'influence du terrain ne dépasse pas leslimites du plus ou du moins d'activité. Lesombellifères, aromatiques, venues dans un solsec, ne le sont que très-peu dans un sol hu-mide, de même que les ombellifères vireusesperdent une partie de leur activité lorsqu'ellescroissent dans un sol sec au lieu d'un solhumide qui leur convient. Les solanées et sur-tout les alliacées et les crucifères exigent,pour une plus parfaite élaboration de leursprincipes, un sol azoté. C'est pour cela queles terrains les plus propres à leur culture sontceux situés dans le voisinage des habitations.La bourrache et la pariétaire exigent un ter-rain nitré. La belladone, la jusquiame, la stra-moine, aiment les terrains légers; la mercu-riale et la fumeterre ne se rencontrent que dansles terres meubles et amendées. Les plantesqui ont végété dans un terrain sec et pierreuxcontiennent plus de matière colorante, leurécorce plus de tannin, que celles qui croissentdans un terrain humide et gras.
Au delà de trois années dans le même ter-rain, la menthe poivrée dégénère : son huilevolatile perd en qualité. Il est donc des plantesmédicinales cultivées qui exigent des assole-ments.
Le climat a peut-être plus d'influence quele sol sur les propriétés des plantes. On peutdonc établir comme règle générale que les vé-gétaux doivent être pris dans les pays où ilscroissent natuiellement. Ces êtres, transportésdans un pays qui n'est pas le leur, ne tardentpas à dégénérer, et à n'offrir ni les mêmesprincipes, ni les mêmes propriétés. La rhu-barbe, dont l'Europe a voulu enlever la cultureà l'Asie, n'a plus, lorsqu'elle pousse chez nous,les vertus qu'elle possédait dans son pays natal.Le frêne, qui donne la manne en Sicile; lesmyroxylons, les copahuviers qui, au Pérou,fournissent les baumes de tolu et de copahu,ne laissent point exsuder ces produits dansnos contrées. La semence de cannabis indica,ainsi que nous l'avons reconnu nous-même,semée en France, donne une plante vigou-reuse, plus vigoureuse même qu'en Asie ou enAfrique, mais elle n'a point ces propriétés eni-vrantes qui caractérisent si éminemment lechanvre de l'Inde, ou haschisch. Nous tenonsen outre de M. Gastinel, pharmacien au Caire,qu'en Egypte, où le haschisch prospère, l'ac-tivité de cette plante varie d'une localité à uneautre, quelquefois fort voisine. Cette remarques'accorde avec celle de ftaller, qui dit que lavalériane venue dans les lieux bas et hu-mides est bien moins efficace que celle quicroît sur les lieux élevés. D'autres auteurs ontfait la même remarque pour l'aconit, etc. Dansl'étal actuel des choses, une géographie bota-tanique médicale serait un travail fort utile.
La culture a une influence dont l'économiedomestique nous offre tous les jours des preu-ves. C'est la culture qui diminue la saveur forteet désagréable des chicoracees, du céleri, descardes. Mais, si dans ce cas elle est un avan-tage, il n'en est pas ainsi pour la matièremédicale, car elle affaiblit et dénature les pro-priétés des végétaux ; ainsi on ne chercherapas un amer dans la chicorée étiolée des jar-dins. Cependant quelques plantes gagnent parla culture ; telles sont les ombellifères, les cru-cifères, beaucoup de labiées, etc.
Tout végétal, en parcourant les différentespériodes de sa vie, offre une racine, une tige,une écorce, des bourgeons, des feuilles, desfleurs, des fruits et des semences. Indiquonssommairement les règles à suivre pour la ré-colte de chacun de ces organes.
Les racines, ainsi que l'ont recommandéDioscoride, Galien, Avicenne, doivent être ré-coltées au printemps ou à l'automne. Si onles arrache au printemps, c'est quand les feuilles