ÉLECTION DES DROGUES SIMPLES.
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ELECTION DES DROGUES SIMPLES
Une première préoccupation du pharmacienest l'élection ou choix des substances médica-menteuses simples, soit qu'il les retire du com-merce, soit qu'il les récolte lui-même.
Le choix des drogues simples est un pointcapital de la pharmaceutique. Il exige pourêtre bien rempli, un discernement profond etdes connaissances acquises par une expériencelongue et soutenue. C'est sur ce soin surtoutque repose la perfection des médicaments com-posés.
La surface de la terre est couverte d'unemultitude d'animaux et de végétaux, quel'homme, dans ses différentes stations, appli-que à l'art de guérir. Si nous pénétrons dansson intérieur, nous y trouvons encore unefoule de substances dans le même cas. Demême que les animaux ont des habitats appro-priés à leurs mœurs et à leur constitution, lesvégétaux pour les mêmes causes, occupentaussi des lieux, de préférence a certains autres,et ces habitats ne sont pas moins variés queceux des animaux. Les bois, les champs, lessommets inaccessibles, la surface et le sein deseaux voient croître, vivre des êtres aussi diversde forme que de propriétés médicinales. Lesminéraux, par suite des révolutions du globe,offrent la môme diversité de gîtes. De ces con-sidérations découlent les règles qui doiventprésider à l'élection des médicaments simples.
Les anciens pharmacologistes, qui attachaientune grande importance au choix des drogues,prescrivaient à cet effet des règles bizarres :par exemple, l'observation du cours des astres,dans l'idée où ils étaient que les corps célestesavaient une influence occulte, positive sur lespropriétés des végétaux, des animaux, voiremême sur celles des minéraux. Depuis long-temps déjà on a fait justice de ces préceptesabsurdes, et les règles établies aujourd'huireposent sur les principes de la saine logique.
Les matières employées comme médicamentsappartiennent au règne organique ou au règneinorganique.
Le nombre des substances minérales em-ployées en médecine, assez grand autrefois, estaujourd'hui fort limité. La seule règle ci suivredans leur choix est de les prendre dans leurplus grand état de pureté possible. C'est alorsque le pharmacien, mettant à profit ses con-
naissances en minéralogie, considérera la forme,la couleur, l'odeur, la saveur, la densité duminéral, et, s'il est solide, ce qui est le cas leplus ordinaire, il le cassera, en observera latexture, la couleur de la masse et celle de lapoudre.
C'est en plus petit nombre encore que lessubstances animales sont mises en usage au-jourd'hui. 11 n'en était pas ainsi autrefois. Eneffet, une foule d'animaux ou parties d'ani-maux figuraient dans la matière médicale desanciens. Certes ce ne sera pas sans exciterl'étonnement des tbérapeulistes modernes quenous mentionnerons comme étant en très-hauteestime auprès des médecins du moyen âge, lefoie, le sang, les priapes de divers animaux,les bézoards, les lombrics, le crâne humain,les dépouilles de crapauds et de serpents, lesexcréments de chien (album grœcum), de sou-ris (album nigrum) et cent matières plus hété-roclites encore. Ajoutons à ce tableau rétros-pectif que la plupart de ces substances, commed'ailleurs beaucoup des autres règnes, étaientemployées par une sorte d'homœopathie deforme, de couleurs, de provenance, etc., ap-pelée Signature; les poumons d'animaux de-vaient guérir les affections pulmonaires, lecrâne humain combattait l'épilepsie, les priapesétaient des aphrodisiaques, etc.
Le pharmacien n'emploie plus ou presqueplus les animaux ou parties d'animaux à l'étatfrais, et les quelques substances animales sèchesconservées ffins la matière médicale actuelleétant toutes exotiques, lui sont conséquem-ment fournies par le commerce. Elles ne luilaissent donc que le soin d'un choix dans le-quel il est guidé par ses connaissances spécialesdes drogues simples.
Contrairement aux substances minérales etanimales, les substances végétales jouent ungrand rôle dans la matière médicale. On peutles diviser en exotiques et en indigènes. Lepharmacien se procure les premières par la\oie du commerce et de la droguerie en gros.Leur choix est presque tout de visu. Cependantpour un assez grand nombre, et cela généra-lement pour les plus importantes, l'essai chi-mique (V. Pharm. légale) est le moyen le pluscertain d'en connaître la valeur. Pour d'autres,la connaissance exacte des lieux de provenance