Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
28
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

28 INTRODUCTION

La découverte récente des alcaloïdes (1), celle plus récente encore de laxyloïdine (2) qui devait devenir, dans ces dernières années, le fulmi-coton,celle du chloroforme (3), cet anesthésique par excellence, appartiennent à lapharmacie.

Mais la chimie organique elle-même, plus variée encore dans ses produitsque la chimie minérale, plus ardue dans ses problèmes par la subtilité du jeude ses éléments, la transmutabilité de ses combinaisons, née d'hier et déjà sigrande, si pleine de faits de tous ordres, mais qui, il est vrai, n'a encore trouvéque ses Schèele et ses Wenzel, n'est-elle pas, pour la plus grande partie, l'œu-vre des chimistes-pharmaciens (4)?

Le brome est une découverte pharmaceutique (5); chose singulière, le chlore,le brome, l'iode, et si l'on veut, le fluor, entrevu par Schèele, lesquels consti-tuent toute la classe si naturelle et si importante des corps halogènes, ont étédécouverts par des pharmaciens.

La méthode d'épuisement des substances par déplacement, qui rend de sigrands services à l'industrie, soit qu'on la fasse remonter à Tachenius, soitqu'on en fasse honneur à P. Boullay et llobiquet, est d'origine pharmaceuti-que. 11 en est de même de la galvanoplastie (6) ; de la daguerréotypie (7) ; dela photographie (8) ; de la gravure électro-chimique (9). Le blanchiment desétoffes à la vapeur, seul procédé suivi aujourd'hui dans les grands éta-blissements, est l'œuvre de Cadet de Vaux et de Curaudeau(lO). Ce luxe d'ap-pareils d'éclairage à huile, que nous voyons de nos jours, a pris naissance del'invention d'un pharmacien de Paris, dont le nom est resté à l'appareil : nousavons nommé Quinquet. C'est l'occasion de rappeler que l'épuration des huiles à

(1) Sertuerner, pharmacien allemand, commença cette série de découvertes, en 1810, par celle dela morphine.

(2) Découverte par Braconnot, qui, à plus d'un titre, peut être considéré comme le Schèelefrançais. Il s'occupa des corps gras en même temps que M. Chevreul, et arriva par une autre voieau même résultat que ce dernier dans la séparation de leurs différents principes. Ses travaux sur lagélatine, le ligneux et le caséum ont déjà des applications et en auront de bien plus grandes par la suite.

(3) Par Soubeiran.

(4) Dumas, Liebig, Wohler, Robiquet, etc., etc.

(5) Par M. Bâtard, en 1826.

(6) La galvanoplastie est l'application des données fort explicites du pharmacologiste italien Brugna-telli, élève et collaborateur du célèbre Voila.

(7) On pourrait, sans altérer en rien les honneurs dus à INiepce et à Daguerre, considérer lesremarques de Schèele sur la coloration du chlorure d'argent à la lumière, comme le point de départde cette importante découverte.

(8) Vérignon, pharmacien à Hyères, élève alors chez Pelletier, qui on présenta le travail à l'Institut,doit être considéré comme ayant ouvert la voie à Talbot qui rendit la photographie pratique.

(9) M. Via!, pharmacien de Paris (Un. ph., 1864, p. 312) ; Boyer, de Nîmes [Oméograpkie, Un. pli.,1860, p. 353).

(10) Cuvier (Rapport sur le progrès des sciences) l'attribue à Chaptal.