26 INTRODUCTION
garçon de laboratoire devint directeur de l'École de pharmacie, et à qui l'ondoitle chrome et des travaux importants, au point de vue industriel, sur l'alun,ledésuintage des laines, etc. (1); Courtois, plus connu comme salpêtrier, quidécouvrit l'iode, métalloïde appelé à de si hautes destinées, et sans lequell'admirable découverte de Niepce et Daguerre serait encore à faire; Bouillon-Lagrange, qui reconnut que la torréfaction transformait l'amidon en unematière gommeuse soluble, laquelle, sous le nom de léiocomme, est aujourd'huiemployée dans les indienneries à l'apprêt des étoffes. C'est cette même sub-stance qui, par des transformations successives, dues aux travaux d'autrespharmaciens, est devenue l'objet de fabrications et d'applications importantessous les noms de dextrine et de glucose.
C'est cette dernière génération de pharmaciens-chimistes, disons-le à sagloire et à celle de notre pays, qui répondit à l'appel que, dans sa détresse, legouvernement de notre première République fit aux savants. Les ennemis en-vahissaient nos frontières et les munitions manquaient pour les repousser. Noschimistes se précipitent à l'œuvre et créent aussitôt des ressources inépuisablesen soufre, en salpêtre, en bronze ; remplacent les procédés longs par des pro-cédés expéditifs, et fournissent ainsi, à temps, à nos soldats, de la poudre, desarmes, des vêtements, en même temps qu'ils éclairent leur marche par le bal-lon de Fleurus.
Ce sont ces mêmes chimistes qui, quelques années plus tard, pour remédieraux rigueurs du blocus continental, surent trouver dans nos champs ce qu'au-trefois on demandait au sol étranger, et arrivèrent de la sorte à suppléer l'in-digo, le sucre, les soudes (2) et tant d'autres produits exotiques. Écrions-nousdonc avec Fourcroy : « Les fastes de la Révolution française diront au mondetout ce que la guerre de la liberté doit aux lumières et aux ressources de lachimie 1 »
La guerre, grâce àDieu, paraît devenir bientôt un anachronisme. Les peupless'aperçoivent que, quelquefois utile aux ambitieux, elle est finalement et tou-jours une cause de misère pour eux et un crime de lèse-humanité (3). Mais que,
(1) Les différents mémoires analytiques de Vauquelin remplissent certaines années des Annales dechimie (Cuvier, Rapport sur le progrès des sciences). — Vauquelin fut essayeur de la monnaie, direc-teur de l'École des mines, etc. (V. Union pharm., 1864, p. 217.)
(2) La fabrication de la soude artificielle est due à Leblanc et Dizé.
(3) Il ne doit plus y avoir d'autres batailles que celles livrées dans les congrès scientifiques et lesexpositions industrielles. Ce sont là, à rencontre des autres, des batailles vivifiantes pour les vaincus,comme pour les vainqueurs, pour les nations comme pour les citoyens. —Telles étaient nos illusions:hélas ! il a fallu que deux monarques ambitieux vinssent nous donner le démenti le plus cruel en