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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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24 INTRODUCTION

raie (1). Le premier il émit catégoriquement les notions du poids et du nombreen chimie ; le premier il reconnut que dans la double décomposition des selsrien ne se crée, rien ne se perd soit comme matière, soit comme force chimi-que, tous principes sur lesquels sont établies la théorie chimique de Lavoisier,la théorie atomique ou des équivalents de Dalton, la statique chimique deBerthollet, les ingénieuses méthodes d'analyse par la voie humide de Gay-Lus-sac. A Wenzel donc l'honneur des premières assises de la véritable philosophiechimique.

L'autre chimiste, contemporain de Wenzel, est à la fois l'humble et illustreSchèele. de parents pauvres, il entre dès l'âge de 12 à 13 ans comme ap-prenti dans une pharmacie de Gothenbourg ; à 20 ans, il parcourt la Suèdecomme élève en pharmacie ; mal apprécié des académiciens de Stockholm,auxquels il soumit ses premiers travaux, il est plus heureux à Upsal,, grâceà un incident fortuit, Bergmann le découvre et le prend en amitié. Trop humble pour briguer une position officielle, il accepte la gérance de la pharmacied'une veuve à Kœping, et meurt en 1786 à l'âge de 44 ans (2) ! Autant Schèeleest inférieur à Wenzel comme esprit génôralisateur, comme théoricien, au-tant il lui est supérieur comme praticien, comme homme du fait brut. C'est delui qu'on peut dire qu'il eut le génie des découvertes. Énumérer tous les corpsqu'il a fait connaître serait parcourir tout le domaine de la chimie. C'est lui quidécouvrit le chlore, dont l'importance industrielle est si grande ; le manga-nèse, le tungstène, le molybdène, la baryte, les acides cyanhydrique, citrique,tartrique, oxalique, fluorhydrique,la glycérine, etc., etc. Il reconnut l'oxygèneen même temps et peut-être même avant Priestley, mais ne le fit connaîtrequ'après. Et comment fit-il toutes ces découvertes importantes? Quelques creu-sets, des fioles, des verres à bière, qui ne sont pas rares en Allemagne, quelquesvessies, sont tous les appareillages avec lesquels il décèle et étudie les corps;

(1) Thénard. Traité de chimie. Thénard, de qui nous empruntons cette citation, fut d'abord destiné àla pharmacie , passa ses premières années d'études scientifiques parmi les pharmaciens et eut pourmaître Vauquelin.

(2) « Tandis que vers la fin de sa vie Schèele faisait l'admiration de l'Europe savante, il étaitpresque inconnu dans son pays. On raconte même que le roi de Suède, dans un voyage, qu'il fit hoisde ses États, entendant sans cesse parler de Schèele comme d'un homme des plus êminents, fut peinéde n'avoir rien fait pour lui. Il crut nécessaire à sa propre gloire de donner une marque d'estime àun homme qui illustrait ainsi son pays, et il s'empressa de le faire inscrire sur la liste des chevaliersde ses ordres. Le ministre, chargé de lui conférer ce titre, demeura stupéfait. Schèele ! Schèele ! c'estsingulier! dit-il. L'ordre était clair, positif, pressant, et Schèele fut fait chevalier. Mais, vous ledevinez, ce ne fut pas Schèele, l'illustre chimiste, ce ne fut pas Schèele, l'honneur de la Suède, ce futun employé de l'administration, du nom de Schèele, qui se vit l'objet de cette fateur. » (Dumas Pkilv-sophie chim.)