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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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23 INTRODUCTION

ne parvinrent point à faire de l'or ni à trouver la panacée universelle, ce qui,selon nous, était une seule et même chose, on ne peut disconvenir, du moins,que leurs travaux ne furent pas en pure perte : leurs découvertes, parmi les-quelles nous citerons les acides sulfurique et azotique, l'eau régale, l'anti-moine, l'arsenic, le bismuth, le zinc, le phosphore, l'ammoniaque, les princi-paux sels métalliques, l'alcool, l'étirer, la poudre à canon, la porcelaine (1),de nombreux procédés métallurgiques, le démontrent suffisamment. Disonsmême que si leur immense labeur n'a pas été plus fécond, peut-être faut-ils'en prendre un peu aux tribulations auxquelles ils étaient en butte commeentachés de sorcellerie. Nul doute que s'il fût arrivé à l'un d'eux de faireune découverte qui eût semblé ébranler un dogme de la foi, la décom-position de l'eau, par exemple, il n'eût été pendu ou brûlé vif. Pour une dé-couverte moins importante qu'il ne voulut pas renier, Roger Bacon lut enfermépour le reste de ses jours. Le langage allégorique des alchimistes, qui nouscache tant de faits précieux, prend autant sa source dans les sévérités dont ilsétaient l'objet que dans l'amour du merveilleux qu'on avait à cette époque.

L'idée de la transmutation des métaux vils en métaux nobles, pour laquelleon les a tant conspués, n'est-elle pas en quelque sorte réhabilitée par deschimistes contemporains du plus haut mérite ? L'étude des poids atomiquesdes métaux, qui de plus en plus amène à les considérer comme des mulliplesles uns des autres, ne porte-t-elle pas au moins le doute dans les esprits? Maisl'isomérisme n'y conduit-il pas tout droit ?

Eux les premiers, marchant hors des sentiers communs, ont fouillé lesarcanes de la science et en ont extrait les premiers matériaux, préparé, sinonposé, les premiers jalons. Eh ! mon Dieu, n'est-ce pas à cette race de rêveurs,de fous, d'enthousiastes adeptes de l'idéal, que l'on doit les plus hautes décou-vertes de l'intelligence, les systèmes philosophiques qui nous régissent, laphysique céleste, le nouveau monde^ l'imprimerie, la vapeur, le magnétisme,l'électricité, race qui comprend en effet aussi bien Pythagore, Platon, Démo-crite, Leibnitz, Descartes, Archimède, Galilée, Newton, Christophe Colomb,Gutenberg, Papin, Volta, que les alchimistes proprement dits?

Est-ce à dire que nous voulions innocenter l'alchimie, que nous ne trou-vions rien à reprendre dans ses actes? Non. Mais si des jongleries indignes

(1) Bottichcr, entré en apprentissage, âgé de 19 ans, chez Zom, apothicaire de Berlin, est l'auteur decette découverte. Il la fit de 1701 à 1710. Quelques années après, les célèbres manufactures de porce-laine de Saxe furent créées. De ce moment la Chine et le Japon n'eurent plus le privilège exclusif dela fabrication de cette poterie par excellence. (Figuier. Alchimie.)