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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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INTRODUCTION

son élan, et assuré par une bonne gestion de sa maison de pouvoir vivre hono-rablement, rien qu'honorablement, sera heureux d'utiliser ses connaissancesau profit du progrès.

Le pharmacien est en effet un travailleur désintéressé. C'est dans ses rangsqu'il faut aller chercher ceux qui cultivent la science pour elle-même. Combienen connaissons-nous, pour notre part, qui, au milieu des privations de touteaature, ne se plaignent que d'une chose, ne pouvoir se livrer à l'étude! Uneconcurrence sans frein, les besoins matériels de chaque jour à satisfaire le luiinterdisent absolument. Que cherche-t-il? De quoi se préoccupe-t-il encore dansces réformes qu'il réclame aujourd'hui? Avant tout, de sa dignité profession-nelle. A une époque de positivisme comme la nôtre, une profession qui se préoc-cupe tant de ses intérêts moraux est assurément deux fois digne.

C'est à cet amour de la science que la pharmacie inspire à ceux qui l'em-brassent qu'elle doit d'être une pépinière de savants des plus fécondes.L'Institut de France, que les savants de tous les pays s'accordent à considérercomme l'expression la plus élevée, le cycle le plus complet des connaissanceshumaines, a toujours compté des pharmaciens dans ses rangs (1), et aujour-d'hui même un grand nombre de ses membres ont titre de pharmaciens ouont débuté dans la carrière par la pharmacie (2). Combien d'autres occupentles places de nos institutions scientifiques secondaires ? Ce que nous disons denotre époque et de la France, nous pouvons l'étendre à tous les âges et à tousles pays (3).

C'est à un pharmacien de Paris, Nicolas Houel, que l'on doit la création dupremier jardin botanique en France. Le jardin des simples de l'École de phar-macie de Paris précéda de soixante ans la création du Jardin des Plantes, au-jourd'hui Muséum d'histoire naturelle. Dès le commencement du xvn e sièclece fut aussi un pharmacien allemand, Basile Besler, apothicaire de Nuremberg'qui dota l'Allemagne de ses trois premiers jardins botaniques. Au commence-

(1) Quand Napoléon fonda l'Académie des sciences, troi<= membres, sur six qui composaient la sec-tion de chimie, étaient des pharmaciens : Bayen, B. Pelletier, Vauquelin. L'École polytechnique atoujours eu des pharmaciens soit comme professeurs, soit comme répétiteurs.

(2) Dix membres nationaux : Balard, Dumas, Milne-Edwards, Frémy, Bussy, Girardin TréculChatin, réduits à huit par la mort de Pelouzo et de Lecoq.

Parmi les conférences scientifiques du soir, faites au point de vue des gens du monde par les professeurs des facultés dans différentes villes de France, celles qui ont eu le plus de succès sont cellesde Clermont-Ferrand, faites par Mil. Aubergier et Lecoq ; ce dernier a même été app3lé à faire desconférences à la Sorbonne, en raison de ce succès.

(3) Presque tous les chimistes allemands de quelque réputation, Liebig en tête, sont pharmaciens oud'origine pharmaceutique.