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INTRODUCTION
jours, exécuté des travaux qu'ils savaient ne devoir profiter qu"à leur pays ; cestravaux peuvent donner une idée de ce que l'on pourrait attendre de l'insti-tution dont nous demandons la création. Les uns ont publié la flore (1), lagéologie (2),l'hydrologie (3), l'œnologie (A) de leurs départements; d'autres,la monographie des substances alimentaires delà France (5); d'autres enfin,dans les mêmes conditions de précarité, ont ouvert des cours pour l'instructionprofessionnelle (6) et hygiénique (7) des classes ouvrières. Beaucoup de cestravaux ne sont sans doute que des ébauches; mais, entrepris par une insti-tution, ils deviendraient des travaux importants.
Paris (8), Rouen, Lyon, Nantes, Bordeaux, Lille, Valenciennes, Clermont,Nîmes, ont confié leur enseignement industriel à des pharmaciens.
Oui, par une bonne organisation, la pharmacie résoudra le problème de ladiffusion des sciences appliquées à la pratique, et cela plus efficacement, plussûrement que toute institution spéciale que l'on pourrait créer à cet effet (9).Les places officielles, par cela même que les titulaires n'ont qu'une responsa-bilité fictive, n'ont point à compter avec le stimulant des chances aléatoiresd'un établissement particulier, ni même avec beaucoup de charges de la vieordinaire; les places officielles, disons-nous, deviennent facilement chez nousdes sinécures. Le pharmacien, établi à ses risques et périls, stimulé par cettecondition même, pourvu qu'elle n'aille pas jusqu'à le décourager, à paralyser
(1) Moisan de Nantes. Flore de la Loire-Inférieure. — Vandarame. Flore de l'arrondissement d'Ha-zebrouck.
(2) Husson. Géologie et anthropologie de l'arrondissement de Tout. — Parisot. Géologie et Flore del'arrondissement de Belforl. — Marchand. Climatologie de la ville de Féeamp.
(3) Henry, Boudet et Boutron-Charlard. Etudes sur les eaux qui alimentent Paris. — Dupasquier.Recherches sur les eaux qui alimentent la ville de Lyon. — Monde et Bobiorrc, de Nantes. Recherchessur les cours d'eau qui alimentent la Loire-Inférieure et de la Vendée. — Fauré. Eaux de la Gironde.
__Marchand, de Féeamp. Recherches sur les eaux courantes et stagnantes. — Filhol. Eaux minérales
des Pyrénées. — Robinet, de Paris. Etude générale des eaux potables de la France.
(4) Fauré. Vins du Bordelais. — Batilliat père. Traité des vins de France. — Bouchardat. Cépagesde la Bourgogne.
(5) Mouchon. Bromalologie Française. — Braconnot. Des plantes alimentaires qui croissent sponta-nément dans les lieux incultes. — Chevallier. Falsifications des substances alimentaires.
(6) Gosselet, de Landrecies. Cours aux cultivateurs. — Oudart, de Troyes. Instructions sur lesengrais.
(7) Boudet. Cours d'hygiène aux ouvriers de son quartier. — Robinet. Etudes sur les vers à soie etles magnaneries. — Lepage. Cours de chimie et de physique le dimanche aux habitants de Gisors. —Ce sont des pharmaciens qui, en 1848,prirent l'initiative de sortir les ouvriers du désœuvrement pro-duit par la révolution de février, en les appelant à des cours de science appliquée, et donnèrent ainsinaissance aux sociétés polytechniques et philotechniques, si florissantes et si utiles aujourd'hui. (V. LaPharmacie française en présence de ses réformes.)
(8) Persoz. Cours de chimie appliquée à la teinture, au Conservatoire des arts et métiers.
(9) Dans le travail originel nous donnons le plan de cette organisation [Revue pharm., 1851-52).