INTROB0CTION 17'
sacrés à la pharmacie, des chaires de chimie, de physique, de minéralogie,de zoologie, de botanique, et, comme conséquence, des laboratoires pour lesmanipulations chimiques, des cabinets de physique, des collections d'histoirenaturelle, existent déjà dans les écoles supérieures de pharmacie. Qu'au pro-gramme des examens pour le pharmacopolat, on ajoute l'obligation d'analyseschimiques technologiques, d'expériences avec les instruments de physique,de reconnaissances d'objets d'histoire naturelle plus sérieuses, plus étendues,et le pharmacien sera ainsi mis à même de répondre à toute réquisition offi-cielle ou officieuse.
Le Gouvernement pourra lui demander des statistiques hydrologiques, miné-ralogiques, phytologiques, zoologiques, agricoles, manufacturières; les tribu-naux, des expertises chimico-légales, des arbitrages; l'autorité municipale, lavisite et l'essai des substances alimentaires dont aujourd'hui on ne doit plustolérer la falsification, des rapports de commodo et incommoda ; elle le délégueraannuellement pour faire des leçons, ici aux ouvriers des fabriques, là auxlaboureurs sur les questions élémentaires qui les intéressent le plus immédia-tement (1). On lui demandera mille autres genres de services encore que nousne pourrions énumérer, et qui résulteront d'ailleurs des besoins nouveaux quele fait même de leur création aura fait naître. Dans cet aperçu, ne voilà-t-ilpas toute une révélation d'un point important d'économie sociale ? Quelsavantages, en effet, le Gouvernement ne retirera-t-il pas d'une pareille insti-tution : les différents produits et richesses de la France connus par dépar-tements, les autorités judiciaire et municipale sûrement renseignées et secon-dées, tels sont les résultats généraux que peut produire une bonne organisationde la pharmacie. Quelle autre profession est à même de rendre gratuitementde pareils services aux intérêts du pays? Sans en excepter les professionsprivilégiées actuelles, qui ne rendent et ne peuvent rendre de services qu'à elles-mêmes, il n'en est absolument aucune. Il n'y a qu'à vouloir pour que tous cesavantages se réalisent.
Nous espérons qu'on voudra bien ne pas considérer comme problématiquesles résultats que nous annonçons. Déjà des pharmaciens isolés, à leurs fraispersonnels, placés dans les conditions les moins avantageuses, ont, de nos
(I) Quelques leçons, chaque année, le dimanche en plein air ou dans des bâtiments appartenantaux communes. Dans le courant de ces leçons, qui seraient lues ou débitées, quelques expériencessimples et propres à frapper l'auditoire seraient d'un grand secours pour commander son attention.
Dans le département delà Seine-Inférieure, M. Girardin, professeur de chimieà Rouen,puis doyen dela Faculté des sciences de Lille et Recteur de l'Académie de Clermont-Ferrand, parcourait annuellementles campagnes pour donner aux paysans quelques notions de chimie agricole mise à leur portée