J6 INTRODUCTION
Le public a tellement l'habitude d'avoir recours au pharmacien dans cettefoule de circonstances qui l'embarrassent ou l'intéressent, que c'est pour luiune chose toute naturelle et dont il use en quelque sorte comme d'un droit.Aussi croyons-nous être autorisé à dire qu'il est peut-être bien peu de ces ap-plications des sciences amenées et faites on ne sait comment par des per-sonnes étrangères à toute notion scientifique qui n'aient pour origine ou fin leconseil plus ou moins catégorique d'un pharmacien.
« Partout le pharmacien est l'homme utile, éclairé, remarquable par sonzèle désintéressé et son dévouement. Le voyageur, le savant ou le naturalistequi visite pour la première fois des contrées éloignées, s'approche d'une petiteville : où trouvera-t-il des renseignements sur les objets qui l'intéressent aumilieu du pays qu'il parcourt? L'administrateur est d'un abord difficile etfroid; des soins divers retiennent ou préoccupent le médecin, l'homme de loi,le pasteur du lieu. Le pharmacien est toujours disponible. Reconnaissant del'estime qu'on lui témoigne en s'adressant à lui, il indique avec empressementles objets remarquables, les ressources que présentent les localités ; il vousaidera dans vos recherches; il vous accompagnera dans vos excursions; et,flatté de se trouver en contact avec le mérite, la science ou la célébrité, ilvous laissera convaincu que le goût d'apprendre, le désir d'être utile, sont entrevous et lui comme un lien de confraternité, un sentiment qu il est heureux etfier de partager avec vous. » (cap.)
Déjà aussi, dans les départements, le pharmacien remplit-il les fonctions offi-cielles d'expert chimiste devant les tribunaux civils ou criminels, d'essayeurde matières d'or et d'argent, de membre des comités d'hygiène (1) ou decomices agricoles.
Sans doute, dans l'état actuel des choses, tout pharmacien n'est pas apteà résoudre avantageusement les problèmes scientifiques et pratiques suscep-tibles de lui être soumis. Mais rien n'est plus aisé que de lui donner cetteaptitude, toutes les voies sont disposées pour cela; il suffit d'une simple addi-tion au programme de ses études.
Aujourd'hui, une instruction première, plus solide que par le passé, est exi-gée du jeune homme qui veut obtenir le diplôme de pharmacien. Les jurysmédicaux ont fait leur temps, et les écoles supérieures ont été appeléesà conférer seules le diplôme. Les études théoriques et pratiques, par celamême, vont devenir plus solides. En dehors des cours exclusivement con-
(1) A Paris, la moitié des membres du Conseil général de salubrité est composée de pharmaciens.