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INTRODUCTION 15
Pour faire rendrejustice à la pharmacie, pouvions-nous mieux trouver quede la faire juger sur ses œuvres mêmes? N'en offre-t-elle pas un assez beaucontingent? Certes le cadre que nous avons choisi eût pu de beaucoup êtreagrandi et servir à élever un monument plus digne d'elle. Des matériaux plusnombreux eussent été facilement collectés, et les faits présentés avec plusde détails eussent certainement gagné en intérêt et en clarté. Mais pour trou-ver place ici, notre travail devait être nécessairement limité. Tel qu'il est,néanmoins, nous espérons que nos confrères le considéreront comme un docu-ment important de l'histoire de la pharmacie, et qu'ils nous pardonneront sesimperfections en faveur de l'intention qui nous a guidé : servir notre chèreprofession et en même temps lui rendre hommage.
La pharmacie remplit officieusement, au sein de la Société, une missionscientifique qui lui donne un aspect sous lequel, si ce n'est incidemment, ellen'a point encore été envisagée. C'est ce point de vue que nous allons essayerde faire ressortir.
Le pharmacien, en raison de ses connaissances polytechniques, remplit déjàofficieusement dans les populations artistiques, industrielles et agricoles aumilieu desquelles il se trouve placé, une mission qu'il suffit d'indiquer pour lafaire reconnaître et en faire apprécier l'importance. Il est en effet le savantmodeste, éminemment pratique, éminemment abordable par toutes les classesde la société. « S'il y a un vin frelaté, une eau malsaine, un air méphitique, unaliment dangereux, à qui peut-on mieux s'adresser qu'au pharmacien-chimistepour y remédier? Un minéral contient-il des substances métalliques ou dessels qu'on puisse exploiter ? Telle plante est-elle utile comme aliment, commemédicament, pour la teinture, pour les arts? Comment extraire de tel fruitou de telle racine, du sucre ou une fécule nourrissante? Comment neutralisertel poison, analyser telle liqueur? Qui ne se connaît mieux, dans les arts oula technologie, que le pharmacien vraiment digne de ce titre?» (Virey.)
avec liberté, et que rétrograder n'est pas progresser; nous avons répondu à toutes les objections préten-dant qu'une telle mesure serait en contradiction avec le courant actuel de l'opinion, et interprété, par ledéfaut de protection et d'une bonne répartition, les découragements qui se manifestent de plus en plusdans nos rangs et produisent le mercantilisme avec toutes ses nuances et conséquences ; nous avons établiencore que, mince comme chiffre, la question pharmaceutique a une importance spéciale très-grandeet qu'il est du devoir d'un Gouvernement éclairé de la bien étudier afin de lui donner sa véritablesolution ; que tout autre système qu'une limitation proportionnelle aux besoins réels ne donneraqu'une organisation bâtarde, pleine d'ennuis et de difficultés, ne sera qu'un compromis provisoire;qu'avant d'être avantageuse pour la Pharmacie cette mesure est surtout d'intérêt public; que, quant auPharmacien qui pourrait craindre de devenir ainsi fonctionnaire, cette crainte n'a pas de fondementsérieux, tandis qu'il gagnerait certainement en dignité et en indépendance; qu'enfin, la question desélèves en pharmacie, si difficile à résoudre, si épineuse aujourd'hui, aura seulement par la limitationsa solution normale.