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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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14 INTRODUCTION

C'était pour nous autant un devoir de reconnaissance que de conviction, dechercher à faire honorer la pharmacie. En effet, si depuis longtemps déjà nouslui consacrons nos efforts, nous devons reconnaître que nous avons été ré-compensé assurément au delà de nos mérites; le succès de nos ouvrages, laprospérité de l'Œuvre commune à la tête de laquelle la confiance de nospairs nous a placé, sont pour nous la plus haute faveur que nous puissionsambitionner.

une classe de savants pratiques qu'aucune autre, fût-elle officielle ou rétribuée, ne pourrait remplacer,et que non-seulement il ne faut pas laisser péricliter, mais qu'il faut au contraire encourager, rendremême plus instruite, afin qu'elle puisse rendre plus de services encore ; que suivre toute autre voie seraitcompromettre bénévolement des avantages d'avenir considérables pour une nation qui veut se tenir à latête des autres sous tous les rapports. On s'émeut déjà d'une décadence dans les arts et surtout dans leslettres; les sciences progressent encore : éviter de les voir, elles aussi, décliner en assurant une positionhonorable, et rien qu'honorable, à leurs modestes et en même temps leurs plus ardents pionniers, seraitle fait d'une administration prévoyante. Mais reprenons notre analyse. Nous avons établi que le Phar-macien ne vend point une marchandise, mais reçoit des honoraires pour l'application de ses connaissancesspéciales à la confection des médicaments; montré, au point de vue de la santé et de la morale publiques,les dangers du principe de la liberté commerciale appliquée à la Pharmacie, et même les graves inconvé-nients de la liberté de la concurrence avec le diplôme ; que la concurrence qui vivifie l'industrie et le com-merce tue la Pharmacie lorsqu'elle sort de l'émulation scientifique ; nous avons prouvé qu'une meilleurerépartition des officines sur le territoire aurait l'avantage d'empêcher leur accumulation dans certainscentres et d'assurer les secours pharmaceutiques à des populations qui en manquent; qu'une officine ensuperfétation est, jusqu'à un certain point, un établissement nuisible; que la Médecine a le plusgrand intérêt à une bonne organisation de la Pharmacie. Nous avons dit combien il serait périlleux,injuste, de livrer une part quelconque du droit d'exercer la Pharmacie à d'autres qu'à des hommesayant titre régulier pour cela; démontré par l'exemple que, contrairement à l'opinion de quelqueséconomistes, le prix des médicaments est plus bas dans les pays le principe de la limitation existeque dans les pays à concurrence; montré, avec statistique à l'appui, que l'on s'exagère beaucoup lesdépenses des malades en médicaments; qu'une tarification sage et obligatoire protégerait à la fois lesintérêts du public contre l'arbitraire, et la dignité du Pharmacien ; qu'on s'est trompé sur la questionde la Pharmacie en Angleterre ; qu'en Allemagne, si des abus existent, c'est néanmoins le paysles Pharmaciens sont le plus instruits, le mieux considérés, et l'intérêt des malades trouve le mieuxson compte ; que d'ailleurs les abus de la réglementation allemande peuvent être évités dans une loifuture.

Par suite de ces considérations, ayant cherché la norme de la Pharmacie, et ayant cru la trouverdans la limitation, nous l'avons formulée ainsi : A des besoins limités par eux-mêmes et par l'intérêtpublic, profession limitée; ou bien comme suit : Le nombre des officines doit être limité, les besoins quela Pharmacie a mission de servir étant et devant être limités.

A l'appui de cette prétention, nous avons établi que les autres professions pouvaient toutes adopterla formule contraire; que le principe économique de Voffre et de la demande n'était applicable à laPharmacie que dans son dernier terme et encore avec restriction ; que la Pharmacie n'est pas et nepeut pas être libre; qu'elle seule fait encourir à celui qui l'exerce une responsabilité terrible, inces-sante, qu'elle seule ne peut exciierà la consommation, attendu qu'on ne peut engager les personnesà se rendre malades ni à prendre un médicament sans l'être, qu'elle seule ne peut délivrer sesproduits au premier venu, et qu'étant ainsi une profession exceptionnelle, tout comme la maladieest elle-même l'exception dans la vie de l'homme, elle exigeait des compensations d'exception; quele malade étant un mineur à protéger, la limitation ne serait pas plus une atteinte à la liberté queles garde-fous placés aux bords des précipices pour retenir les imprudents; qu'elle serait au contraire laconsécration du grand principe qui régit la société moderne ; qu'en cela il ne faut pas confondre licence