INTRODUCTION
A l'occasion de la question des réformes demandées par les Pharmaciensfrançais au gouvernement, par la pétition générale du 7 novembre 1850,nous publiâmes deux opuscules, l'un sur la réglementation de l'exercice pro-prement dit de la pharmacie, l'autre intitulé : Organisation, de la pharmacieen France, considérée dans ses rapports avec la propagation des sciences d'appli-cation.
Un double but nous avait conduit à exécuter ce dernier travail : appuyerd'abord les réformes demandées par la pétition, en faisant connaître augouvernement les services que, par l'organisation extra-pharmaceutique quenous proposions, la profession, en retour des améliorations spéciales qu'elleréclamait, pouvait lui rendre à lui-même et aux populations ; puis faire res-sortir les titres de l'a pharmacie à la considération publique.
C'est le fond de cet opuscule que nous donnons pour introduction àY Officine. Nous ne pouvions trouver un meilleur frontispice pour un ouvrageaussi éminemment professionnel.
Nous eussions pu aussi trouver d'amples compléments à cette introductiondans le travail intitulé : La Pharmacie française en présence de ses réformes (1),que nous avons publié il y a dix ans, à l'époque où l'avènement d'une nouvellelégislation pharmaceutique paraissait imminente, et dans lequel nous ex-posons avec plus de détails encore les services rendus par la pharmacie à lasociété ; mais ce travail encore récent est dans la mémoire de tous nos con-frères (2).
(1) Union pharmaceutique numéros de janvier et mars 18G5.
(2) Dans ce travail, tout d'abord nous posons cette question de principe : La Pharmacie est-elle d'uneutilité, et plus, d une nécessité sociale? Non, répondons-nous, dans une socirté en état d'enfance,d'anarchie ou de décadence ; oui, dans une société bien ordonnée, prospère ; puis, remontant à l'originedes choses, nous avons fait voir la foi innée de tous les peuples dans les médicaments, an fond de lacroyance la plus raisonnée comme de la pins naïve; que, comprise d'une manicre incomplète chez lesnations non encore policées, la science des médicaments se parfait, se classe, se spécifie en raisondirecte de la civilisation; nous avons montré la séparation dj la Pharmacie de la Médecine s'effectuantsous cette même influence; mis hors de doute les avantages de cette séparation, au double point devue de la morale et du progrès; démontré que le Pharmacien remplissant un ministère de confiance,tout doit Être disposé pour ne pas altérer ce caractère; nous avons exposé les services que la Phar-macie a rendus à la société, en montrant les noms des siens attachés à toutes les grandes découvertesqui ontfait progresser l'humanité ; que les pharmaciens répandus au milieu des populations constituent