XVI
PREFACE.
(a) lb.
(b )T réfacequi e/l à latête de l'E-dition duMoréri de1712.DixiémeEdition duMoréri.
OnzièmeEdition duMoréri.
„ dit, (a) qu'il riétoit pas fort habile dans les Langues mortes , ri entendant le Latin que médiocre -„ ment , éft le Grec £3? P Hébreu point du tout. M. Le Clerc accufe enfuite l’Auteur de l’édition„ de 1699, de n’avoir pas toujours bien compris la nature des correétions qui fe trouvoient dans„ les éditions de Hollande; d’avoir retranché les critiques de M. Le Clerc, & de s’être con-„ tenté de corriger les Articles en les fuivant ; d’avoir enlevé des Articles & des remarques de„ conféquence; enfin il allure que les augmentations dont on fe glorifie dans cette édition de„ Paris, font peu conlidérables, & par rapport au nombre, & eu égard à leur nature; & que„ fouvent on les a puifées dans de mauvaifes fources.
,, M. Vaultier n’étoit pas lui-même content de l’édition qu’il venoit de donner. Dans un„ Projet qu’il publia quelque tems après, il déclare qu’il n’avoit pas pu fuivre les (b) idées qu'il„ s 1 2 3 était faites , parce que Pimprejfion étoit commencée lorsqu'il s 1 était chargé de ce travail^ &,, parce qu'il avait trop peu de tems pour corriger tout ce qui mèritoit de P être.
,, Pendant que ce Savant François projettoit une nouvelle édition, M. Le Clerc en prépa-,, roit une en Hollande, qui parut en 1702, en quatre volumes in folio. La courte Préface de„ i’Auteur apprend d’un côté, que fa difpute avec M. Vaultier étoit terminée; & de l’autre,„ que cette édition de Hollande, la dixiéme du Moréri, étoit augmentée de fix ou lept cens„ Articles nouveaux, &deplufieurs citations utiles au bas des Articles, afin que les Leéleurs„ curieux, & juftement défians, pulfent aifément recourir aux fources. C’eft ainfi que par les„ foins redoublez deSavans rivaux, ce Dictionaire faifoit des pas vers la perfection ; mais len-„ tement & avec peine, tanta molis erat , êftc.
„ M. Vaultier ne fe propofoit pas moins, dans la nouvelle édition qu’il méditoit, que de re-„ fondre tout l’Ouvrage. Tout attira fon attention, la Chronologie , la Géographie , la diftri-„ bution des Articles, les noms défigurez, les Articles déjedueux , /’ILftoire moderne , 1 a Fable ,„ les Citations & les Généalogies ; tout cela paraît au long dans le Projet qu’il publia. Ce qui le„ balança le plus furent les retranckemens & les Généalogies. Il fentit, & avec raifon, que le„ Dictionaire qu’il avoit en main, pouvoit être bonifié par le retranchement des inutilitez,„ tout comme par l’augmentation des Articles elfentiels. Le nombre des Articles inutiles n’efl:„ pas petit dans ce grand Recueil. Tant de perfonnages dont on ne connoît que le nom; tant„ d’Auteurs qui n’ont rien fait de diftingué ; tant d’Articles qui fe bornent à de fimples défini-„ tions & qui n’appartiennent qu’aux Diétionaires des Langues ; tant de réflexions & de cir-„ conftances fuperflues qui enflent mal à propos plufieurs Articles; tout cela devroit, cefemble,„ être retranché, & céder la place à tant d’Articles elfentiels qui fe font delirer. M. Vaultier„ n’ofa franchir le pas, de peur de faire crier un certain Public. C’eft la même crainte qui a„ retenu l’Editeur des trois premiers volumes qui paroilfent aujourd’hui. Un jour quelque Sa-„ vant, autorifé dans la République des Lettres, s’affranchira de la crainte des clameurs po-„ pulaires, & vangera les Editeurs précédens, en faifant main-baffe fur tant de têtes ignobles ,3, qui fe font intrufes parmi les Hommes illuftres.
„ L’autre Article qui tint M. Vaultier en fufpens,fut celui des Généalogies. Il voyoit,d’une„ part, quantité de pcrfonnes qui rebutent ces Articles fecs où il n’y a que des noms & des da-,, tes; & de l’autre, il apprenoit que plufieurs étoient charmez de voir l’origine & la fuite des„ Familles. Il prit donc le parti de conferver les Généalogies utiles à l’Hiftoire, & de retran-,, cher quelques familles obfcures , que P intérêt & la faveur avoient fait glijfer entre les autres„ plus illuftres.
„ Ce favant & judicieux Editeur croyoit fans doute, qu’il étoit abfurde que des Familles qui3, n’ont rien de diftingué que l’ancienneté & des titres, euffent place dans un Recueil deftiné à„ faire connoître ffliitoire générale, ou celle des Sciences, où elles n’entrent pour rien; Famil-„ les que perfonne ne s’avife de chercher dans un Didionaire univerfel, & que tout le monde„ eft l'urpris d’y rencontrer. C’eft fur ce plan que parut à Paris l’édition de 1704.’ (1)
,, Malgré les lumières & les foins de M. Vaultier, & du Religieux qui l’avoit fécondé, il„ refta un bon nombre de fautes dans le Moréri. Cela n’eft nullement furprenant. Un Ouvrage„ fi long & fi diverfifié ne peut pas être fuivi pié à pié, avec une attention également foutenue.„ Tantôt ce font les lumières & les guides qui manquent, & tantôt l’attention. On ne doit,, point oublier les négligences des Correcteurs & des Compofiteurs, qui corrompent les noms„ & les dates qui fe trouvoient jultes dans les Manufcrits qu’on leur avoit remis. (2)
3, Un Anonyme fit un long Recueil de Remarques fur l’édition nouvelle de M. Vaultier.„ Elles furent imprimées à Paris en 1706, fous ce titre, Remarques Critiques fur la nouvelle„ Edition du Didionaire Hiftorique de Moréri , donnée en 1704. L’Auteur des Remarques Cri-„ tiques donne d’abord dans fa Préface une très mauvaife idée des éditions de Hollande, pro-,, curées par M. Le Clerc. M. Le Clerc , dit l’Anonyme, n'a fait que nous donner de nouvelles„ faute s , ajoutées aux anciennes qriil ne P eft pas donné la peine de corriger , £3? P édition qu'il don-„ donna en (3) 1699, rieft exacte^ à proprement parler , que dans les Articles qui ont quelque„ conformité avec ceux que P on trouve dans le Didionaire Critique de Rotterdam. M. Des Mai-
3, zeaux.
(1) Le P. Ange Auguftin eut, dit-on, bonne part à cette Edition, fur-tout par rapport à la réformation de la Chronologie.
(2) M. Bayle dans fa Lettre à M. D. E. M. S. appelle les Imprimeurs, le fléau né des Auteurs. Dift, Hift. &c. fur la fin duquatrième volume.
(3) Il devoit dire en 1698, car M, Le Clerc n’a donné aucune Edition en 1699.