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P R E F. A C E.
Outôs les Préfaces que l’on a mifes jufques à préfent à la tête des différentes éditionsdu Diciionaire que l’on appelle ordinairement le Dittionaire de Moréri , 6c quiont été compofées par de très habiles gens, ont affez fait voir futilité & même lanécefiité d’un tel Ouvrage, dont toutes fortes de perfonnes peuvent tirer du pro-fit. Il feroit donc fuperflu de s’étendre ici fur une matière II fouvent rebattue, & delaquelle tout le monde convient. C’eft pourquoi en renvoyant les Ledeurs à tout ce qui a déjàété dit fur ce fujet, on fe contentera de rapporter ici quels font les avantages que la préfenteédition, qui eft la dix-huitiéme, a par deffus toutes les précédentes.
Le premier eft fon étendue. Elle contient plus de onze mille articles nouveaux tant grandsque petits, qui ne font point dans l’édition de Bâle, & plus de quinze mille qui ne fe trouventpoint dans l’édition de Paris 1732. Elle eft fur-tout enrichie d’un très grand nombre d’articlesde Géographie, où l’on s’eft contenté de marquer la ütuation des lieux d’une manière courte &précife, par rapport aux villes capitales des païs qui les renferment, de forte que, quoique l’onn’y employé pour l’ordinaire que deux ou trois lignes, le Lecteur pourra fans peine les trouverdans les Cartes. Dans les autres éditions cette exaétitude & cette brièveté n’ont point été ob-fervées, & l’on y trouve la plupart du tems la fituation d’un lieu par rapport à un autre plus in-connu que celui qui fait le fujet de l’article. Dans tous les articles nouveaux de Géographie,on a eu foin de marquer la diftance des Lieux, non par des Milles, qui font une mefure itinérairefort équivoque, mais par des Lieues de 20 au Degré. Pour ne pas tropgroffir ce Diétionaire, on nedonne que des extraits de la plus grande partie des articles ajoutez. On fa fur-tout pratiqué par rap-port aux additions tirées du Supplément de Paris des années 173 ? 6c 1736. Onimprimoit la fin dela lettre L de ce Diciionaire, lorsque ce Supplément parut. Aufii-tôt les perfonnes intéreffées àl’édition préfente trouvèrent à propos que fon inférât depuis la lettre L jufqu’à la fin, toutes lescorreétions contenues dans le Supplément, & des extraits des articles nouveaux qu’il renferme.On a à peu près fait la même chofe par rapport aux autres lettres, depuis A jufqu’à L inclufive-ment. Pour ce qui eft des correétions, on les y a toutes inférées, mais on n’a donné que quel-ques extraits des articles nouveaux du Supplément de l’année 173 5* ; premièrement parce que laplupart de ces articles fe trouvant dans l’édition de Bâle,ont paffé dans celle-ci; en fécond lieu,parce que fon a trouvé à propos de n’y point inférer les articles des perfonnes vivantes.
Il faut préfentement parler d’une addition toute nouvelle. Voici en quoi elle confifte. Premiè-rement, dans l’Eglife Romaine on appelle les quatre livres des Rois , ceux que les Proteftans ap-pellent les deux livres de Samuel & les deux livres des Rois. En fécond lieu, dans la premièreon donne le nom de Paralipoménes aux livres qui font connus chez les autres fous le nom deChroniques. En troifiéme lieu, dans la première on nomme I. Efdras 6c II. Efdras , ce que lesautres appellent Amplement Efdras 6c Nébémie. En quatrième lieu, dans la première on comp-te les Pfeaumes d’une autre manière que les Proteftans. Ces derniers fuivent la diviflon de l’Hé-breu, & l’Eglife Romaine, celle delà Vulgate qui joint enfemble le neuvième & le dixiémePfeaume 6c qui n’en fait qu’un des deux, mais qui enfuite partage en deux le Pfeaume 147. Pourrendre cet Ouvrage utile aux uns & aux autres, on a eu foin de joindre enfemble les deux ma-nières différentes dont on vient de parler, afin qu’ils puiffent également trouver ce qu’ils cher-client.
Le fécond avantage de cette édition-ci par deffus toutes les précédentes, confifte dans la ma-nière uniforme dont on s’eft conformé à l’Epoque de 403). Si fon y employé celle de 4004, cequi n’arrive que fort rarement, on ne manque pas d’ajouter félon UJferius. On n’a pas obfervécela régulièrement dans les éditions de Bâle 1731, & de Paris 1732. Par exemple, on trouvedans l’une & dans l’autre, qu’Alcétas Roi de Macédoine 6c père d’Amyntas, mourut fan du Mon-de 3448, & le 456 avant Jéfus-Chrifi. Ces deux nombres font enfemble 4004, en quoi ellesont fuivi l’époque d’Ufferius fans en rien dire; & dans l’article d’AMYNTAS elles difent toutes deuxqu’il fuccéda à Alcétas fan 3479 du Monde 6c le 556 avant Jéfus-Chrifi, en quoi elles ont fuivil’époque de 4035;, qui eft celle qui régne dans tout l’Ouvrage. Dans l’article cTAlcime, Grand-Sacrificateur des Juifs, elles difent toutes deux qu’Antiochus Eupator fit couper la tête à Oniasfan 3877 du Monde & le 162 avant Jéfus-Chrifi. Ces deux nombres font une époque nouvellede 4039 ; mais à la fin de l’article elles fuivent celle de 403 ?. Dans l’article d’A mazias, ellesdifent que Joas fon père fut affaffmé l’ân du Monde 3 204, & le 839 avant Jéfus-Chrifi. Ces deuxnombres font enfemble 4043, autre nouvelle époque ; mais à la fin de l’article, elles fuivent l’é-poque de 403 >, en difant qu’Amazias fut tué fan du Monde 322),6c le 810 avant Jéfus-Chrifi.
Le troifiéme avantage confifte dans la régularité de la ponduation 6c de la confirudion. Ona remédié à l’une 6c à l’autre dans une infinité d’endroits, 6c ceux qui voudront fe donner la pei-ne de confronter les précédentes éditions avec celle-ci, s’en convaincront aifément. La négli-gence