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2 (1740) Lettres B - CHEG
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5 B A B.

Br par Àhydéne, font les digues de l'Euphra'te ■, lès canaux

6 le lac artificiels, deftinez à le décharger d'une partie de les eauxdans le te ms de fes crues Ce lac fut fatal à la ville, lorsque Cy-pjs vint l’affiéger, ayant détourné le bras de l'Euph.ate qui couloitdans la ville, & ayant fait entrer lés troupes par le lit du fleuve quifût alors à lêc. * Prideaux, Hift. des Juifs, tome i.I.î.

Les Babyloniens ont adoré le foleil & la lune; mais ils ne furentpas long-tems fans admettre d’autres Divinitez. Ils diviniférent Baalou Bélus un de leurs Rois, & Mérodach-Baladan. Ils adoraientencore Vénus fous le nom de Milytta. Les femmes fe proftituoientprès de fon temple à l'honneur de cette Divinité. Ils avaient coutu-me de compter leurs jours depuis le lever du foleil jufqu'au mêmetems du jourfuivant; ils avoient cinq jours dans L'année qu’ils folem-nifoient avec beaucoup de magnificence, & prefque avec les mê-mes cérémonies que les Romains célébroient leurs Saturnales.

Quoique Babylone foitappellee Grande par excellence, dans lesprophéties de Daniel, ch. 4. Sc que le RoiNabuchodonoforfe glo-rifiât d'avoir dans fes Etats une ville d'une prodigieufe étendue , ilfaut bien fe garder d'ajouter foi aux exaggérations fabuleufes desGrecs, qui firent croire à Ariftote, ainfi qu'on le voit dans fon /. 3.de la Folit. ch. 3. qu’elle égaloit prefque la grandeur du Péloponnéfe,& qu'on ne pouvoit la traverferen moins de trois journées de che-val. Le changement d'une lettre dans le Grec , a pu caufer cetteerreur, & a pu foire que l'on ait pris trois journées pour la troiiié-me partie du jour, lorsque Xénophon, /. 7. dit que les ennemisétant entrez dans Babylone, ceux qui habitoient l’autre extrémité dela ville, ne furent point qu'elle fût prilè, qu’à la troiliéme partie dujour, c’elt à dire, trois heures après ie foleil levé. Les Grecs,fuivant les Babyloniens, divifent le jour artificiel en douze parties,comme le remarque Hérodote , l. 2. c. 109. Cela n’eft pas diffi-cile à croire d’une grande ville, où la nouvelle de l’entrée de l’en-nemi, qui attaqua la ville un jour de fête, Sc avant l'aurore, nepouvoit pas être feue fi promptement de tous cotez, en un tems oùtout le monde étoit encore endormi. Xénophon dit que ceux de laforterefiè n’en furent rien qu’il ne fût grand jour. Il n'y a pourtantaucun des Anciens, à la referve d'Hygin.qui donne à Babylone moinsde 360 ftades, qui font 45000 pas Géométriques de circuit.Ctéliaseftde cette opinion. Il y en a même d’autres qu'il le font plus grand. Cli-tarque lui donne 365 ftades, Quinte-Curce 368, Strabon 385 DionCaliïus4oo, Paul Orofe 470 , Hérodote & Apollonius480, PlineSc Marcianus Capella 60000 pas. Il eft difficile de fe déterminerdans une fi grande diverti té d'opinions : mais il femble que le plusfur eft de fuivre le fentiment de Ctéfias & de Giitarque, qui de-meurèrent long-tems à Babylone. Les Anciens ont fort parlé decette viile , à caufe de la fabrique des étoffes de diveflès couleurs,qui y étoit établie. * Pline, l. 8. c.48. Tertullien, duVetimentdes femmes , c. I. Martial, l. 8. Epigr. 28. I. 9. Epigr. 77. I, 14.Epigr. 150. Lucrèce, /. 4. Plaute, inSticho. Bochart, /. 1. c 16.de la, Géographie facrée. ‘

Les Babyloniens étoient fort adonnez à l'Aftrologie : d’où vientque Tertullien appelle Babylonien , un Mathématicien ou faifeurd’horofeope. Pline va même plus avant, Sc dit que la connoiilan-ce des aftres, que nous appelions Aftronomie, prit fon origine dansBabylone. C’eft de quoi Claudien fait mention dans fon Poème duquatrième Con/ulat d'Honorius, & dans le Panégyrique du même Gonful.Cicéron en parle auffi au liv. 1. de la Divination. Horace, 1 .1. Od.j1. v. 2. & 3. 8c Lucrèce, l. $.v. 726.

Plufieurs même d’entre les Savans, ont cru que la ville nomméeaujourd’hui Bagdat , eft au même lieu qu’a été l’ancienne Babylone,dont quelques-uns lui font encore porter le nom. Pour découvrirl’origine de cette erreur , il ne fout que confulter le do été Bochart,au l. 1. de la Géographie facrée, ch. 8. Les premiers Auteurs de cefentiment ne penfoient point à l’ancienne Babylone ; mais à Séleu-cie, par le voifinage de laquelle Pline , 1 . 6 . ch. 26, dit que Baby-lone fut tout à fait épuifée Sc réduite en défert. Strabon n'eft pasfort éloigné de fon fentiment, lorsqu’il dit au 1 . 6 . de fa Géographie ,que les Perfes, qui en furent les maîtres jufqu’en l’année 331 avantJefus-Chrift, démolirent une partie de Babylone ; que fe tems enconfuma une autre partie ; que le refte fut diiïipé par la négligencedes Macédoniens, qui s’en emparèrent fous Alexandre le Grand, enla même année 331 avant Jefus Chrift , 8c principalement ajfès queSéleucus Nicator eut bâti Séleucie, fur le bord du Tigre, à troiscens ftades de Babylone. Séleucie prit auffi le nom , 8c attira lesrichelfes de Babylone: d’où vient que Pline ne l’appelle pas feule-ment séleucie Babylonienne, pour la diftinguer des autres, mais auffiB abylone. Etienne de Byzance lui donne le même nom, de mêmequ'Apollinaris Sidonius en fon neuvième Poème, v. 20. &fuiv.

Non coclam Babylona perfonabo

Qua largum fluvio patens alumno

Inclufum bibit hinc & irnle Tigrim.

Il y a donc beaucoup d’apparence que Bagdat a été conftruite dansl'endroit où Séleucie étoit autrefois, ou du moins fort près de cetendroit-là ; puisque les Géographes mettent l’une & l'autre fur lesbords du Tigre, & prefque à même diftance de l’ancienne Babylo-ne. Car les trois cens ftades, que Strabon dit qu’il y a de Baby-lone à Séleucie, font près de trente-huit milles, c’eft à dire, lechemiif d’un jour, qu’il y a depuis Bagdat jufqu’aux rqafures de Ba-bylone , fuivant Texeira. Baudrand n’eft pas tout à fait de ce fen-timent, quand il dit que Bagdat, qui s’appelle autrement la grandeSéleucie, eft une grande ville bien fortifiée, Sc éloignée de cinquan-te milles de l’ancienne Babylone. Elle changea plufieurs fois demaître fous la République fous Sc les Empereurs. Dans la fuite elletomba fous la puiflànce des Sarafins ; & Maimon, l’un de leursPrinces, y régna l’an de Jefus-Chrift 813. Depuis, elle fut prifepar Hélach, Roi des Tartares, qui remporta la viétoire fur lesTurcs, prit leur Calife, le fit mourir de foim, 8c lui fit encorejetter de l’or fondu dans la bouche. Les temples des Sarafins furent

B A B. BAC.

alors démolis, & la Religion Chrétienne commença à s’établiï efices païs-là , vers l’an de Jefus-Chrift 1159. Enfuite la guerre s’é-tant allumée entre les Turcs Sc les Perlés, Cha-Abas, Roi de Per-fe, s’empara de cette ville l’an 1625 , mais il ne la garda pas long-tems ; car Sultan Amurat la remit fous la puiffince des Ottomansl'an 1638, Sc depuis ce tems-là elle n’a point changé de maître. Cet-te ville eft tellement ruinée depuis plufieurs fiecles, qu'à peine enreconnoît-on la place : quelques-uns la mettent fur l’Euphrate , oueft Feiouge , peut-être parce qu’on y voit de grandes ruines. Phi-lippe delà Sainte-Trinité, Général des Carmes Déchauilèz, croitque le lieu que l’on nomme ILou Elle fur l’Euphrate, eft Babylone,à caufe de la grande quantité de ruines, & d'un gros monceau que l'onnomme encore la Tour de Babel. Il paraît que du tems de laint Jé-rôme elle étoit déjà ruinée : car écrivant fes Commentaires fur Ifaïe,& examinant^ fi la prophétie d’Ifaïe touchant Babylone étoit accom-plie, il paraît qu’il apprit d’un frère Elamite, avec qui il demeuraità Bethléem, que Babylone fervoit de parc au Roi des Parthes, poury renfermer fes bêtes fouves. Pour favoir un détail de ce qui reftede l’ancienne Babylone, 8c l’état préfent de la ville de Bagdat, il fourlire les Réladons de Pierre de la Valle, Sc celles de Jean-Baptijle Ta-vernier.

Au refte, Babylone, dans les Saintes Ecritures, eft la figure dumonde, du péché 8c de l’Antechrift, qui eft comme un abbrégéde toutes les puitîànces qui s’élèvent contre Dieu. * Voyez, parti-culiérement Ifoïe & l’Apocalypfe, foint Auguftin &foint Jérômefur Ezéchiel. Quelques-uns veulent que Babylone 1e prenne pourl’ancienne Rome , au dernier chapitre de la première Epitre de fointPierre, v. 13. à caufe de l’idolâtrie qui y régnoit du tems de cefoint Apôtre. * Génife, ch. u. Daniel, ch. 4. Hérodote, l. 1.Diodore , l. 1. Dion\ en la Vie de Trajan. Joféphe, l. 1. c. 4. desAntiq.fudaiq. Saint Epiphane, in Panar. I. 1. n. 7. Saint Auguftin,de la Cité de Dieu, l. 16. Pline, l. 6. c. 26. Salien Sc Torniel.Les Poètes Grecs & Latins en font auffi mention, comme Arifto-phane, dans fes Oifeaux. Théocrite , Idyll. 16. de même que fonScholiafte. Tzetzès, Chil.g.Hifi. 175. Ovide, Metam. 4. Proper-ce , /. 3. Eleg. 9. Lucain, /. 6. Martial, l. 9. Epigr. 77. Juvénal,Sat. 10. George Syncelle, Chron. tEufébe, Antiq. des tems. Ufiè-rius. Petau. Riccioli.

MONARCHIE DES BABYLONIENS.

Voyez l’article d’ASSYRIE.

BABYLONE, ville de l’Egypte, près du Nil, vis à vis deMemphis. Elle fut ruinée , 8c de fes ruines s’eft formé le Grand-Caire , qui n’en eft pas fort éloigné. Quelques Auteurs Proteftanscrqyent que c’eft de cette Babylone que foint Pierre a écrit fa pre-mière Epître , 1 autre Babylone étant alors déferte : mais il y a plusd’apparence que c'eft de Babylone d’Afie, * Fearfon, defucceff.Rom. Epifc.

* BABYLONIEBROEK, nom d’un village de Hollan-de dans la dépendance de Heufden.

BABYLONIENNE, pais de l’Afie qui comprenoit au-trefois la Chaldée, avec une partie de l’Aflÿrie : ce qui répond àpeu près a l’Yérak d’aujourd’hui.

B A B Y S, étoit frère de Marfyas qui fut écorché par Apollon*pour avoir ofé le défier à qui jouerait le mieux de la flûte. CommeBabys fe mêloit auffi d’en jouer, il eût éprouvé le même fort que ionfrère, s’il n’eût été fauvé par i’interceffion de Pallas, qui répréfentaà Apollon que cet ignorant étoit indigne de fa colère. * Eralme, /»Adag. Chiliad. 2. Cent. 7.

BABYTACE. t'oyez BARBYTHACE.

B A C A, ville de la Tribu d’Afer, gu pié du Mont Liban.

* Joféphe , Guerre des Juifs, l. 4. Il y a auffi un village de ce nomappartenant à la même Tribu dans la Galilée.

B A Ç A I M, ville du Royaume de Guzurate dans l’Inde en de-çà du Gange, eft fituée proche de la côte du Golfe de Cambaye,à vingt lieues de Daman vers le midi. Les Portugais poflëdent cet-te plate depuis l’an 1534, Sc y ont une bonne citadelle. Les égii-fes y font riches & magnifiques, les maifons très-belles, & les pla-ces fort grandes. La rivière qui baigne les murailles porte les plusgrands vaillèaux en toute faifon, & cette ville eft très-confidérablepour le commerce. On y trouve plus de nobleffe qu’à Goa, d’oùvient le Proverbe Portugais , Eidalcos de Bapaim , c’eft à dire, Gen-tilhomme de Bapaim. * Déion, Relation des Indes Orientales. Bau-drand.

BAC A L A, ville de la prefquïfle de l’Inde, au delà duGange, fur la côte du Golfe de Bengale dans le Royaume d'Arra-can. Quelques-uns la prennent pour la Baracura des Anciens. •Baudrand.

B A C A L A L (le Lac de) eft dans la prefqu’ifle de Jucatandans l’Amérique Septentrionale. On le trouve près du Golfe desHonduras, entre la ville de Valladolid 8c celle de Salamanque.

* Maty, Dilt.Géogr. Jean de Laet. Baudrand.

BAG ALAOS, terifc de l’Amérique Méridionale, décou-verte l’an 1507, par Sébaftien Gavût. * Davity.

B AC AN O. Voyez B A C C A N O.

B A C A R , pais de l’Indoftan. Voyez B A K A R.

BACAR , eft le nom d’une vallée dans la partie f'eptentrionalsdu Mont Liban, dans la Tribu de Nepthali, s’étendant à l’Orient jufoqu’à Salmire, célébré ville de Syrie. Le terroir en eft b°n, abon-dant en pâturages & en troupeaux de gros 8c de menu bétail. Il yen a qui croyent que c’eft le pais que les Latins appelloient IthureaTrachonitis, qui appartenoit aux Tribus de Gad & de Ruben, 5 c quiétoit célébré pour fes excellens Archers. Cicéron appelle fes Ha-bilans omnium gentium maxime barbares , c’eft à dire, les plus barba-res de tous les peuples. * Hoffman. Dih. Angl.

B A G A T H A, ville ou bourg que S. Epiphane place dansl’Arabie, aux environs de Philadelphie, au delà du Jourdain. Ontrouve un Evêque de Bacatha dans les fouferiptions de quelques

Corw