Druckschrift 
2 (1740) Lettres B - CHEG
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

^erfîîfei''

f'ss’Ss

.^StiPv

3|kkIhcS*>\s*

l*t£H <fO>t*l£H

c<in»ti>)

B. o

B.

eft la fécondé lettre de l’Alphabet dans toutes lesLangues, à l’exception de l’Ethiopique ■& de l’Ar-ménienne. Les Hébreux la nomment B et h , lesGrecs Brrz Béta, & les Egyptiens Vida. LesLatins & les Occidentaux l'appellent Bé. Sa pro-.. nonciation imite le cri & le bêlement des brebis.• Cette lettre eft du nombre des confonnes qu’on■appelle muettes\ parce qu’elles ont un fon plus fourd & moins di-ftinét que les autres. Le B, le P, l’F & 1 ’V confonne, ont tant derapport enfemble, qu’on les a fouvent confondus, tant dans la pro-nonciation que dans l’écriture. Quintilien remarque que dans obti-nuit, la raifon vouloit qu’on mît un B ; mais que dans la prononcia-tion on lui donnoit le Ion d’un P. optinult. C eft pourquoi dans lesmanufcrits ces deux lettres font fouvent mifes l’une pour l’autre, &■dans les verbes compofez de fub & à'eb, quand il fuit un P, onchafige le B en P, comme fuppono pour fubpono ; oppono pour obpono.On change de même le B en P toutes les lois qu’il fuit un S, com-me fcribo y fcripfi. Les Grecs changeoient aufli fouvent ces deux let-tres l’une pour l’autre s & Plutarque témoigne que c’étoit l’ordinai-re de ceux de Delphes. Quand à l’V confonne, on le trouve fou-vent dans les Infcriptions Latines & Gréques pour le B, & de mêmele B pour l’V, confonne. Il y a même plulieurs Nations qui pro-noncent le B pour l’V , & l’V pour le B-, ou d’un fon moyen entrecelui de l’un ou de l’autre. On tient que les anciens Egyptiens ex-primoient cette lettre dans Ljurs Hiéroglyphes par la figure dunebrebis, à caufe de la reflom-Dlance qu’il y a entre le bêlement desbrebis & le fon de cette lettre.

B chez les Grecs eft une lettre numérale, qui vaut deux, & quandil y a un accent au deflous, deux mille. B, dans les infcriptions, li-gnifie quelquefois birms, bixit , pour vixit, berna pour vernit.

B

B A A.

A A C. Cherchez B R A Z Z À.

* B A A C X (Joachim) d’Utrech.t. nannif Ip, djjyW août1562, & fut non feulement Curé, mais aulïi Sécretaire de I Cour Pro-vinciale. Il eut beaucoup de zélé pour la propagation de la R-eli-gion Catholique, & édifia le public par fes prédications & par lesEcrits. II a publié en Flamand, B’Interprète ou l’Avocat de tous les•tirais Catholiques ; Le pourquoi des mauvais Catholiques ; L Excommu-nication de tous Hérétiques , Politiques & faux Catholiques. Il donnaau Public en François, Le Balai de la Confeience. II mourut à U-Irecht le 24 fept. 1619, dans la 71 année de fon âge. * ValéreAndré, Biblioth. Belgica.

BAAHDIN MAHAMET GE B ET AM ELI,fameux Doéteur Perfan qui compofa l'Abbrégê du DroitCivil & duDroit Canon en vint livres, qu’on appelle la Somme d’Abas, parce quece fut par les ordres d’Abas le Grand qu’il le compolà .On lui en attri-bue la gloire, quoiqu’il n’ait compole que les cinq premiers livres ,fon Diiciple ayant achevé le refte. Il efl vrai que Baahdin avoit faitnon feulement le plan & la divifion de tout l’Ouvrage , mais aulfile canevas, ayant compofé les argumens des vint livres, fi étendus,qu’ils en font comme des abbrégez. * Chardin, Voyage en Perfe,&c. tome 3. p. 67.

B A A L, BEEL, ou BEL, eft félon quelques-uns, le nomque les Alfyriens donnèrent à Nemrod , lorsqu après fa mort ilsl’adorèrent comme un Dieu. On croit que ce Prince fut appe.lé Bel,par rapport à l’autorité dont il fut revêtu, & Nimrod à caufe de fa ré-bellion ; que le premier de ces noms, eft celui que les Babylonienslui ont donné, & le fécond celui fous lequel il eft connu dans l’Ecri-ture. Bel, en langue Babylonienne, lignifie Seigneur. Baal en Hé-breu veut dire la même chofe, & en ce fens il pourroit convenir auvrai Dieu; mais dans l'uhgeBaal & Bel, font des noms de Dieux.Baal étoit le Dieu de quelques peuples du pais de Chanaan, Nom-bres, ch. 22, que Gédeon détruifit , Juges, ch. 6. Les Grecscroyoient que c’eft le Dieu Mars; d’autres que c’eft Saturne ; &c’eft le fentiment d’Eufébe, & de Théophile d 'Alexandrie ; quel-ques-uns, comme Hélÿchius, difent que Baal eft le foleil. Seldendit que ces noms, Bel, Baal , & Baalim qui n’eft que le pluriel deBaal, fe trouvent employez dans l’Ecriture Sainte , pouf défignerdiverfes Divinitez. Au refte, les Babyloniens & les Chaldéens ado-roient leur idole fous le nom de Bel, & les Phéniciens avec les peu-ples voifins, adoraient leurs Divfritez fous le nom de Baal ; ladiverfe prononciation de ces peuples caufant cette différence. LesGrecs ont pris indifféremment Baal pour Bel, & Bel pour Baal.Cela eft aufli arrivé à Jofeph Hiftorienjuif, Antiq. Judaiq. I. 8.ch. 7. & l. 9. ch.6. où il appelle le Dieu des Phéniciens Bel. L’Au-teur de la Chronique d’Alexandrie & Cédrénus fe font étrangementmépris dans la lignification qu’ils ont donnée à ce terme. Celui-ciparlant de ion fucceflèurNinus, dit que les Aflyriens drefférent àce Héros la première ftatue, & qu’ils l’adoraient comme un Dieu,l’appellant Baal, c’eft à dire, Mars, le Dieu de la guerre. L'au-tre dit la même chofe prefque en mêmes termes ; mais il croit queBaal eft un mot Perfan, & que c’eft la Divinité dont il eft parlédans le Prophète Daniel, & dans l’Hiftoire des trois jeunes Hé-breux. Quant à l’interprétation qu’ils lui donnent tous deux, elleeft ridicule. Le Prophète Ofée fait affez entendre que le nom deBaal ne peut convenir au vrai Dieu. Voici coi :me il en parle,B

ch. 2. v. 16. & 17. Il arrivera en ce jour-là, dit le Seigneur, qu’ilm'appellera Ishi, c’eft à dire, mon mari ; qu’il ne m’appellera plkiBaali, c’eft à dire , mon Baal ; car j'itérai de fa bouche les noms desBaalims ,' 'fp l’on ne fe fowviendra plus de leur nom. Les Chaldéens fevantoient d'avoir parmi eux des Commentaires de quinze mille ans,dans lefquels ils célébraient les louanges de leurÆef, comme Créa-teur du monde. Alexandre, furnomm éPohhifor, le .rapporte, l'url’autorité de Bérofe Sacrificateur de Bel. Dans la fuite , ils adorè-rent premièrement fous ce nom-là le Soleil, qu'ils .croyoient être lefeul Dieu du ciel, fuivatlt la remarque dé Philon Biblien , l’Inter-prète de Sanchoniaton. Enfin, on appella Baal ou tel lès a’ftres Scles Rois, dont la mémoire étoit en recommandation à la poftérité,comme plufieurs croyent que B'élus fils de Ninus fut adoré fous cenom. Ce qui eft rapporté, au I. ou III. des Rois, ch. i’6. v. 31. 32.que le Roi Achab confacra un temple dans -Samarie à Baal, en fa-veur d’Ithobal Roi des Sidoniens fon beau-pére, fe doit entendre duBel des Phéniciens. Et Sidon , ville maritime de la Phénicie, eftla patrie de ce même Bel, qui eft appell é le Jupiter Tbalajfien ouMarin des Sidoniens, félon Héfychius. Bel étoit donc le mêmeque le Jupiter des Européens. Les Grecs toujours attachez à leursfables, font venir d’Egypte ce Bel ou Relus , & le font fils de Neptu-ne & de Lybie. On en peut voir l’Hiftoire fabuleufe dans Apollo-dore, l. 2. des Dieux. Elle eft la plus l'uivie, mais mal à propos.Au refte, c’eft de ce Bel ; dont parlé Virgile dans l’Enéide ; /. 1. v.733 - & 734 -

. Implevitqut mero pdteram, quamBelus, Çp omnesA Belo foliti.

Car les Carthaginois tiraient leur origine de la Phénicie. Servius,fur ce paflage de Virgile; dit que ce que les Phéniciens appelloientBal, eft nommé Bel par les Aflyriens, qui le prennent pour Satur-ne & pour le foleil. Gifaldi & d’autres Auteurs remarquent queces mots ont été corrompus dans quelques exemplaires, & qu’aulieu de Bal & Bel, on lit Hal & Hel. Ce Bal ou Bel des Phéniciensavoit un temple dans Balis, ville de Lybie, félon Etienne; &: ilétoit différent de celui des Babyloniens, comme Jupiter Amman étoitdifférent de Jupiter Capitolin, & comme celui de Crète étoit diffé-rent de l'un & de l’autre ; car comme les peuples de l’Europe ap-pelloient la Divinité en général du nom de Jupiter , les Afiatiques

I expnmoient par le nom de Bel ou Baalim. Saint Epiphane témoî-gne que les Phariliens appciioient l’étoile cie Jupiter Ccfchab-Bsud*L’Ecriture-Sainte ne parle nulle part des Baalims plus expreffémentque dans la prophétie de Jérémie, ch. 2. v.28, où ce Prophètereproche àJuda, qu'il a eu autant de Dieux que de villes; & c’eftde quoi faint Paul fait aufli mention I. Cor. ch. 8. v. 5 , lorsqu’il par-le de plulieurs Dieux & de plufieurs Seigneurs, c'feft à dire, d&plufieurs Bels entre les Syriens, & de plufieurs Jupiters entre lesGrecs. L’Hiftoire fainte ; II. Chron. ou Paralip. ch. 33. v. 3. ditque Manaffé redreflà en faveur des Baalites, les autels qu’Ezêchiaîfon père avoit démolis , & qu’il en bâtit ùn dans le parvis du tempieà toute l’armée des cieux , c’eft à dire, à Bel ou Baal ; car, félonque le remarque Euftathius, les Chaldéens donnoient le nom aèBel au ciel, & à toute l’armée des cieux, que les Septante appellenttoute la puiffance celefte, tolguii Svvxçuv t S spavS' Godwin croit queBaal eft le même que Moloch, fondé fur larellèmblance des noms,parce que le premier fignifie Seigneur & l’autre Roi ou Prince, &quel’on offrait à l’un & à l’autre les mêmes facrifices. En effet, lesIfraëlites brùloient leurs fils en holocaufte devant Baal, Jérémie,ch. 19. v. 5 : ce qu’ils fail’oient aufli extraordinairement devant Mo-loch ; car il eft remarqué dans le même Prophète, ch. yi.v. 33.que les Ifraëlites bâtirent les hauts lieux de Baal, en la vallée dufils_d’Ennon ou de Hinnon, pour faire paffer par le feu leurs fils,Scieurs filles, en l’honneur de Moloch. Mais les viftimes ordi-naires étoient des béliers, dès agneaux & de jeunes bœuts, I. ouIII. Rois, ch. 18. v. 23. fp fuiv. L’on ne doit pas trouver étran-ge l’opinion qui- veut que Jupiter ait été adoré par les Phéniciens,fous le nom de Baal, & Saturne fous celui de Moloch ; puisqu’il eftallez ordinaire dans les anciens Auteurs de voir les noms des planè-tes confondus ; de manière qu’on appelloit le foleil tantôt Baal, 8ttantôt Moloch, tantôt Jupiter, & tantôt Saturne. Servius , fur /*premier livre de l’Enéide, aflùre que les Aflyriens adoraient Saturne *(qu’ils appelaient aufli le foleil ,) & la Déellè Junon. Et pour cequi eft de Baal, la chofe eft hors de doute; car les Phéniciens appel-loient Jupiter Baal Semer ., c’eft à dire, Jupiter Olympien, ou Seigneur*du ciel: ce qui félon la Théologie des Payefis, ne peut convenirqu’au foleil, qui eft le Roi du ciel, avec le même droit que la lune eiieft nommée la Reine. Les Prêtres de Baal avoient cela de commurfavec ceux de Bellone,qu’ils fe fàifoient des incitions avec des couteaux,& des lancettes, tant que le fang en couloir, comme il eft remar-qué au I. ou III. livre des Rois, qui a été cité cy-devant; dans Tertullien,Apoleg. ch. 9 ; dans Laftance & dans d’autres anciens Auteurs. Oïlcroit que cette idole de Baal a été le premier monument de la fu-perftition , & la fource de l’Idolâtrie. ‘Selden, deDiisSyris. Tho-mas Godwin , des Cérémonies des Hébreux, l. 4. c. 2.

BAAL, Roi de Tyr en Phénicie, fuccéda à Ithobal, Si priéle gouvernement de cet Etat, qui fut ruiné parNâbuchodofioibr.

II mourut l’an du monde 3443, & avant Jefus-Chrift 592. Aprèilui, Tyr fut gouvernée, pendant treize ou quatorze ans, par de2Jugesqui dépendoientdes Aflyriens. * Joféphe, contre Apion liv. 3;

* BAAL fils dé Gabaon de la Tribu de Lévi. * I. Chron-, OtlParalip. ch. 8. v. 30.

A

à

BAAL