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bylas, mais c’eft fans fondement ; & il eft plus vraifemblable quel’Evêque d’Antioche dont nous parlons, eft mort dans le tems de 1la perlécution de Déce , l’an 231. Saint Chryfoftome rapporte quece Saint chafla de l’églife, & mit en pénitence un Empereur quiavoit fait mourir le fils d’un Roi, qu’on lui avoit donné en otage :ce que quelques-uns entendent de l’Empereur Philippe, que l'oncroit avoir été Chrétien, & de qui Eulëbe, dans le fixiéme livrede fon Hiftoire , ch. 34, dit qu’un Evêque ne voulut pas le laitierentrer dans l’églife, qu’il n'eùt tait pénitence publique defes crimes.Saint Chryfoftome ne nomme point l’Empereur à qui cela ell arrivé;ni Eufébe, l’Evêque qui en a ufé ainfi. La conformité de l'Hiftoi-re, & la concurrence du tems, fait entendre ces deux rélations d’unmême fait, & fuppofer que c’eft l’Empereur Philippe qui avoitfait mourir le jeune Gordien, que faint B.tbylas avoit châtié de l’é-glife, & mis en pénitence. Mais cette Hiftoire en elle-même pa-roît fofpefte. L’on a fujet de douter que l’Empereur Philippe aitété Chrétien ; & quand il l’auroit été, il n’y a pas d’apparence qu’ilen ait fait profeiïion publique ; encore moins qu’il ait été mis enpénitence. Les Reliques de faint Babylas étoient en très-grande vé-nération à Antioche, où il y avoit deux églifes bâties en fon hon-neur; l’une ancienne, au delà delà rivière d’Oronte, dont il eftfait mention dans.faiot Chryfoftome; & l’autre bâtie par Gallus, visà vis du temple de Daphné, où ce Prince fit tranfporter les Reli-ques de faint Babylas; & l’on prétend qu’auifi tôt quelles y furentiranfportées, l'Oracle d’Apollon cefla. L’on rapporte que l’Empe-reur Julien étant venu à Antioche en 362, & ayant rétabli le temple'de Daphné , il ne put avoir aucune réponfe de l'Oracle , juiqu’à cequ'il eût tait reporter les Reliques de faint Babylas dans fon ancien-ne églilè. Quoi qu’il en fait, le temple de Daphné fut ruiné peude tems après, par un tremblement de terre : ce que les Chrétiensattribuèrent à l’effet des prières de faint Babylas. * Eufébe , l. 6.c. 29. & 34. Saint Chryfoftome, Or ut. de fanko Babyla. Orat. contra,Gentiles. Homilia Je Laudib.S. Pauli. S. Epiphane. Philoftorge, So-zoméne, /. j.c. 19. & 20. Théodoret, l.^.Hifi.c. 10. 16. & 19.Evagre, l. i.c. 16. L* Chronique P afchale. Les Allés de faint Baby-las, publiez, par Bollandus. Tillemont, tome 3. des Mémoires Ecclef.M. du Pin , des III. premiers fiéDés, tome 2. Biillet, Vies des Saints ,24 janvier.
BABYLONE, autrefois Babel , ancienne ville capitale decette contrée d’A fie, que les Anciens appelloient Chaldée ou BabyIo-nie , & de laquelle il refte à peine des marques , qui puilfent bienfaire connoître le lieu où elle a été , félon qu’il avoit été prédit parles Prophètes. Les Hiftoires témoignent que c’étoit une très-luperbeville, qui avoit été fondée par Neinrod, l’an 1802 du monde, 2233ans avant Jefus-Chrift, & 2481 de la Période Julienne, & que, long-tems après, Sémiramis l’avoit beaucoup augmentée & embellie.Ses murs étoient de brique , cimentez, de bitume , & avoient tren-te-deux piez d’épaiflêur, & félon d’autres cinquante ; tellement quedeux chariots a quatre chevaux y pouvaient aifément paflèr de front.Ils avoient cinquante coudées de hauteur, & leurs tours étoient dedix piez plus hautes. L’enceinte étoit de trois cens foixante-huit fta 1 ’des, qui font plus de quinze lieues de France ; & l’on rapporte queles Ouvriers en tàif tient un ftade par jour. Les maifons ne tou-choient point aux murs; mais elles étoient éloignées prefque de lalongueur d’un arpent. La ville n’étoit bâtie que dans l’efpace dequatre-vingt-dix ltades, & même les bâtimens ne tenoient point lesuns aux autres : ce que l’on avoit lait apparemment pour éviter lesincendies. On labouroit & on femoit tout le refte , afin que s’ilfurvenoit un liège, on fe pût nourrir de ce qui provenoit de ce fonds.L’Euphrate palfoit à travers, au milieu de deux beaux quais ; &ces grands Ouvrages étoient environnez de profondes cavernes, pourfervir de décharge à ce fleuve, qui fe débordant avec violence,auroit entraîné les maifons, s’il n’eût trouvé à fe dégorger dans ceslieux fouterrains. Pour joindre les deux cotez de la ville, il y avoitun port de pierre, long de fix cens vingt-cinq piez, large de tren-te, & allez folide pour réfifter à la rapidité du fleuve : on le com-ptoit aufli entre les merveilles de l’Orient. Car l’Euphrate traînequantité de limon, qu’on eut grande peine à vuider pour trouverle tuf, & alfeoir les fondemens. Il s’y amalfoit des labiés qui s’at-tachoient par fuccelfion de tems aux arches du pont, & qui arrêtantle cours de l’eau , la rendoient d’autant plus rapide , qu’elle étoitplus reflerrée. Le château avoit vint ftades de circuit, & fes tourstrente piezdans la terre, & quatre-vints de hauteur.
Sur le haut du château étoient les jardins fufpendus, que les Grecsont fait palfer pour une des merveilles du monde. Il y en avoit qua-tre ; chacun étoit quarré, & contenoit quatre arpens de terre. Cesterrafles étoient foutenues fur des colomnes, & étoient faites de pier-res quarrées, fur lefquelles on avoit mis quantité de bonne terre,qu’on arrofoit par des pompes & des aqueducs fecrets ; fi bienquelles portoient des arbres qui avoient huit coudées de tour, &cinquante piez de hauteur, & dont les fruits étoient extrêmementbeaux. Et cette grande mafle, quoiqu’entr’ouverte par les racinesde tant d’arbres, & chargée d’un fardeau fi pefant, s’eft confervéeentière pendant plusieurs fiécles, parce qj’elle étoit foûtenue de vingtmurailles larges & fortes, diftmtes d’onze piez l’une de l’autre : deforte que ceux qui la regardoient de loin, penfoient voir plufieursmontagnes toutes couvertes de forêts. On dit qu’un Roi de Syrierégnant à B c vione , fit autrefois bâtir ces jardins en laveur de fafemme , dont il étoit éperduement amoureux. Cette Princefiè ai-mant naflïonément les bois & les forêts, pour jouir dans la ville desplaifirs de la campagne, perfuada à fon mari d’imiter les beautez dela nature, par un fi rare artifice.
Voilà quelle eft 1 idée que Quinte-Curce, tiv. 3. nous donne decette ville; & voici ce qu’il ajoûte du génie de fes Habitans. ’’ 11„ n’étoit rien, pourfuit-il , de fi corrompu que ce peuple, rien de„ plus favam en l’art des plaifirs & des voluptez. Les pères & les„ mères foudroient que leurs filles fe proftituaffent à leurs hôtes„ pour de l’argent, & les maris n'étoient pas moins indulgensà l’é-„ gard de leurs femmes. Les Rois & les Satrapes, dans toute la Per-
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„ fe, n avoient point de plus grand divertiflement que leurs fèftins, où„ régnoit la licence & la dilfolution : mais les Babyloniens fe plon-„ geoient fur tout dans l’ivrognerie , & dans les défordres qui la„ fuivent. Les femmes paroilfoient d abord dans leurs banquets„ avec inodeftie ; mais enfuite elles quittoient leurs robes, puis le,, refte de leisïs habits l'un après l’autre, dépouillant peu à peu la„ pudeur, jufqu a ce qu’enfin elles fullënt toutes nues. Etce n'étoient„ pas des femmes publiques qui s’abandonnoientainfi , c’étoient les„ Dames les plus qualifiées, aufli bien que leurs filles.
La defcriptionquePrideaux nous donne de Babylone parôit plusexaéte que celle qui a été fournie par Quinte-Curce. Les uns, ditPrideaux , attribuent la fondation de Babylone à Sémiramis, ôcd’autres à Bélus, qui eft le Nimrod de l’Ecriture. Mais qui quece foit qui en ait été le fondateur, il eft certain que c’ert Nabucho-nozor qui en fit une des merveilles du monde. Les principauxouvrages qui l’ont rendue fi fameufe, étoient prémiérement, lesmurailles de la ville; 2. le Temple de Bélus; 3. le Palais royal,avec fes jardins fufpendus ; 4 les digues & les quais de la rivièrequi la traverfoit; 5. le lac & les canaux faits à la mairt; pour la,décharge des eaux du fleuve. Les murailles étoient, à toutes fortesd’égards, prodigieufes. Elles avoient 87 piez d épaiflèur & 350 déhauteur, & 480 ftades de circuit, qui font 60 milles; Ce détaileft d’Hérodote qui avoit été lui même fur les lieux, & qui eft leplus ancien Auteur qui ait écrit fur cette matière. Ceux qui ne leurdonnent que 50 coudées de hauteur, en parlent félon l’état où ellesétoient après le tems de Darius fils d’Hyftafpe, qui pour châtierles Babyloniens qui s'étoient révoltez contre lui, fit abattre les mu-railles de leur ville à la hauteur qui vient d’être marquée, au delîùsde laquelle elles n’ont jamais été élevées depuis. Ces muraillesformoient un quarré parfait, dont chaque côté étoit de 120 ftadesou de 15 milles; chaque côté de ce grand quarré avoit 25 portes,ce qui faifoit cent en tout, toutes d’airain maflif: d’où vient quelorsque Dieu promit à Cyrus la conquête de Babylone, il lui dit,Efaïe, ch. 43. v. 2. Je romprai les portes d'airain. Des 23 portesde chaque côté du quarré, alloient autant de rues qui aboutiflôientaux portes du côté oppofé, de forte qu’il y avoit en tout 30 rues,qui fe coupoient à angles droits, & dont chacune avoit 13 milles delong & 130 piez de large. Il y avoit quatre autres rues qui n’étoientbâties que d’un côté, étant bordées de l’autre par les rempartsrElles faifoient le tour de la ville, le long des murailles, & avoientchacune 200 piez de large. Comme ces rues fe croiloient, ellesformoient 676 quarrez, dont chacun avoit 4 ftades & demi de cha-que côté, ce qui faifoit deux milles & un quart de circuit. Cesquarrez étoient environnez de maifons hautes de trois ou quatre éta-ggs & dont le devant étoit orné de toutes fortes d’embeliiflèmens ;l’efpace intérieur étoit occupé par des cours ou des jardins. Unebranche de l’Euphrate traverfoit cette grande ville du Nord au Mi-di-, On paftôit cette rivière au milieu de la ville, fur un pont d’unftade de long<j^ de ao riiez de large, & conftruit avec un a tifice ad-mirable, pour.itippléer au défaut du fond de la rivière, qui étantentièrement fablonneux, n’étoit pas propre à y en afleoir les fonde-mens. Aux deux extrémitez du pont, il y avoit deux Palais; levieux au côté oriental du fleuve, & le nouveau, au côté occidental.Le premier contenoit 4 quarrez, & l’autre neuf. Le Temple deBélus qui étoit proche du vieux Palais, remplifloit un quarré. Laville toute entière, étoit fituée dans une vafte plaine, dans un ter-roir extrêmement gras & fertile. La partie de la ville qui étoit àl’Orient du fleuve, étoit l’ancienne cité. Celle qui étoit au Cou-chant , étoit l’ouvrage de Nabuchodonozor. Le plan de cette vil-le, avoit été , ce femble, formé fur Ninive, qui comme Babylo-ne, avoit précifément 480 ftades de circuit ; toute la diflërence queNabuchodonozor y mit, c’eft qu’au lieu que Ninive étoit en formede quarré long, il fit Babylone exactement quarrée, figure qui larendoit un peu plus grande que Ninive; mais Babylone ne fut ja-mais entièrement bâtie, ni extrêmement peuplée. Un autre grandouvrage de Nabuchodonozor à Babylone, c’étoit le Temple deBel. Ce qu’il avoit de remarquable, ne venoit pourtant pas de cePrince, mais avoit été bâti plufieurs fiécles auparavant. C’étoit unetour prodigieufe qui étoit au centre de cet Edifice ; fa baze étoit unquarré, dont chaque côté étoit d’un ftade, ce qui lui donnoit undemHnille de circuit. Elle confiftoit en 8 tours bâties l’une furl'autre. Cet ouvrage a furpaflë de beaucoup la plus grande des Pyra-mides d’Egypte qu’on a mis au deflus de tous les ouvrages humains*Car quoi que fa bafe fût moindre que celle de la Pyramide, quiétoit un quarré de 700 piez de chaque côté, au lieu que l’autre n’enavoit que 600, la tour l’emportoit de beaucoup en hauteur. Lamefure perpendiculaire de la Pyramide, n’étoit que de 481 piez,mais celle de la tour étoit de 600. Ce n’eft donc pas fans raifonque Bochart aflure, que c’eft la même tour qui fut bâtie, lors de laconfufion des langues. Le plus haut étage étoit le plus faint, & ce-lui où les principales dévotions fe faifoient. Au fommet de latour, il y avoit un obfervatoire, par le fecours duquel, les Babylo-niens s’étoient rendus habiles en Aftronomie, plus qu’aucune autreNation ; & y avoient fait en peu de tems les grands progrès quel’Hiftoire leur attribue : car lorsqu’Alexandre prit Babylone, lePhilofophe Callifthéne qui l’y avoit fuivi, trouva qu'ils avoient desobfervations altronomiques, de 1903 ans, ce qui alloit jufqu’a l’an113, après le Déluge, qui étoit le 13 depuis que la tour de Babelavoit été bâtie. Près du Temple étoit fi tué le vieux Palais desRois de Babylone, qui avoit quatre milles de circuit. Vis à vis del’autre côté du fleuve étoit placé le nouveau Palais, ouvrage deNabuchodonozor; il étoit quatre fois plus grand que l’autre. Cequ’il y avoit de plus remarquable, c’étoit ces jardins fufpendus, firenommez parmi les Grecs. Amytis femme de Nabuchodonozor,ayant été élevée dans la Médie, dont Aftyage fon père étoit Roi,s’étoit fort plue aux montagnes & aux forêts de ce païs-là ; & commeI elle fouhaitoit d’avoir quelque chofe de femblable à Babylone, Na-I buchodonozor, pour lui complaire , fit co.nftruire ce monftrueux! édifice. Les autres ouvrages attribuez à ce Monarque par Bérofe